Au final, un seul d’eux sera de la partie.
Au final, un seul d’eux sera de la partie.
Désormais, on sait qui va représenter la gauche au second tour : Laurent Fabius, Ségolène Royal ou DSK. Donc, l’un des trois. Lequel ?
- Ségolène Royal
Elle a pour elle les sondages. Ou contre elle ? Car, en effet, partir trop haut trop tôt donne lieu - généralement - à des chutes catastrophiques et des défaites cuisantes. Elle a aussi l’image d’une femme à contre-courant dans un parti qui jouit d’une mauvaise image. Or, une fois investie, elle rentrera dans le rang, soutenue par l’appareil, obligée de suivre le programme défendu par tous. C’est d’ailleurs là le calcul de l’équipe du Président de l’UMP Nicolas Sarkozy, qui l’attend au tournant. Ce dernier n’attend d’ailleurs que l’investiture de Ségolène Royal pour sabrer le champagne, persuadé que dans l'exercice de la démagogie, il sera toujours meilleur.
Ses défauts ? Inexpérimentée, a-t-elle la stature pour tenir une campagne électorale sur la longueur ? Dans la Cinquième République, aucun président élu avait une si petite expérience du pouvoir. Ensuite, elle connaît un déficit d’idée particulièrement important. Sans programme, elle se calque sur les enquêtes d’opinions. Lionel Jospin l’a bien dit : ce ne sont pas les Français X et Y qui vont inventer un vaccin ; mais bel et bien des experts qualifiés qui vont y travailler. Donner la parole aux électeurs est - bien sûr - un acte démocratique. Mais il faut d’abord avoir bâtît des solutions, des propositions dûment étudiées et réfléchies.
Le rapport de force au PS lui est-il favorable ? Pour l’instant, elle a bénéficié de son rôle de grande favorite pour obtenir des ralliements de poids. Opportunistes de tous bords sont en train d’affluer. Mais elle a contre elle Lionel Jospin, qui mettra tout en oeuvre afin de la faire chuter. Nombreux sont ceux, enfin, qui attendent avant de se prononcer. Ceci signifie : “Je ne suis pas pour Ségolène Royal, mais j’attends avant de la rallier car un inversement de tendance n’est pas à exclure”.
- DSK
Il n’a plus grand chose pour lui. Sinon d’être second dans les sondages maintenant que Lionel Jospin a jeté l’éponge. Mais les sondages, on vient de le voir, sont une photographie de l’instant. Ils n’ont aucune valeur prévisionnelle. Son positionnement idéologique ne lui laisse également que peu de marge : social-démocrate à la façon de Tony Blair, que Ségolène Royal affirme également admirer.
Ses défauts ne sont pas nombreux non plus : très peu expérimenté, il a séduit lors de son passage au Ministère de l’Économie et des Finances. Mais n’était-ce pas simplement la période faste que connaissait l’économie française qui lui a valu cet état de grâce ? Peu présent sur le terrain des idées, il hésite à s’affirmer en social-démocrate décomplexé tant l’élection interne et le premier tour de la présidentielle se joueront à gauche.
Le rapport de force au PS lui est guère favorable : ses attaques sur Lionel Jospin lui valent désormais les aigreurs de l’ancien Premier Ministre et de ses partisans. Outsideur de cette primaire, ces troupes sont très peu extensibles. Quand les deux autres candidats peuvent espérer de nombreux soutiens à venir, DSK a construit un cercle fermé que très peu veulent pénétrer.
- Laurent Fabius
Il a pour lui l’expérience : Député, Député européen, Maire, Président de conseil Régional, Directeur de campagne de François Mitterrand en 1981, Président de l’Assemblée Nationale, Ministre de l’Économie et des Finances, Premier Secrétaire du PS, et enfin Premier Ministre. Il a également pour lui un niveau de qualification exceptionnel : agrégé en Lettre, École Normale Supérieure (“Normal Sup’), Institut d’Étude Politique de Paris (“Science Po”), et enfin l’ENA... Rien que ça ! Il a pour lui, enfin, des années et des années de combat politique. Il a vécu de nombreuses campagnes électorales. Orateur réputé excellent, il est l’un des dernier représentant de la politique “à la Française”, c’est-à-dire sans le show. Bref, il ne fait pas dans la politique-spectacle. Et on l’en remercie !
Il a contre lui une affaire qui lui reste collé injustement à la peau : le sang contaminé. N’ayons pas peur de le dire, c’est cea qui freine encore de nombreuses personnes. Car, si la justice à rempli son rôle, fait son travail en l’innocentant -allant même jusqu’à signifier que son action avait contribué à freiner le processus -, les médias ont omis de mettre en évidence cette information. Comme, hélas, de trop nombreuses personnes accusées injustement puis totalement blanchie mais qui doivent tout de même quitter leur domicile tant les gens du quartier gardent leur suspicion invivables au quotidien...
Il existe enfin, à l’heure actuelle, un rapport de force au sein du PS qui lui est favorable. Sans être majoritaire, il bénéficiera d’un pourcentage important dès le premier tour. Nombreux sont les Jospiniens qui vont lui apporter leur soutien tacite. Le NPS, courant le plus à gauche du PS, aujourd’hui éclaté, va sans doute voir ses militants se reporter sur lui. Enfin, les partisans de DSK voudront certainement éliminer Ségolène Royal au second tour, coûte que coûte. Il parieront plus facilement sur un Fabius pour retrouver un espace. Reste à savoir si la campagne interne entame une dynamique du côté de l’ancien Premier Ministre.
Bref, il est loin le temps où tout semblait jouer ! À l’analyse, cela ne tient pas. Pas même le temps d’une argumentation sommaire comme je viens de la faire.
L’espoir de ne pas voir Ségolène Royal représenter le PS à la présidentielle est important. Sa démagogie la perdra sans doute bien tôt, bien trop tôt...
Ils seront donc trois...
mardi 3 octobre 2006