lejouretlanuit.net est le site du magazine Marseille Le Jour et La Nuit

vendredi 10 avril 2009

 
 

Marseille Provence 2013

 

Polémiques, rivalités, conflits d’intérêts ou petits ajustements entre amis ?


Marseille Provence a remporté le label de capitale européenne de la Culture pour 2013. C’est une victoire inespérée qui risque d’être une manne économique pour une ville et une région qui en ont bien besoin. Les retombées économiques, lorsque Lille fut distinguée comme capitale européenne de la culture, furent plus que substantielles  pour la métropole du Nord. Il faut désormais transformer l’essai et tirer parti de cette chance.

C’est la réputation internationale de Marseille qui est en jeu. Or, lors du dernier conseil municipal de la Cité Phocéenne, la gouvernance de la capitale européenne a été au centre des joutes oratoires car la polémique grondait depuis quelques semaines.

Rappel des faits : L’association Marseille Provence 2013 est composée des grandes collectivités du territoire. Elle est dirigée par un président Jacques Pfister qui dès le 16 mars a tenu à rappeler les fondamentaux de l’association validés par le jury en septembre 2008. Il a rappelé notamment que c’est l’association et elle seule qui sélectionne les projets culturels à labelliser et que c’est l’association, via le budget alloué par les partenaires, qui engage les dépenses. « L’association est en ordre de marche, comme l’a prouvé son conseil d’administration du 29 janvier 2009, unanime pour confirmer Bernard Latarjet comme patron opérationnel. » Il a aussi insisté sur son désir que «  le jouer collectif demeure la règle dans le comportement de tous les acteurs de la capitale européenne de la culture ».

D’où est née la polémique ?

La polémique est née le 13 mars 2009 lorsque Renaud Muselier nommé « délégué spécial pour préparer 2013 » par Jean-Claude Gaudin a annoncé lors d’une conférence de presse la mise en place d’un guichet unique pour recueillir les projets culturels. Il a annoncé que les dossiers seraient  évalués par la Ville puis transmis au comité technique de l’Association. Ces déclarations ont provoqué un tollé général car il y avait deux guichets différents pour recevoir et sélectionner les dossiers, celui de l’Association et celui de la Mairie. Les élus de gauche notamment les maires d’Arles, de Martigues et de Salon ainsi que Michel Vauzelle, président du Conseil régional, Jean-Noël Guérini président du Conseil Général et Eugène Caselli président de la Communauté urbaine

Ont écrit une lettre ouverte à Jean-Claude Gaudin. Dans cette lettre, ils s’insurgeaient contre le fait que la Ville de Marseille se substitue au travail des partenaires et exclue l’ensemble des partenaires qui portent désormais de droit le projet.

La séance du Conseil municipal s’est déroulé fort courtoisement et sans passes d’armes belliqueuses. Jean-Noël Guérini a assuré qu’il était hors de question que Marseille oublie la Provence. Il n’y a pas sur l’affiche un rôle, un titre et des figurants… a-t-il déclaré. Jean-Claude Gaudin très consensuel a assuré qu’il s’agissait d’un malentendu, d’un quiproquos, d’une mauvaise interprétation de l’action entreprise par Renaud Muselier. Il a aussi assuré que Bernard Latarjet s’installerait l’automne prochain avec une équipe opérationnelle dans la Maison Diamantée. Jacques Pfister, au lendemain du Conseil municipal lors d’une rencontre avec des journalistes s’est déclaré satisfait et rassuré de l’évolution et de la résolution du conflit lors du conseil municipal. « Entre gens raisonnables, on va y arriver. Par nature, nous sommes au dessus des rivalités politiques » a-t-il ajouté. Le Conseil d’administration de Marseille 2013 s’est ensuite réuni le 6 avril 2009 et a rappelé dans un communiqué les principes de fonctionnement de l’association et a adopté la résolution suivante

- L’association Marseille Provence 2013 qui rassemble l’ensemble des collectivités du territoire, l’Etat et ses établissements publics, les représentants du monde économique et universitaire réaffirme le principe d’une démarche consensuelle dans son fonctionnement.

- Elle réaffirme aussi son indépendance et son autonomie dans le respect des droits de chaque partenaire.

- C’est l’association et elle seule qui assure la maîtrise d’ouvrage du programme culturel.

- C’est l’association et elle seule qui sélectionne les projets culturels et les labellise, conformément aux décisions du Conseil d’administration adoptées à l’unanimité le 29 janvier 2009.

Après ces quelques semaines de tensions, la place de chacun est clairement définie mais quelques zones d’ombres subsistent. Où donc est la place de Renaud Muselier ? Quel est son rôle ? En tant que délégué spécial pour préparer 2013 récemment nommé par le maire de Marseille, quelles sont ses responsabilités et ses prérogatives? Ces relations conflictuelles, quatre ans avant le point d’orgue de 2013  sont- elles les ultimes mises au point avant le démarrage de la préparation de cet événement culturel important ou les prémisses d’une rivalité entre hommes de pouvoir ? Aujourd’hui, dans le plus grand consensus, tout le monde pense que la deuxième possibilité est dénuée de fondement.

 
 
 

suivant >

< précédent

Accueil Editos Libres opinions Politique Economie Société Evénements Gastronomie Tourisme Mode Stars DVD Livres Cinéma Arts Théâtre Humour Scènes Nuits

lejouretlanuit.net est le site du magazine Marseille, Le Jour et La Nuit - Rédactrice en chef Catherine Merveilleux