Dans ces histoires...
Dans ces histoires...
01 - Raconte-moi
02 - L’homme à tête de loup
03 - Les trois sirènes et le miroir
04 - L’enfant et l’étang
05 - Courant d’air
06 - La petite vieille de Saint-Petersbourg
07 - Berceuse triste
08 - Grand match de blues à Mineville
09 - Le fermier, le dompteur, le président et l’autre
10 - Dans ces histoires...
01 - Raconte-moi
Dans les eaux sales, dans les eaux
D'un canal, d'un caniveau,
S'embarquent des pensées amères, pensées amères
Comme des bouteilles à la mer.
Le soleil pose en douceur
Pour ne pas flétrir les fleurs.
Dans trois minutes c'est la nuit, c'est la nuit.
Quelle heure est-il à Miami ?
Raconte-moi, raconte-moi
N'importe quoi,
Une histoire, une fable.
Raconte-moi
C' que tu voudras.
Bella la belle se balance
Au rythme des bateaux qui dansent
Sur la mer bleue de son regard, son regard
Qui semble jamais ne rien voir.
Où est le rêve, où est la vie ?
Est-ce un dessin ou un lavis,
Et quand elle prend cet air avide et ravi,
Où est le rêve à ton avis ?
Raconte-moi, raconte-moi
N'importe quoi,
Une histoire, un mensonge.
Raconte-moi
C' que tu voudras.
La lune entre les branches noires,
La lune devrait le savoir.
Dans trois minutes il fera jour, fera jour.
Quelle heure est-il à Singapour ?
Raconte-moi, raconte-moi
N'importe quoi,
Un roman, une légende.
Raconte-moi
C' que tu voudras.
Raconte-moi, raconte-moi
N'importe quoi,
Une histoire, une fable.
Raconte-moi
C' que tu voudras.
Paroles : Jean-Pierre Kernoa
Musique : Maxime Le Forestier
Arrangements : Gérard Kawczynski
---------------------------------------------------
---------------------------------------------------
Aucune autre version existante.
02 - L’homme à tête de loup
C'est un homme qui traîne entre les deux pôles,
Juste une tête de loup posée sur les épaules.
C'est un homme qui vit sans manger personne,
Bien caché, de peur d' la peur des loups à têtes d'hommes.
Change de tanière tous les deux soirs,
Fuit la lumière dans les rues noires
Et les gardiens des enfants fous.
Parlaient d' l'homme,
Parlaient d' l'homme,
De l'homme à tête de loup,
Qu'il arrivait dans les villes
Les nuits d'orage, qu'il
Faisait ses coups
Dans les égouts,
L'homme à tête de loup.
Il servait à faire des enfants dociles,
Des parents prudents, des filles qui sortent pas toutes seules.
Reconnaître un inconnu, c'est facile.
Il suffit d' savoir de lui qu'il a une sale gueule.
Change de tanière le mauvais soir.
Un réverbère dans la rue noire.
Une fille qui dit "pas peur de vous,
Peur de l'homme,
Peur de l'homme,
De l'homme à tête de loup.
Me laissez pas dans la ville
La nuit, seule, tant qu'il
Est pas mort, ou
Sous les verrous,
L'homme à tête de loup.
À coups d' pierres ou
À coups d' cailloux,
L' sortir de son trou,
Poser des pièges et
Faut l'enfumer,
Faut l'affamer,
L'empoisonner,
L'enfermer dans des cages en fer,
Toujours allumer la lumière,
L'entourer d'un mur en béton,
Couper l'image et couper l' son.
J' vis pas tant qu'il
Est pas mort ou
Sous les verrous,
L'homme à tête de loup."
C'est un homme qui traîne entre les deux pôles,
Juste une tête de loup collée sur les épaules.
C'est un homme qui vit sans manger personne,
Bien caché, de peur d' la peur des loups à tête d'homme,
Cherche une tanière, change de trottoir,
Quitte la lumière sans dire au revoir
Et puis s'éloigne tout doux, tout doux
À pas d'homme,
À pas d'homme,
D'homme à tête de loup.
Paroles : Maxime Le Forestier
Musique : Jean Schultheis
Arrangements : Jean Schultheis
Christian Padovan : basse, choeurs
---------------------------------------------------
---------------------------------------------------
Autres versions :
-Bataclan 89
-inédits 95
-DVD “Plutôt guitare”
03 - Les trois sirènes et le miroir
Dans les eaux de la Seine,
M'en allant me noyer,
J'ai trouvé trois sirènes
Qui voulaient pas s' baigner,
Trois sirènes dans la brume
Qui me tendent un miroir
Où les néons s'allument
Avant d' me laisser voir
Celle qui m'a fait de la peine,
Jamais je ne l'oublierai.
Celle qui m'a fait de la peine,
Jamais je ne l'oublierai.
Tu vois celle qui se penche
Sur un lit de dollars.
L'autre a deux lignes blanches
Posées sur un poignard.
Prends les dollars de l'une.
Coupe l'autre au rasoir.
Va me chercher la lune
Et je t'attends ce soir.
Celle qui m'a fait de la peine,
Jamais je ne l'oublierai.
Celle qui m'a fait de la peine,
Jamais je ne l'oublierai.
Ma tête est dans la glace,
Plongée dans un miroir.
La Seine est dégueulasse.
Je n' pourrai plus la voir.
Non, non, non, je n' pourrai plus la voir.
Non, non, jamais je ne l'oublierai.
Celle qui m'a fait de la peine,
Jamais je ne l'oublierai.
Celle qui m'a fait de la peine,
Jamais je ne l'oublierai.
Paroles : Maxime Le Forestier
Musique : François Cousineau
Arrangements, piano, choeurs : François Cousineau
---------------------------------------------------
---------------------------------------------------
Aucune autre version existante.
04 - L’enfant et l’étang
Au bord d'un étang endormi,
Un enfant pose des questions :
"C'est quoi la nuit ? C'est quoi l'ennui ?
Où s'en vont mourir les avions ?
Qu'est-c' que tu crains, dis-moi, l'étang ?
On est seuls rien que moi et toi
Et je sais bien que tu m'entends.
Pourquoi tu ne me réponds pas ?"
Alors l'étang s'ouvre en douceur
Et prend l'enfant entre ses bras.
Il lui explique la douleur,
La vie, la mort, le feu, le froid.
"Raconte encore", lui dit l'enfant
Et le lac parle de la mer
Qui garde cachés ses trésors
Et ses vaisseaux et ses corsaires.
"Je sais bien d'autres choses encore
Mais il te faut rentrer chez toi.
C'est tard. Je dors.
Rentre vite. Ne prends pas froid."
Mais l'enfant questionne toujours
Et toujours lui répond l'étang.
Lorsque se lèvera le jour,
Il sera endormi, l'enfant.
Si vous passez un jour par là,
S'il vous semble entendre des voix,
Surtout, ne vous effrayez pas :
C'est l'étang qui parle tout bas.
C'est l'étang qui répond
À des questions,
C'est l'étang qui répond
À des questions.
Paroles : Jean-Pierre Kernoa
Musique : Gérard Kawczynski
Arrangements : Gérard Kawczynski
---------------------------------------------------
---------------------------------------------------
Aucune autre version existante.
05 - Courant d’air
C'est l'genre de fille
Que tu vois pas
Un goût 'vanille
On sait qu'elle est là
Courant d'air
Dans l'temps lourd
Courant d'air
Toujours trop court
Jamais d'mari
Jamais d'jaloux
Jamais d'maison
Jamais d'rendez-vous
Courant d'air
Fait son toue
Où elle erre
Et quand c'est son jour
Ca tombe bien, j'en ai pas
Des cadrans chez moi
Même pas une montre au bras
D'ailleurs une fille comme ça
Ça n'existe pas
Maison déserte
Minuit passé
Fenêtre ouverte
Ou carreau cassé
Courant d'air
En chaleur
Monte en l'ai
Cambrioleur
Quand elle te plaque
Même pas salut
La porte claque
Elle a disparu
Courant d'air
N'a pas le temps
(L'temps qu'on perd)
Pour les sentiments
Ca tombe bien, j'en ai pas
Sentiments tout ça
Même pas un coeur qui bat
Dommage qu'une fille comme ça
Ça n'existe pas
Avec ces lèvres
Elle m'a donné
La toux, la fièvre
Et la goutte au nez
Courant d'air
Est passée
Mal couvert
Tout enrhumé
Combien d'soupirs
Combien d'bougies
Qui s'éteignirent
Au milieu d'la nuit
Courant d'air
Passe un soir
Courant d'air
Te laisse seul dans l'noir
Ça tombe bien, j'en ai pas
Des bougies, chez moi
Même pas la queue d'un rat
C'est sûr qu'une fille comme ça
Ca n'existe pas
Paroles : Maxime Le Forestier
Musique : Gérard Kawczynski
Arrangements : Gérard Kawczynski
Christian Padovan : basse, choeurs
---------------------------------------------------
---------------------------------------------------
Aucune autre version existante.
06 - La petite vieille de Saint-Petersbourg
Autour d' Noël
Quand il gèle à Leningrad,
Un' petit' vieille me racontait :
"Y’a plus d'hiver.
Ça rend malade.
Les gens voient plus l'été.
Ils vivent à côté,
Au temps passé,
Presqu'au temps d' Saint-Pétersbourg.
Sur la Néva gelée
Roulaient des convois lents
Maint'nant si lourds
Que la glace et les quais
Tremblent d'y penser.
C'est l' dieu du temps,
C'est l' dieu du temps qui vieillit,
C'est l' dieu du temps qui s'ennuie.
Il sait plus comment va la terre.
Vodka whisky,
Tu mets tout à l'envers.
Ma jeunesse, ma jeunesse
Au palais d'hiver
Et la mémoire du temps qui part.
Et l'âme amère du temps qui s' perd
Alors il boit
Pour oublier qu'il vieillit,
Pour oublier qu'il s'ennuie,
Alors il fait n'importe quoi !
Sur les déserts
Fait planer de gros nuages
Qui porteront jamais la pluie
Mais des éclairs, mais des orages,
Inconnus jusque-là, pas connus
Moi je sais pourquoi.
C'est l' dieu du temps,
C'est l' dieu du temps qui vieillit,
C'est l' dieu du temps qui s'ennuie.
Il sait plus comment va la terre.
Vodka whisky,
Tu mets tout à l'envers.
Ma vieillesse, ma vieillesse
Connaît plus l'hiver
Ni la mémoire du temps qui part
Ni l'âme amère du temps qui s' perd,
Alors je bois
Pour oublier qu' je vieillis,
Pour oublier qu' je m'ennuie,
Alors je dis n'importe quoi !"
Autour d' Noël,
Quand il gèle à Leningrad,
Un' petit' vieille me racontait.
"Y’a plus d'hiver..."
Paroles : Maxime Le Forestier
Musique : Maxime Le Forestier
Arrangements : Jean Schultheis
---------------------------------------------------
---------------------------------------------------
Aucune autre version existante.
08 - Grand match de blues à Mineville
"Au grand match de blues de Mineville,
Peut-être qu'y faut pas qu' j'y aille.",
Pensait l' champion d' blues de Mineville
Dans l'eau d' sa piscine corail.
"Ils sont là
Tous à la fois,
Les mal dans leur cœur,
Les mal dans leur foie
Qui veulent qu'on les voie.
Sont tous à Mineville.
Bouffer d' la musique en pleurs.
J' suis pas un cow-boy, j' suis plus solitaire, j' voyage à la maison.
C'est pas des trucs à dire aux gens qui veulent qu'on broie du noir.
Au grand match de blues de Mineville
Peut-être qu'ils vont pas m' vouloir.
Un chanteur de blues à Mineville,
Y faut qu' ça pédale dans l' noir.
Du soleil
Plein sur la peau
Plonger ses orteils
À moitié dans l'eau.
Un verre à la main, c'est pas pour Mineville.
L'amour dans les p'tits matins,
Couplet sur la femme, refrain sur le fils, violons sur le final
En leur jetant des baisers si les gens m' jettent, j' l'aurai cherché.
Le grand match de blues de Minneville,
J' l'ai gagné l'année dernière.
J'ai eu mon prix d' blues à Mineville
À coups de tempos suicidaires,
Laminé,
Alcoolisé,
La tête à l'envers
Et mal aux poumons.
J' m'étais aperçu qu' c'est pas l' temps qui passe,
C'est nous qui passons dans le temps.
De plus en plus dur, j'étais pas l' premier à l'avoir découvert
Mais c'est bien sûr, ça, c'était bon pour chanter l' blues.
Qu'est-ce que je peux leur dire,
Aujourd'hui que j'ai
Un fou rire qui ne s'arrête jamais ?
Les gens ne croient pas.
Mes amis n' veulent plus m' voir, ils s' moquent de moi partout.
Tu sais tout c' qu'on dit ?
Tout l' monde est parti,
Les copains les filles et les autres
Et l' soleil aussi.
Tout seul sous la pluie, j' pouvais pas m'arreter d' rire
Et puis les journaux
Sont tombés d'en haut
Dieu est mort disaient les nouvelles.
Finies les prières
Et sans prières, c'est dur de faire du spiritual
Et puis ma guitare
M'a dit << j' te préviens,
Cette chanson-là, la,
Prochaine fois j' la joue en si bémol. >>
Au grand match de blues de Mineville,
C'est sur qu'il faut pas que j'y aille.
Fini le match de blues de Mineville,
Finie la piscine corail.
Pas d' malheur,
Pas d'argent,
Pas d' musique en pleurs,
Pas d'applaudissements.
J'ai plus qu'à mourir de rire loin de Mineville.
J'ai plus qu'à cueillir les fleurs.
Je pense à Mozart,
Je pense à son chien,
Je pense a mon destin,
Même ça, ça peut plus m' donner le prix du grand match de blues.”
07 - Berceuse triste
Mégot dans l'eau fait des bulles.
Sous-marins circulent.
La mer était un berceau,
Dodo l'enfant do.
J'aurais tant voulu t'écrire
Un truc à sourire,
Un conte à chasser la peur
Tout en couleurs
Mais qu'est-ce que tu veux ?
Faut visiter les impasses
Et les nuits passent
Et dans l' fond des bars de Montréal
Ou bien d'ailleurs, qu'est-ce que j'y peux ?
Les gens boivent ou les gens pleurent
Ou ils meurent ou ils cassent tout.
C'est la nuit, tout l' monde s'en fout.
Manie, manie, manivelle.
C'est la ritournelle.
Le moteur a tout raté,
Noyé, arrêté.
J'aurais tant voulu te faire
Chanson pour te plaire.
La rivière au bord de l'eau
Fait pas d' cadeaux
Mais qu'est-ce que tu veux ?
C'est l'angoisse que j'apprivoise
Et mon ardoise
Est au fond d'un bar de Montréal
Ou bien d'ailleurs, qu'est-ce que j'y peux ?
Que je parle ou que je pleure
Ou je meure ou je casse tout.
C'est la nuit, tout l' monde s'en fout.
Mégot dans l'eau fait des bulles.
Sous-marins circulent.
La mer était un berceau.
Dodo l'enfant do.
Paroles : Maxime Le Forestier
Musique : Jean Schultheis
Arrangements : Jean Schultheis
---------------------------------------------------
---------------------------------------------------
Aucune autre version existante.
09 - Le fermier, le dompteur, le président et l’autre
Moi plus tard disait le premier
Moi plus tard je serai fermier
J'aurai des poules et des oies
Des chiens des chiens des chiens des chiens
Au moins trois
Le second disait tout rêveur
Moi plus tard je serai dompteur
Et j'aurai des lions chez moi
Des tigres des tigres des tigres des tigres
Au moins trois
Le troisième disait méchamment
Moi plus tard je s'rai président
Et j'aurai la loi pour moi
Des flics des flics des flics des flics
Au moins trois
On viendra chez moi les jours de marché
C'est ce que disait le premier
Je ferai un zoo près de ma maison
C'est ce que disait le second
J'te prendrai tes lions j'te mangerai tes oies
Ainsi parlait numéro trois
Je n'sais pas c'qu'y sont devenus
Président dompteur de zébus
Ou femier ou rien du tout
Au fond au fond au fond au fond je m'en fous
Le seul qui m'amuse c'est le quatrième
Assis tout seul avec leurs femmes
Et qui les trouve belles
Paroles : Maxime Le Forestier
Musique : Maxime Le Forestier
Arrangements : Jean Schultheis
---------------------------------------------------
---------------------------------------------------
Aucune autre version existante.
Paroles : Jean-Pierre Kernoa
Musique : Maxime Le Forestier
Arrangements : Gérard Kawczynski
---------------------------------------------------
---------------------------------------------------
Aucune autre version existante.
10 - Dans ces histoires
Comme dans les nuits d'insomnie,
Images et magie,
Acides et lucides aussi.
Pleine lune et bougies
Des sorcières
En robes de mariées
Rampent autour d'un anneau d'or
Des panthères
En feuilles de papier
Flambent avant qu'on les adore.
Des bergères illuminées
Ont renversé
Du vin dans ma mémoire.
Viens me chercher
Si tu t'es cachée
Dans cette histoire.
Dans ces eaux, dans ces odeurs,
Danseuses et danseurs
Déguisés dans ces drôles d'heures
En moines et en sœurs
Font des rondes
Interminables
Et chantent avec des mots des rues
Sur un monde
Impitoyable
Et plantent un clou dans la vertu.
Quand un monstre imaginé
Vient les punir
Avant de les unir,
J'ai tant cherché
Si t'étais cachée
Dans ces délires.
Comme dans les nuits d'insomnie,
Pleine lune et magie,
Humide et rapide aussi,
L'image élargie.
Des mariées
En robes de deuil
Au marché vendent un anneau d'or.
Des sorcières
En forme de feuilles
Enflamment tous ceux qui les adorent.
Des paupières se ferment
Au jour naissant,
Lassées de prolonger le soir.
Va pas chercher
Ceux que j'ai cachés
Dans ces histoires.
© 1981 Éditions Coïncidences
Production 1981 : Éditions Coïncidences
Distribué par Polydor (France)
Paroles : Maxime Le Forestier
Musique : Gérard Kawczynski
Arrangements : Gérard Kawczynski
---------------------------------------------------
---------------------------------------------------
Aucune autre version existante.