Bayrou-Royal : le débat censuré par Sarko !
Bayrou-Royal : le débat censuré par Sarko !
Envisagé d'abord devant la presse régionale, puis devant les caméras du groupe Canal Plus, le débat, inédit et souhaité par les deux parties, entre Ségolène Royal et François Bayrou était toujours incertain jeudi soir.
La candidate socialiste avait proposé de débattre avec le dirigeant centriste vendredi dans le cadre d'un forum de la presse quotidienne régionale, mais devant les réserves de la PQR, l'option d'un débat télévisé sur les chaînes du groupe Canal Plus avait été retenue.
Prévu samedi à 11h00 sur i-télé, Canal Plus et France Inter, le débat de "clarification" ne pourra se dérouler compte tenu des contraintes d'égalité de temps de parole imposées par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), a fait savoir Canal Plus.
L'entourage de Ségolène Royal a crié au scandale et pointé du doigt l'UMP de Nicolas Sarkozy.
Jack Lang, "conseiller spécial" de la candidate socialiste, a parlé de "pressions politiques" et évoqué une "atteinte intolérable à la liberté d'information".
La chaîne cryptée a expliqué ne pas être en mesure de respecter les règles d'égalité de temps de parole entre candidats, édictées par le Conseil supérieur de l'audiovisuel.
Ce dernier s'est défendu de toute pression.
"(Le CSA) dément être intervenu auprès de Canal Plus au sujet de ce débat dont l'organisation relève de l'entière responsabilité éditoriale de la chaîne", a déclaré dans un communiqué l'organisme de contrôle de l'audiovisuel.
Pour l'UDF Jean Arthuis, président de la commission des Finances du Sénat, ce double contre-temps "révèle l'improvisation dans laquelle Mme Royal fait sa campagne".
"C'est dire combien tout ça est très bricolé, très artificiel et ne doit pas détourner les Français du débat véritable qui est celui entre ceux qui sont arrivés en finale pour ce deuxième tour, c'est-à-dire Mme Royal et M. Sarkozy", a déclaré sur RTL le ministre délégué au Budget Jean-François Copé, porte-parole du gouvernement.
Les deux candidats en lice au second tour doivent se retrouver devant les caméras le 2 mai.
Jack Lang a mis en cause l'explication avancée par la chaîne cryptée pour renoncer à organiser le débat.
"Cette affirmation est exactement contraire à la lettre adressée par (le président du CSA) Michel Boyon le 24 avril à Patrick de Carolis (président de France Télévisions), dans laquelle il est dit qu'un temps équivalent doit être accordé dans la mesure du possible, à l'autre candidat", a expliqué l'ancien ministre de la Culture.
Selon lui, "il aurait suffi à Canal Plus de proposer à M. Sarkozy, un droit d'expression correspondant".
François Hollande a suggéré que le débat ait lieu devant la presse écrite et dénoncé des pressions.
"Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a des règles. Je ne connais pas le fondement de sa décision mais puisque le débat ne peut pas avoir lieu à la télévision, la séance d'information, puisqu'il s'agit de cela, peut se faire devant la presse écrite et là je pense que personne ne viendra l'empêcher", a expliqué le premier secrétaire du PS lors d'une conférence de presse à Bordeaux.
"Je sens que du côté de l'UMP, de Nicolas Sarkozy, il y a des pressions. Je ne sais pas si on y cède mais je pense que ce n'est jamais mauvais qu'il y ait du dialogue", a-t-il ajouté.
"D'une manière ou d'une autre, il aura lieu", a assuré en guise de conclusion provisoire Julien Dray, l'un des porte-parole de Ségolène Royal.
Le Monde - AFP
jeudi 26 avril 2007