Arrêt des interventions de police contre les SDF
Arrêt des interventions de police contre les SDF
Collectif “ la santé n’est pas une marchandise ”
La honte nous saisit devant la réapparition des rafles de populations laissées pour compte, afin de rendre présentable au monde la ville d’accueil de la coupe du monde de rugby, afin de la rendre présentable pour la campagne municipale de 2008.
Les Sans Domicile Fixe y sont traités comme une catégorie d’exclusion totale avec ses mauvais sujets : l’immigration des pays de l’Est, lire les roms. Ces opérations de “nettoyage” apparaissent comme une revanche contre le mouvement des Enfants de Don Quichotte de l’hiver dernier, qui a obligé les politiques à traiter de l’exclusion du logement habituellement réservée au top médiatique des débuts d’hiver.
La honte nous saisit devant cette chasse à l’homme qui porte atteinte à la dignité humaine, bien au dela de cette indignité qui est déjà la situation de déshérence qui a poussé ces populations vers la rue et l’exclusion.
Les sans abris sont une population hétérogène qui rassemble tous ceux qui sont victimes de violences ordinaires de cette société de l’obligation de résultat : expulsés de leur logement, licenciés des entreprises, sans papiers clandestins, hommes, femmes, jeunes en rupture de liens familiaux, conjugaux ou sociaux. Les travailleurs pauvres y côtoient les femmes seules avec enfant, les exclus par la maladie et les personnes installées dans la marginalité de la rue.
Ils sont le produit de la société réelle où la fiction de la réussite a échoué.
Le soir, au petit matin, les forces de police les expulsent brutalement des tentes, des cartons, de ce grand bidonville intersticiel qui nuit aux images touristiques, à une idéologie de la salubrité publique répressive bien pensante et moralisatrice.
Les associations, les services sociaux, ceux de la santé et de la psychiatrie, qui tentent, en réseaux, de construire des liens, en prenant le temps nécessaire, qui permettent d’accéder aux droits, aux soins ou à un toit, voient leur travail d’insertion dans la société humaine piétiné, bafoué, réduit à néant, véritable gâchis d’énergie et de moyens qui fondent le service public.
Aussi nous exigeons que soit mis fin à cette indignité politique et humaine qui porte atteinte aux droits humains et démocratiques.
Texte transmis par Jean-Pierre MARTIN, psychiatre,
membre du collectif “la santé n’est pas une marchandise”.