Ca y est! On est au Népal! Et dans le bus qui grimpe lentement vers Kathmandu, toutes nos pensées vont vers nos petits Népalais français: Lucas- Binit, Marie, Palsang, Himal et leurs familles... Moi, je boirais bien une Everest avec ma copine Marie-Binit...
Départ en bus depuis Varanasi... Nous avons passé la frontière népalaise à Sunauli ce samedi 20 décembre vers 22h30 en se donnant la main tous les quatre. c’est pas mignon?
Les douaniers nous attendent de pied ferme ( le bus a quelques heures de retard et la douane devrait être fermée depuis 17h00)... Le visa est gratuit pour Kalou mais le douanier se met tranquillement 20€ dans la poche... première arnaque népalaise...gloups! bienvenue les Zeg!
Première nuit au Népal dans une guest house plus que sommaire: La chambre pullule de moustiques et la fenêtre donne directement dans la cuisine où les cuisiniers s’en donnent à coeur joie: chants, glissades et grosses rigolades... Debouts à 6h00, nous voilà embarqués dans un bus local destination Katmandu... le bus est bondé, comme d’habitude, mais la vue est splendide. Kalou a le nez scotché à la vitre, il trouve qu’ici, “ tout le monde lui ressemble”; moi aussi je me surprends à détailler les visages... le nez de Kalou, les yeux de Kalou, sa bouche... Nous sommes tous très émus de retrouver le Népal.
Kathmandu, c’est un pélerinage... nous
retrouvons les lieux et les gens que
nous avons cotoyés. Tout a changé: au
Courtyard Hôtel il ne reste plus que
Sunita la patronne, l’un des gardes
et l’un des serveurs... et chacun
vient nous saluer comme si nous nous
étions quittés la veille. Même la
chambre que nous occupions il y a 4
ans est méconnaissable: transformée
en chambre de luxe, elle est
maintenant accessible pour 90$ la nuit... hors de prix... d’ailleurs tout Kathmandu a flambé: le taxi, le café... pas un seul visage ami dans Thamel, sauf notre ami musicien à qui Marek avait donné ses chaussures et un tee shirt Lille 2004... Il nous serre dans ses bras heureux de nous revoir... les larmes montent...souvenirs d’un temps où je courrais le quartier avec mon petit bonhomme sur la hanche prenant des nouvelles des uns et des autres... que sont donc devenus tous ces gens? partis ailleurs, dans l’espoir d’une vie meilleure...
En 2004, un roi régnait sur le Népal... son pouvoir défaillant était contesté par beaucoup et menacé par les maoïstes qui semaient la terreur sur ce beau pays. Prisonnières dans notre hôtel, Marie- Binit et moi vivions au rythme des croissants que j’allais chercher et qu’elle attendait quotidiennement, au rythme des grèves et des manifestations qui empêchaient nos dossiers d’adoption d’avancer, au rythme des nombreuses coupures de courant calmant notre trop turbulent quartier.
4 ans plus tard, les maoïstes ont à force de promesses et de terreur, pris le pouvoir; le roi a été déchu; les adoptions ont été interrompues ( tant pis pour celles en cours, et les malheureux enfants et parents dont on a oublié les dossiers sur une étagère et tant pis pour tous ces enfants tous plus adorables les uns que que les autres qui attendent un papa et une maman) Quant aux coupures d’électricité, c’est une vraie catastrophe: les népalais n’ont que quelques heures d’électricité par jour( la nuit, le plus souvent)... manque de pluie alors que toute leur énergie provient de l’hydroélectrique... pour nous, c’est assez cocasse: douche à la bougie, séchage des cheveux à la fenêtre chez le coiffeur, lessive à la main ( mais ça, chez les zeg, c’est normal), et dodo après le repas du soir, vers 19h00, parce qu’il fait froid et noir et qu’on n’a rien d’autre à faire... rien de bien terrible, sauf que pour les népalais, c’est leur quotidien, que leur économie en pâtit et que la vie est plus dure chaque jour. D’ailleurs les jeunes ne rêvent que d’Amérique ou d’Eldorado Australien, les écoles de langues fleurissent partout, promettant à chacun un nouveau départ dans un nouveau pays.
Le téléphone fonctionne de temps en temps, internet n’a jamais été aussi galère... mais on persiste à dire à notre fils que le Népal est le plus beau pays du monde!
Nous logeons chez Ganesh et Usha, les parents de Jeena qui nous ont accueillis avec beaucoup de chaleur... une chambre pour les enfants et une pour les parents: le luxe suprême! Le coq du voisin chante à partir de 4 heures du matin, grrr! on se ferait bien un p’tit coq au vin pour Noël!
samedi 27 décembre 2008
Noël au Népal... c’est un réveillon au dhal bat quotidien... Ganesh est absent de la maison... on décide de l’attendre pour sortir notre foie gras ( envoyé par les parents; On vous adore!) et notre vin blanc ( offert par Anne et Daniel. Une pure merveille!)... Ici, Noêl ne se fête pas ( ben quoi? vous célébrez Diwali en France?) Du coup, l’ambiance est un peu morose, la famille nous manque... coupure d’électricité, comme d’hab...tout le monde se réfugie dans sa chambre... et c’est là qu’on se fait notre petit Noël en famille ( petits cadeaux arrivés de France et séance spéciale du “pôle express”) une once de magie de Noël!
Le lendemain, toujours pas de Ganesh... tant pis, on sort le foie gras et le vin! et on téléphone à la famille. Les grands parents, frères et soeurs, cousins et cousines, tout le monde y passe... ça fait plaisir de les entendre. Julien a une voix d’homme maintenant: voilà qui fait bien rire Clara!
Et le temps passe... On a un peu l’impression de s’enliser entre les rendez vous manqués, les départs reculés, les projets avortés... le Népal d’il y a 4 ans n’a pas changé! c’est toujours aussi compliqué, aussi lent et fastidieux de prévoir le lendemain.
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