JOSÉPHINE, l'étrangère
De Joséphine, on connaît tous sa ceinture de bananes. On connaît sa démesure, ses provocations. On ignore la rigueur de ce personnage paradoxal, sa force égale à sa fragilité, son aspect rebelle et "visionnaire".
Elle est la femme aux cheveux courts. Elle est la femme qu'il faut imiter, celle qui crée la mode du bronzage. Elle est la femme…
On sait rarement ses engagements citoyens, ses combats en faveur des plus démunis, sa participation comme espionne pour la France Libre, son acharnement contre l'apartheid dans son propre pays.
On a gardé d'elle cette image édulcorée d'adopteuse d'enfants de toutes les couleurs, de toutes les religions, tous les pays.
On a oublié que cette femme immensément riche dans les années folles était la plus battante, la plus aimée, la plus provocatrice et la plus drôle.
Son sourire qui lui servait de rempart contre tout ne doit pas nous faire douter de son désir le plus fort d'être le reflet du monde.
L'humanité de Joséphine est entièrement dans ses grimaces, dans ses danses scandaleuses, dans son sourire et… dans sa ceinture de bananes.
Pour la femme callipyge, danseuse et chanteuse ambigüe, artiste nègre, pétillante, folle mais exceptionnelle, il fallait un titre provocateur, issu d'une de ses chansons préférées.
Pour ce mythe, paradoxe de l'art, il fallait recréer un espace circulaire pour passer du music'hall au théâtre.
Pour ce rire, cet art de faire naître le désir, l'envie de machinerie circassienne, d'une jongleuse, d'une danseuse acrobate, d'une "transformatrice" s'est imposée.
Pour cette image captivante, on a besoin de corps élastiques et de fesses débordantes, d'éclats, de fous rires, de provocations permanentes…








