“La santé n’est pas
une marchandise”
La honte nous saisit devant la réapparition dans Paris des rafles de populations laissées pour compte, afin de rendre présentable au monde la ville d’accueil de la coupe du monde de rugby, afin de la rendre présentable pour la campagne municipale de 2008.
Les Sans Domicile Fixe y sont traités comme une catégorie d’exclusion totale avec ses mauvais sujets : l’immigration des pays de l’Est, lire les roms. Ces opérations de « nettoyage » apparaissent comme une revanche contre le mouvement des Enfants de Don Quichotte de l’hiver dernier, qui a obligé les politiques à traiter d’une exclusion du logement habituellement réservée au top médiatique des débuts d’hiver.
La honte nous saisit devant cette chasse à l’homme qui porte atteinte à la dignité humaine, bien au-delà de cette indignité qu’est déjà la situation de déshérence qui a poussé ces populations vers la rue et l’exclusion.
Les sans abris sont une population hétérogène qui rassemble tous ceux qui sont victimes des violences ordinaires de cette société de l’obligation de résultat : expulsés de leur logement, licenciés des entreprises, sans papiers clandestins, hommes, femmes, jeunes en rupture de liens familiaux, conjugaux et sociaux. Les travailleurs pauvres y côtoient les femmes seules avec enfants, les exclus par la maladie et les personnes installées dans la marginalité de la rue.
Ils sont le produit de la société réelle où la fiction de la réussite a échoué.
Le soir, au petit matin les forces de police les expulsent brutalement des tentes, des cartons, de ce grand bidonville interstitiel qui nuit aux images touristiques, à une idéologie de salubrité publique répressive bien pensante et moralisatrice.
Les associations, les services sociaux, ceux de la santé et de la psychiatrie qui tentent, en réseaux, de construire des liens, en prenant le temps nécessaire, qui permettent d’accéder aux droits, aux soins ou à un toit, voient leur travail d’insertion dans la société humaine piétiné, bafoué, réduit à néant, véritable gâchis d’énergie et de moyens qui fondent le service public.
Aussi nous exigeons que soit mis fin à cette indignité politique et humaine qui porte atteinte aux droits humains et démocratiques.
Depuis plusieurs années, nous dénonçons les mesures qui, les unes après les autres, sous prétexte de « responsabiliser » les patients, restreignent la prise en charge solidaire des soins, culpabilisent malades et soignants, et détournent vers les assurances privées ceux qui peuvent en assurer la charge. Nous dénonçons les risques que ces mesures font courir aux plus pauvres, qui pourront de moins en moins se soigner; nous nous sommes battus en particulier contre les atteintes portées à l’Aide Médicale de l’Etat (AME) destinée aux sans papiers, les plus précaires d’entre les précaires. Nous dénonçons les appétits des assurances privées pour un marché juteux, celui de la santé (voir la multiplication des annonces publicitaires dans ce domaine).
L'établissement d'une franchise sur les soins est un nouveau pas dans ce sens, qui, de plus, répond à la volonté de libéralisation affichée par la Commission européenne.
C’est pourquoi le Collectif « La santé n’est pas une marchandise » s’associe pleinement à l’appel contre la franchise sur les soins », socialement injuste, économiquement inefficace et dangereuse pour la santé publique.
Le Collectif "La santé n'est pas une marchandise" Le 10 06 07
Proposition de pétition :
“ARRET DES INTERVENTIONS DE POLICE CONTRE LES SDF”
Jean Pierre Martin
contact: annick.flageollet@wanadoo.fr