Ségolène Royal en plein délire
Ségolène Royal en plein délire
Je vous livre ici l’analyse brillante d’un bloggeur sur les dérapages récents de Mme Royal ces derniers jours...
Son blog est à visiter absolument !
Je m’étais promis après les présidentielles de ne plus évoquer le cas Ségolène Royal en attendant qu’elle disparaisse d’elle-même de l’actualité. J’ai résisté à commenter son appel à François Bayrou au moment où il était acquis que le modem n’était plus composé que d’électeurs de gauche que sa lamentable campagne avait fait fuir. J’ai tenu bon lorsqu’elle a choisi le moment de la soirée électorale pour annoncer sa rupture avec François Hollande, histoire de faire parler d’elle et d’éviter que l’attention ne se focalise sur le fait que le parti réussissait mieux quand ce n’est pas elle qui l’incarnait. J’ai passé outre le ton détestable, très présidentiel, très politique, très « femme bafouée » avec lequel elle a rendu public leurs problèmes de couples. J’ai pu garder le silence quand elle prétendait pourvoir « rénover » le PS. Avec l’immense créativité intellectuelle dont elle a fait preuve pendant la campagne, la chose était pourtant propice aux plus délicieux sarcasmes…
Mais ses dernières déclarations avouant qu’elle ne croyait pas à son pacte présidentiel et que les rares mesures de gauche qu’il incluait, le SMIC à 1500 euros et la généralisation des 35 heures, n’étaient pas “crédibles” me conduit à sortir de ma réserve.
J’avais des doutes sur l’intelligence de la dame. Son expression hésitante, ses erreurs de syntaxe et ses phrases creuses du type “nous avons en commun des valeurs que nous partageons” ne témoignait pas d’une grande clarté d’esprit. La vacuité de son programme économique et ses déclarations contradictoires ne laissaient pas entrevoir une grande vivacité intellectuelle. Ses propositions délirantes comme l’interdiction de la délocalisation des marques ou les jurys citoyens laissaient même deviner une certaine confusion mentale. Ses dramatiques erreurs de stratégie comme la démocratie participative “mon programme est celui du peuple français” au moment où le pays aspirait à être enfin gouverné ou le choix de la scolarisation des enfants handicapés pour attaquer Sarkozy lors du débat au lieu de s’en prendre à son programme économique et social dont il n’avait jamais fait mystère, rapprochait sérieusement le diagnostic de la bêtise.
Il y a désormais lieu de s’interroger sur la santé mentale de l’ancienne candidate. Ses prestations christiques, sourire béat, bras en croix, invitation à communier et appel à l’amour de ses fidèles pouvait déjà inquiéter. Avec ses dernières déclarations elle vient désormais de franchir la frontière qui sépare l’erreur du délire. Jusqu’ici, même si on n’était pas d’accord, on pouvait toujours donner une explication rationnelle à ses choix. Sa stratégie semblait claire. Elle consistait à mettre en avant son physique sa personnalité pour conquérir le leadership sur le PS et quelques valeurs à elle (vie quotidienne, proximité, féminisme, régionalisme, passage du social au sociétal, conservatisme moral et pudibonderies) pour crédibiliser la sensation d’un renouveau. Là on ne peut plus.
On ne voit vraiment pas quel est l’intérêt de dire qu’elle ne croyait pas au programme qu'elle a présenté aux français. A première vue, on se dit que c'est une fois de plus pour chercher à reporter la responsabilité de sa défaite sur l’archaïsme du programme socialiste et ces méchants éléphants qui n’ont pas suffisamment dit de bien de la candidate. Pourtant, tous ceux qui ont lu l'excellent bouquin de Raphaelle Baquet « La femme fatale » savent qu'elle a conduit sa campagne totalement en dehors et en opposition avec le PS. Elle n'en a fait qu'à sa tête et en ne s'est entouré que de l'avis de quelques conseillers à elle. Le PS ne l'a nullement empêché de développer ses délires personnels jusqu'à évoquer la nomination de François Bayrou comme premier ministre. On n'a pas jamais vraiment eu l'impression qu'elle se soit beaucoup senti liée par le programme du parti. Elle a même répété à longueur d'interview qu'elle était une femme libre...
L'égo de Madame ne supportant pas la défaite, il fallait la reporter sur ces machos archéos de socialos. Admettons. Mais pourquoi le faire en sacrifiant le peu de crédibilité qui lui restait ? Pourquoi annihiler son capital sympathie et sa probité quasi virginale en se présentant comme une vulgaire politicienne qui ne croit pas à ce qu’elle dit ? Comment, lorsqu’on a axé toute sa campagne sur le rétablissement de la confiance entre les Français et leur classe politique, espérer gagner quelque chose, en admettant avoir ainsi trompé les électeurs en faisant campagne sur des thèmes “non crédibles” ? C’est littéralement de la folie !
Il n'y a qu'une explication à ce “pétage de plombs”. Ségolène Royale est partie dans une fuite en avant narcissique avec pour seule obsession de rester sur le devant de la scène en faisant parler d'elle à n'importe quel prix. A force de vouloir prouver sa singularité, elle a finit par sortir de toute rationalité politique. C'était un OVNI. Elle était incontrôlable. Elle est devenue tout simplement folle... et dangereuse.
Dans les dernières déclarations de ségolène Royal ne renseignent pas seulement sur sa personnalité. Elles indiquent aussi ce que certains hiérarques socialistes peuvent mettre dans le vocable de refondation. Et cela, c'est encore plus inquiétant pour l'avenir du PS.
Emmanuel Todd soulignait hier sur France Inter, qu’il a suffit que Laurent Fabius recentre le débat sur des questions sociales avec la polémique sur la TVA pour redonner des couleurs au PS. Pour lui, l’erreur fondamentale des socialistes a été de vouloir faire l’impasse sur les questions économiques et sociales sur lesquelles les électeurs de gauche l’attendaient. Au lieu de parler de mondialisation, de délocalisation, d'augmentation de la valeur des actifs et de stagnation des salaires, les socialistes ont préféré faire campagne sur des thèmes sociétaux en portant des valeurs de droite (sécurité, nation, ordre, morale…).
Cette monumentale erreur stratégique (mais révélatrice de l'état du PS) a coûté l’élection à la gauche en projetant les milieux populaires dans les bras de Sarkozy, car lui, n’a pas oublié de parler de pouvoir d’achat, de délocalisations ou des excès du capitalisme financier.
Ségolène Royal a, quant à elle, tiré une conclusion inverse de la campagne. Elle aurait mené une campagne trop à gauche avec des mesures trop sociales !
L’augmentation du SMIC était pourtant la seule mesure sociale intelligible de son programme, la seule qui pouvait laisser espérer aux catégories populaires une amélioration de leur situation. Et encore… Besancenot la critiqué toute la campagne en soulignant qu’un SMIC à 1500 euros brut au terme du quinquennat revenait à une augmentation de pouvoir d’achat moindre que celle qui avait eu lieu lors du précédent ! Ce n’était pas non plus le grand soir du partage des richesses ! Qu’a-t-elle proposé d’autre, sinon des aides par ci par là laissées au bon vouloir des régions et des départements socialistes ?
Certains commentateurs bienveillants - Il en reste - ont interprété cet aveu comme une conversion à la "sociale démocratie". Si la rénovation que nous préparent les socialistes se traduit par une nouvelle version du "travailler plus pour gagner plus" et par une politique de modération salariale, Sarkozy peut dormir tranquille ...
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samedi 23 juin 2007