Je n’ai pas inventé les journaux de bord dans l’éducation, ou dans la formation, j’étais loin d’exister à cette époque...
Je suis par contre intimement convaincu de l’importance capitale de l’écrit chez tout être humain.
La maîtrise de l’écrit pour toutes les situations de la vie, mais aussi et peut-être surtout pour s’approprier réellement la langue dans toutes ses dimensions, pour que notre cerveau ne perde pas la faculté de réfléchir avant de communiquer.
La maîtrise de l’écrit pour ne pas perdre nos neurones prématurément, mais surtout pour sa richesse incomparable aux autres moyens de communication.
Réfléchir avant de communiquer, l’écrit seul l’impose.
Réfléchir et mieux communiquer sont indéniablement des atouts primordiaux dans notre société, dans le monde professionnel et pour soi-même.
Comment mieux maîtriser l’écrit ?...
Dix ans de pratique,dont une partie dans le cadre de la lutte contre l’illettrisme, de cet outil en formation m’ont convaincu de son efficacité.
Maîtriser l’écrit, c’est d’abord le pratiquer.
Qui pourrait être convaincu du contraire ?
Les contraintes en formation professionnelle peuvent rendre cet outil difficile à utiliser.
De la bonne volonté et de l’organisation peuvent facilement en venir à bout.
L’idée est donc, toute au long de la formation d’inviter les apprenants à écrire un texte libre avec un temps limité comme seule contrainte. Puis le retour sous la forme d’un débat autour des textes, préalablement lus puis oralisés, publiés par le formateur sous la forme d’un journal de bord. (Temps limité encore bien sûr)
Le travail est alors double puisqu’il s’accompagne aussi d’une pratique raisonnée de l’oral.
Encore la pratique maître mot de l’apprentissage.
La lecture, autre pilier, est renforcée par cette pratique, elle devient une habitude, et elle bénéficie de l’hétérogénéité des textes. Cela incite fortement certains stagiaires à en faire une activité récurante.
Cela montre aussi l’importance des matières générales dans la formation professionnelle.
Il y a enfin, aussi souvent des “effets secondaires”
intéressants ...
Explorons quelques résultats “inattendus”...
La parole, le discours sont différents à l’écrit. Non, ça, d’accord, ce n’est vraiment pas “inattendu”...
La communication est différente dans le groupe, même parfois très différente.
Il y a un renforcement du lien et une meilleure tolérance entre les participants, d’où souvent une entraide ô combien salvatrice dans bien des matières...
Une prise de conscience que le dialogue, l’écrit et l’importance du mot sont une aide
Parfois, on sent que la parole/discours n’aurait pas pu être oralisé dans d’autres conditions
Et parfois, prise de conscience de l’importance de l’écrit dans la construction personnelle.
Cela justifierait une utilisation massive de cet outil...
C’est un peu compliqué il faut l’avouer, la place du formateur est centrale, notamment dans l’organisation du débat. La place du formateur est un autre grand débat, que je développerais dans un autre texte... (Je remercie au passage Robert Caron qui m’a formé à cet outil, et Jean-Pierre Thomasset pour l’apport entre autre de son concept de “Clinique de la place”).
Sa bonne volonté aussi parce que le travail, notamment de frappe peut-être fastidieux et long..., et que la présentation, la mise en page doit être attractive.
Ce blog fait aussi partie de cette démarche...
Ludovic Bourely Formateur au CFPPA Montpellier Agropolis