Le carton jaune ne suffit pas
 
Venu dans le Puy de Dôme soutenir les candidats socialistes aux élections municipales et cantonales, Vincent Peillon était l'invité du journal de France 3 Auvergne.
 
vendredi 15 février 2008
Au travers des différentes rencontres que vous avez pu faire aujourd'hui quel est votre regard sur ce début de campagne?
Vincent Peillon : D'abord je trouve les gens intéressés et puis il y a cette ambivalence, on le sait bien, il y a à la fois une interrogation sur les questions nationales et je voyais par exemple le marché de Clermont Nord ce matin où c'est à la fois la colère des petits retraités en grande difficulté, la question du pouvoir d'achat qui revient tout le temps et une indignation sur les questions de comportement, presque une inquiétude maintenant avec ce qui se passe sur la laïcité, la Shoah, enfin, ces polémiques, cette façon de jeter contre les principes…
Ce sont beaucoup des questions d'ordre national en fait…
Vincent Peillon : Les deux. C'est l'ambivalence dont je parlais. Il y a ça, d'abord : les gens en parlent tout de suite. J'ai fait plusieurs déplacements aujourd'hui et dans les préoccupations nationales ce sont ces deux éléments : la question du pouvoir d'achat et la question du comportement, et même des valeurs qui commencent à inquiéter les gens. Et puis il y a, un peu lié quand même, les soucis locaux qui sont nombreux car quand vous avez des problèmes de pouvoir d'achat, vous avez des problèmes de transport, vous avez des problèmes de logement, vous avez des problèmes d'emploi et les gens attendent de leurs conseillers généraux, de leurs maires, de la proximité et des réponses à leurs problèmes.
Alors par rapport à ces attentes justement, est-ce que le Parti socialiste - en rappelant quand même que vous êtes le fondateur avec Arnaud Montebourg du Nouveau parti socialiste - est-ce que pour le PS c'est une occasion de se refaire une santé?
Vincent Peillon : je pense que la chose est un petit peu plus compliquée que cela. D'abord, il le faut, c'est un impératif…
Est-ce que les querelles sont terminées, déjà?
Vincent Peillon : Je ne vais pas vous faire de la langue de bois mais on ne va pas rester dans l'état où on est. Ce que je constate c'est que beaucoup de Français veulent voter - on nous l'annonce (et ils auraient raison de le faire) pour les maires et les conseillers généraux socialistes. Il ne faudrait pas que ce soit uniquement, on l'a déjà fait en 2004, par rejet de Nicolas Sarkozy. Il y a de bonnes raisons de le rejeter mais le carton jaune ne suffit pas. Il faut derrière que le PS tire de ce vote des éléments positifs pour construire une alternative et ce à quoi on doit travailler avec les élus que j'ai rencontré ici en Puy de Dôme, les jeunes élus (je pense à Pierre Chapdelaine, à Alexandre Ponchon) sont sur cette logique de se dire que notre responsabilité c'est de gagner là mais d'utiliser ensuite cette victoire pour créer une offre politique à gauche.
Vincent Peillon, vous prônez le rassemblement à gauche alors que là on aperçoit un cas de division. AU conseil général il y a quelques candidats contre le président socialiste actuel du Conseil général.
Vincent Peillon : Honnêtement c'est secondaire. Qu'il y ait des gens qui veulent, c'est la vie de la démocratie.
C'est de la division quand même…
Vincent Peillon : Non, je ne crois pas. J'ai d'ailleurs déjeuné avec ces différents candidats à la même table et de façon très amicale. Mais faisons attention car il y a les questions de fond, là il pourrait y avoir division. Si les socialistes n'étaient pas d'accord sur  des sujets de fond on pourrait parler de division. Après, qu'il y ait plusieurs candidats quand on fait les élections, franchement, il ne faut pas s'en plaindre parce que le pays où il n'y a pas plusieurs candidats c'est un peu embêtant.
Vincent Peillon merci, je rappelle que vous êtes député européen socialiste.