ROLAND SOYEUX :
 « POURQUOI J’AI PUBLIE ANTHEM  D’AYN RAND »* 

Le premier livre de Ayn Rand que j’ai lu, La Source vive, dans une édition ancienne de Jeheber m’a enthousiasmé. Les amis qui me l’avaient recommandé l’avaient lu en Anglais, en deux à trois jours, car une fois dans cette histoire, on ne la lâche plus jusqu’à la fin. J’ai eu envie de publier un roman de Ayn Rand, non encore traduit en français. Une amie m’avait recommandé  We the living. Après avoir pris contact et négocié les droits avec le Ayn Rand Institute, j’ai fait traduire le livre et publié Nous les vivants en 1996. Dans les mois qui ont suivi, je souhaitais publier à nouveau un livre de Ayn Rand, et mon choix s’est naturellement porté sur Anthem, son deuxième récit de fiction, court et fort, paru en 1938. D’autant qu’il existait déjà quelques traductions, non autorisées, réalisées par des amateurs de Ayn Rand et que j’avais pu lire. La similitude entre le monde de Orwell dans 1984, la description de la perte de liberté des individus m’avait frappé, la différence étant que Ayn Rand avait imaginé cette effrayante anticipation d’un monde collectiviste dix ans avant Orwell. J’ai confié la traduction à une professionnelle, bien conscient de la difficulté que posait l’emploi du « nous » à la place du « je ». La première traduction ne me plaisait pas du tout et j’ai demandé qu’elle l’a refasse entièrement. La deuxième mouture ne me plaisait encore qu’à moitié. Entre temps, les premiers résultats de vente de Nous les vivants étaient mauvais, j’ai perdu beaucoup d’argent dans cette publication. J’ai donc mis sous le coude la publication de Anthem. En 2005, j’ai vendu mon imprimerie et gardé la maison d’édition, j’avais plus de temps pour me consacrer aux livres. J’ai ressorti Anthem, demandé une prolongation des droits, que je n’avais plus, le délai de publication étant passé. Cette autorisation me fut accordée gracieusement, et j’ai repris la traduction, adaptée du mieux possible, tâche difficile et insatisfaisante. J’ai pensé néanmoins que ce roman de Ayn Rand devait sortir en français. Grâce au commerce électronique, à l’Internet qui n’existait pas il y a dix ans, j’espère une plus grande diffusion de ce livre que Nous les vivants, dont les ventes d’ailleurs ont repris grâce à Amazon et aux ventes en ligne. Les francophones amateurs de Ayn Rand sont dispersés dans le monde entier et le web est un lieu de rendez-vous qui donne de la visibilité.

* Hymne (anthem) a été publié aux Editions Rive Droite en novembre 2006 (10 euros) : cf. rivedroite.org .
ANTHEM d’ Ayn Rand