Ma peinture vient d’une rencontre inespérée avec «un maître», il y a 10 ans. Une rencontre que je n’attendais pas, que je ne cherchais pas. Un hasard ? Plutôt un cadeau de la vie.
La peinture de Yahne le Toumelin m’a ouvert les yeux et le cœur. Je ressens devant ses tableaux, dans cette atmosphère mystique et envoûtante, une énergie et une sensibilité enfouies en moi que je ne soupçonnais pas. Ce fut «le déclic», une révélation, et la source de mon inspiration.
J’ai ce besoin, «à fleur de peau» de projeter un état d’esprit, un souffle de vie. Donner de la puissance à l’instinct et aux «fêlures» intérieures. S’abandonner à la spontanéité du moment présent avec passion et générosité.
Avoir le souhait et l’illusion de penser que ma peinture réveille les émotions retenues de celui qui la regarde, et l’inviter à faire son propre voyage intérieur.
Il n’y a rien à déchiffrer d’intellectuel, juste un langage naïf, surgi du néant, imprégné de paysages et de sentiments mouvants, mêlant dans un rapport intime, le réel et le spirituel.
Je suis devant ma toile, ne sachant où elle me mène, je ne dessine pas, je pense force, fusion. Il y a très souvent une présence d’eau, une ivresse de vagues, d’écume et d’embruns, de lumière et d’éclatement qui reviennent, inlassablement. J’y plonge avec délice et me sens bien dans ces transparences, c’est un refuge.
Les rêves et les espoirs prennent vie, peu à peu, dans un voyage de sentiments multiples qui s’invitent et vont plus loin dans «les coulisses de l’ego».
Je m’y perds, je m’y retrouve et m’épanouis dans ces expressions gestuelles par touches posées, enlevées, puis reprises. J’improvise, je guette les effets du hasard en privilégiant les élans du coeur.
Accepter ce qui apparaît sur la toile malgré soi, et rester profondément authentique. Tenter de garder l’essence des vibrations naissantes avant qu’elles ne se diluent, à leur tour dans un esprit trop timide ou trop vaniteux.
La finalité, c’est une osmose, une quête d’amour et de sérénité. Un bonheur et une chance de m’exprimer qui m’emportent dans des excès, des défis à affronter chaque fois.
Tout reste à faire... Mais l’énergie et la volonté de progresser sont omniprésentes, sans prétention, et émergent doucement avec sincérité et humilité.
Claire

Yahne Le Toumelin
Une pensée particulière à Yahne qui m’a « ouvert le chemin »
Sa peinture gestuelle et féminine, d’une technique très subtile recrée toutes les profondeurs abyssales et les infinis cosmiques. Ce style spontané s’apparente au mouvement dit d’ « abstraction lyrique » et vibre d’émotion et de vérité dans la transparence. Selon, dit-elle, « le souffle esprit » cher aux peintres chinois. C’est un voyage du coeur vers l’essentiel. Le talent, la spiritualité et la générosité de Yahne donnent à son langage pictural une authenticité rayonnante et une force profonde. Elle lève le voile sur la lumière intérieure qui l’habite et nous offre le fruit de sa méditation.

Oussenou Sarr
Rencontre plus récente avec un peintre Sénégalais
Oussenou partage et transmet avec beaucoup de générosité son art. Dans sa recherche, il construit avec les matériaux que lui offre la vie et improvise les techniques avec une imagination surprenante. Il compose avec la matière et manie avec talent les ombres et les couleurs, les lignes, la géométrie et l’espace. Son sens aigu de la poésie et la mémoire de ses précieuses racines Africaines surgissent, avec chaleur dans son oeuvre « Lumières et Libertés ».
Oussenou n’est plus...
Hommage et respect à celui qui nous a quitté trop tôt.