Diaspora & Développement
Diaspora & Développement
C’est le thème “serpent de mer” pour beaucoup de malgaches vivant et travaillant ailleurs qu’à Madagascar.
Karana es-tu là ?
On devrait interroger à ce sujet l’expérience de migrants longuement établis dans un autre pays que ceux de leurs parents. Prenons au hasard les indo-pakistanais de Madagascar. Se torturent-ils aussi l’esprit à l’idée de devoir “développer” en retour l’Inde ? Je suppose qu’ils ont un lien fort avec ce pays, davantage lié à la question de l’identité et d’une certaine nostalgie plutôt qu’au “développement”. Dieu sait pourtant qu’il reste encore en Inde quelques millions de misérables à “développer”.
La position du missionnaire.
Il semblerait que l’obligation de “développer” son pays d’origine ne soit imposée qu’aux ressortissants d’Afrique. Ces pays réputés pauvres et arriérés où le noiraud bien éduqué en Occident fera profiter de sa toute nouvelle science les masses misérables ébaubies. D’ailleurs on remplacera le terme “noiraud” par au choix “humanitaire” ou “consultant” et la phrase gardera tout son sens. Emotionnel. Sentimental. Le cynique dirait que çà ne changerait pas grand-chose à l’état de développement ou plus précisément de non-développement dudit pays.
La position du janissaire.
J’aurai tendance à croire que tout malgache ayant fait le choix de vivre ailleurs, travaille en premier lieu à la richesse de son lieu de résidence/pays d’adoption. Il s’intéresse et participe à la vie de ce pays. Il se “développe” dans ce pays. De là à dire qu’il contribue également à la richesse globale des malgaches (du monde entier) par lui-même, par ses enfants, par sa communauté bref par son histoire. C’est le pas que je franchis allègrement...
Epilogue.
Que le lecteur ne se méprenne pas ! Tout malgache est libre de “développer” ou non, à sa manière son pays ou sa communauté. Ce qui importe, c’est de le laisser libre de son choix.
lundi 5 novembre 2007