Photographies noir et blanc en infrarouge (1997/2001)

Format 60x50cm


“Légendes” Exposition à la Citée Internationale des Arts (Paris 1999)

Passages

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Ces photographies ne nous montrent pas les lieux, elles nous y transportent. La photo nous replace au coeur du lieu et de l’instant où elle a été prise  elle nous livre intact, préservé par elle, un moment du temps. Quelque chose sans aucun doute s’y cache, puisqu’il y a eu recours au procédé infrarouge, destiné à réagir à la chaleur et qui permet ainsi de détecter les formes de vie que l’oeil nu ne distingue pas. Cette chaleur, signe de vie, se dégage de l’ensemble des parcelles de forêt. Ici la nature, le monde physique, devient presque une personne, tant sa complexion est proche de l’humain. Chacun des sites est traversé par un chemin, qui semble nous inviter à progresser dans notre promenade. La nature est allégorique. La Nature nous semble un tout indivisible, une entité jouissant d’une certaine permanence, qui à l’échelle humaine peut bien s’appeler éternité. C’est par une volonté d’arrêter la marche vers le futur -le chemin-, qu’en prenant la photo le présent se manifeste, et nous renvoie au passé. Le passé auquel il fait référence est celui de notre première approche des vies mystérieuses de la Nature. C’est à l’imaginaire du conte auquel nous sommes invités à faire appel pour ressentir à nouveau l’atmosphère de cette époque. On retrouve l’influence de la peinture romantique, Cette Nature dans le conte est précisément un lieu intemporel. Le conte est ce qui n’est d’aucun temps, ce dont on ne peut dater l’origine, qui a toujours été là; il est un passé immémorial, des espaces d’intemporalité. On peut revivre l’instant parce qu’il appartient à l’espace de la photo. Il semble que la nostalgie traverse ces photographies, sans doute parce qu’elles ont le privilège de faire prisonnier des instants du temps, et de l’espace. Elles sont à la fois le compte rendu du temps passé et du temps qui passe.

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