Olympia 1973 - enregistrement public
Olympia 1973 - enregistrement public
01 - La ballade des marguerites
02 - Éducation sentimentale
03 - Mai 68
04 - Dialogue
05 - Mauve
06 - Marie, Pierre et Charlemagne
07 - Ballade pour un traître
08 - Relaxe
09 - San Francisco
10 - Entre 14 et 40 ans
11 - Mourir pour une nuit
12 - Mon frère
01 - La ballade des marguerites
J'ai connu le temps où coulent les enfances,
Tout doucement, au début de la vie.
Le temps de l'école, le temps de l'innocence
Et du chagrin, et du bonheur aussi.
J'ai laissé passer ce temps qui va trop vite.
Si j'ai tout vu pendant trop peu d’années,
Je n'ai pas connu le temps des marguerites.
Feuillues sont nées, feuillues se sont fanées.
Puis est arrivé le temps de mes ivresses,
De mes alcools aux mauvais souvenirs
Et les yeux gonflés, le temps de la paresse
Où l'on se tue à force de dormir
Et je suis resté, en attendant la suite,
Dans cette vie de vide enrubannée.
Je n'ai pas connu le temps des marguerites.
Feuillues sont nées, feuillues se sont fanées.
J'ai connu le temps de la désespérance
Où l'on s'enlise un peu plus chaque jour,
Où, les yeux ouverts, on attend de la chance
Plus que la mort si ne vient pas l'amour.
Que, dans l'avenir, on vante mes mérites,
Ne croyez pas ce que les gens diront.
Je n'ai pas connu le temps des marguerites.
Feuillues naîtront, feuillues se faneront.
Paroles : Maxime Le Forestier
Musique : Maxime Le Forestier
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02 - Éducation sentimentale
Ce soir à la brune
Nous irons, ma brune
Cueillir des serments
Cette fleur sauvage
Qui fait des ravages
Dans les cœurs d'enfants
Pour toi, ma princesse
J'en ferai des tresses
Et dans tes cheveux
Ces serments, ma belle
Te rendront cruelle
Pour tes amoureux
Demain à l'aurore
Nous irons encore
Glaner dans les champs
Cueillir des promesses
Des fleurs de tendresse
Et de sentiment
Et sur la colline
Dans les sauvagines
Tu te coucheras
Dans mes bras, ma brune
Eclairée de lune
Tu te donneras
C'est au crépuscule
Quand la libellule
S'endort au marais
Qu'il faudra, voisine
Quitter la colline
Et vite rentrer
Ne dis rien, ma brune
Pas même à la lune
Et moi, dans mon coin
J'irai solitaire
Je saurai me taire
Je ne dirai rien
Ce soir à la brune
Nous irons, ma brune
Cueillir des serments
Cette fleur sauvage
Qui fait des ravages
Dans les cœurs d'enfants
Pour toi, ma princesse
J'en ferai des tresses
Et dans tes cheveux
Ces serments, ma belle
Te rendront cruelle
Pour tes amoureux
Paroles : Jean-Pierre Kernoa
Musique : Maxime Le Forestier
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Album original :
- n°1 dit “Mon frère”
03 - Mai 1968
La branche a cru dompter ses feuilles
Mais l'arbre éclate de colère
Ce soir que montent les clameurs
Le vent a des souffles nouveaux
Au royaume de France
Le peintre est monté sur les pierres
On l'a jeté par la frontière
Je crois qu'il s'appelait Julio
Tout le monde peut pas s'appeler Pablo
Au royaume de France
Et le sang des gars de Nanterre
A fait l'amour avec la terre
Et fait fleurir les oripeaux
Le sang est couleur du drapeau
Au royaume de France
Et plus on viole la Sorbonne
Plus Sochaux ressemble à Charonne
Plus Beaujon ressemble à Dachau
Et moins nous courberons le dos
Au royaume de France
Perché sur une barricade
L'oiseau chantait sous les grenades
Son chant de folie était beau
Et fous les enfants de Rimbaud
Au royaume de France
La branche a cru dompter ses feuilles
Mais elle en portera le deuil
Et l'emportera au tombeau
L'automne fera pas de cadeau
Au royaume de France
Paroles : Jean-Michel Caradec
Musique : Jean-Michel Caradec
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04 - Dialogue
"Avec ce que j'ai fait pour toi",
Disait le père,
"Je sais, tu me l'as dit déjà.",
Disait l'enfant.
"J'en demandais pas tant.
Je suis là pour
Tourner autour
De cette terre
Tant que je suis vivant."
"Vivant, qui t'a donné la vie ?",
Disait le père.
"Si c'est pour la passer ici",
Disait l'enfant,
"Tu as perdu ton temps.
Si les fumées,
Dans les rues fermées,
Te sont légères,
Moi j'ai besoin du vent."
"Et si tu venais à mourir ?",
Disait le père.
"On est tous là pour en finir",
Disait l'enfant,
"Mais peu importe quand.
Je ne suis né
Que pour aller
Dessous la terre
Et l'oublier avant."
"Nous, on vivait pour quelque chose.",
Disait le père.
"Vous êtes morts pour pas grand chose.",
Disait l'enfant.
"Je n'en ai pas le temps
Si, pour garder
Les mains liées,
Il faut la guerre.
Moi je m'en vais avant."
"Ce monde, je l'ai fait pour toi.",
Disait le père.
"Je sais, tu me l'as dit déjà.",
Disait l'enfant.
"J'en demandais pas tant.
Il est foutu
Et je n'ai plus
Qu'à le refaire
Un peu plus souriant
Pour tes petits enfants."
Un jour d'école
Sans paroles
C'est long
La cloche sonne
Mais l'automne
Sent bon
Marie se terre
Près de Pierre
Dehors
Marie s'éloigne
Charlemagne
Est mort
Paroles : Maxime Le Forestier
Musique : Maxime Le Forestier
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Album original :
- n°2 dit “Le steak”
05 - Mauve
La brume a des remords de fleuve
Et d'étang.
Les oiseaux nagent dans du mauve.
Les mots de ma plume se sauvent
Me laissant
Avec des phrases qui ne parlent
Que de tourments.
Vienne le temps des amours neuves.
La brume a des remords de fleuve
Et d'étang.
Je ne suis jamais qu'un enfant.
Tu le sais bien, toi que j'attends.
Tu le sais puisque tu m'attends
Dans une dominante bleue
Où le mauve fait ce qu'il peut.
La page blanche se noircit,
Laissant parfois une éclaircie,
Une lisière dans la marge
Où passe comme un vent du large.
La brume a des remords de fleuve
Et de pluie.
Les chansons naissent dans la frime
Et les dictionnaires de rimes
S'y ennuient.
Mes phrases meurent sur tes lèvres
Mais la nuit,
Elles renaissent toutes neuves.
La brume a des remords de fleuve
Et de pluie
Et le mauve sur ta paupière
Brille d'une étrange lumière
Où courent des ombres éphémères
Dans une dominante bleue
Où le mauve fait ce qu'il peut.
La page blanche devient bleue
Et le mauve meurt peu à peu.
Il ne reste plus dans la marge
Que la rosée du vent du large.
Paroles : Jean-Pierre Kernoa
Musique : Maxime Le Forestier
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Album original :
-n°2 dit “Le steak
06 - Marie, Pierre et Charlemagne
Marie s'éveille
S'ensommeille
Pourtant
Marie se lève
Bonne élève
Enfant
Prend son cartable
Sur la table
Et sort
Ses yeux picotent
Papillotent
Encore
Marie, c'est bien Charlemagne
Qui t'a fait lever si tôt
Marie, maudis Charlemagne
Souffle une voix dans son dos
Et Marie cueille
Quelques feuilles
Jaunies
Rencontre Pierrre
Sur le lierre
Assis
Marie paresse
Puis carresse
Sa joue
S'assied par terre
Près de Pierre
Et joue
Marie, bénis Charlemagne
Qui t'a fait lever si tôt
Marie, oublie Charlemagne
Souffle une voix dans son dos
Paroles : Maxime Le Forestier
Musique : Maxime Le Forestier
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Album original :
-n°1 dit “Mon frère”
07 - Ballade pour un traître
Qui donc t'a fait reprendre
Les routes de Judée
Judas qui ne jurait
Que par les filles tendres
Que par les filles tendres
Qui donc a fait descendre
De Nazareth un soir
Une juive aux yeux noirs
Cheveux de palissandre
Cheveux de palissandre
Son corps était à vendre
Pour trente pièces d'or
Toi, tu couchais dehors
Où tu pouvais t'étendre
Quand tu pouvais t'étendre
Pauvre Judas qui tendait les mains
Judas le mendiant, Judas les mains vides
Qui t'a rappelé tous les parricides
Qui se sont commis pour quelques putains
Tu es allé surprendre
Au Mont des Oliviers
Le seul bien d'amitié
Qu'il te restait à vendre
Qu'il te restait à vendre
Mais tu l’as fait attendre
Alors, elle est partie
En laissant dans son lit
La corde pour te pendre
La corde pour te pendre
Paroles : Maxime Le Forestier
Musique : Patrice Billon
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08 - Relaxe
Instrumental
Musique : R. Barrier - B. Lelou
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09 - San Francisco
C'est une maison bleue
Adossée à la colline
On y vient à pied, on ne frappe pas
Ceux qui vivent là ont jeté la clé
On se retrouve ensemble
Après des années de route
Et on vient s'asseoir autour du repas
Tout le monde est là, à cinq heures du soir
Quand San Francisco s'embrume
Quand San Francisco s'allume
San Francisco, où êtes vous ?
Lizard et Luc, Psylvia, attendez-moi...
Nageant dans le brouillard
Défoncés, roulant dans l'herbe
On écoutera Tom à la guitare
Phil à la kena, jusqu'à la nuit noire
Un autre arrivera
Pour nous dire des nouvelles
D'un qui reviendra dans un an ou deux
Puisqu'il est heureux, on s'endormira
Quand San Francisco se lève
Quand San Francisco se lève
San Francisco, où êtes vous ?
Lizard et Luc, Psylvia, attendez-moi...
C'est une maison bleue
Accrochée à ma mémoire
On y vient à pied, on ne frappe pas
Ceux qui vivent là ont jeté la clef
Peuplée de cheveux longs
De grands lits et de musique
Peuplée de lumière, et peuplée de fous
Elle sera dernière à rester debout
Si San Francisco s'effondre
Si San Francisco s'effondre
San Francisco, où êtes vous ?
Lizard et Luc, Psylvia, attendez-moi...
Paroles : Maxime Le Forestier
Musique : Maxime Le Forestier
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Album original :
-n°1 dit “Mon frère”
10 - Entre 14 et 40 ans
Fallait déjà se lever tôt
Pour trouver un brin d'herbe
J'ai filé la trace aux oiseaux.
J' les ai suivis et ce matin -
Découverte superbe -
Y'en avait au Quartier Latin
Comme je ne savais pas voler
Et qu'il y avait des grilles
J'ai dû m'asseoir devant l'entrée
C'est dur de vouloir par beau temps
Embrasser une fille
Entre quatorze et quarante ans.
Le Larsac leur a pas suffi
Ils viennent s'installer ici.
On voulait juste s'allonger
Un peu dans l'herbe verte
Regarder les oiseaux manger
On voulait juste imaginer
Une terre déserte
Où on ferait l'amour en paix.
Quand on aura enfin atteint
Leur âge il me semble
Qu'on aura plus le goût à rien.
On voulait jouer aux enfants
Avant qu'on leur ressemble
Entre quatorze et quarante ans.
Dien Bien Phu leur a pas suffi
Ils viennent s'entraîner ici.
Savent pas qu' les oiseaux ont des ailes
Quand on a des visières
On ne regarde pas le ciel.
Allez les piafs, allez nombreux
Et bouffez leurs parterres
Puisqu'il paraît que c'est à eux.
On peut rêver, il est toujours
Possible qu'ils se perdent
Dans les jardins du Luxembourg.
Répétons-leur en attendant
Qu'ensemble on les emmerde
Entre quatorze et quarante ans.
Le treize mai leur a pas suffi
Ils viennent nous chercher ici.
Paroles : Maxime Le Forestier
Musique : Maxime Le Forestier
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Album original :
- n°2 dit “Le steak”
11 - Mourir pour une nuit
Mourir, mourir, mourir
Pour une nuit,
Pour un après-midi.
Mourir, mourir
Comme on s'endort,
Faire la nique à la mort.
Mourir pour un regard
Au fond d'un mausolée,
Pour discuter ce soir
Avec les feux follets.
Mourir pour un baiser,
Mourir pour cette main
Qui viendra caresser
Mon corps demain matin.
Mourir, mourir, mourir
Pour une nuit,
Pour un après-midi.
Mourir, mourir
Comme on s'endort,
Faire la nique à la mort.
Mourir les yeux ouverts
Pour mieux te regarder
Et voir dans tes yeux verts
Une larme couler.
Mourir pour le plaisir
De renaître demain,
Mourir dans un sourire
Et te comprendre enfin.
Mourir, mourir, mourir
Pour une nuit,
Pour un après-midi.
Mourir, mourir
Comme on s'endort,
Faire la nique à la mort.
Mourir comme on s'endort
Mourir comme on s'enivre
Pour changer de décor
Et puis renaître et vivre.
Paroles : Jean-Pierre Kernoa
Musique : Maxime Le Forestier
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Album original :
-n°1 dit “Mon frère”
Accompagné
à la basse par Patrice Caratini
à la guitare par Alain Le Douarin
et au piano par Georges Arvanitas
Concert public enregistré à l’Olympia
au cours d’un “Musicorama” Europe N°1
Direction artistique Jacques Bedos
Photo : Roby Marc Doby
© 1974 Polydor France
12 - Mon frère
Toi le frère que je n'ai jamais eu
Sais-tu si tu avais vécu
Ce que nous aurions fait ensemble
Un an après moi, tu serais né
Alors on se s'rait plus quittés
Comme deux amis qui se ressemblent
On aurait appris l'argot par cœur
J'aurais été ton professeur
À mon école buissonnière
Sur qu'un jour on se serait battu
Pour peu qu'alors on ait connu
Ensemble la même première
Mais tu n'es pas là, à qui la faute ?
Pas à mon père
Pas à ma mère
Tu aurais pu chanter cela
Toi le frère que je n'ai jamais eu
Si tu savais ce que j'ai bu
De mes chagrins en solitaire
Si tu m'avais pas fait faux bond
Tu aurais fini mes chansons
Je t'aurais appris à en faire
Si la vie s'était comportée mieux
Elle aurait divisé en deux
Les paires de gants, les paires de claques
Elle aurait sûrement partagé
Les mots d'amour et les pavés
Les filles et les coups de matraque
Mais tu n'es pas là, à qui la faute ?
Pas à mon père
Pas à ma mère
Tu aurais pu chanter cela
Toi le frère que je n'aurais jamais
Je suis moins seul de t'avoir fait
Pour un instant, pour une fille
Je t'ai dérangé, tu me pardonnes
Ici quand tout vous abandonne
On se fabrique une famille
Paroles : Maxime Le Forestier
Musique : Maxime Le Forestier
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Album original :
-n°1 dit “Mon frère”