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La vie thermale à la Belle Epoque : 
21 jours à La Bourboule, Paul EUDEL (1903)

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DIFFICILE DE NE PAS

FAIRE LE RAPPROCHEMENT

Rarement un article de la Montagne aura autant interpellé les Bourbouliens. C'est un peu comme si les turpitudes de Royat annonçaient point par point le proche avenir de la station.


Clermont Première Les thermes de Royat au bord de la faillite - vidéo publiée 25.9.09

Face aux 3 millions d'euros de déficits cumulés, la mairie de Royat élabore un plan de crise : l'économie devient objectif prioritaire, les acquis des employés sont en sursis. "Pas les emplois", insiste le maire, Marcel Aledo


La Montagne : Les Thermes de Royat prennent l'eau - vidéo publiée 26.9.09


Pendant ce temps, à La Bourboule,  on ne communique plus, mais alors plus du tout, façon de nier la réalité. D'ailleurs la communication tend à y être purement et simplement interdite, comme l'illustre la fermeture du Forum qui après avoir été maintenu sous pression depuis les dernières élections, a fini par céder à la multiplication des menaces.

Personne n'a la moindre idée objective de la situation financière, ni de la fréquentation de la Régie des Grands Thermes, et un lourd silence entoure la situation économique de La Bourboule qui sombre dans la tristesse et l'inquiétude générale.

L'opposition qui n'a cessé de prévenir les administrés de se qui se profilait, se contente d'attendre l'inéluctable dans un silence vaguement narquois. Il en va tout autrement de ceux qui ont milité pour l'actuelle municipalité dont les ambitieuses promesses électorales apparaissent de plus en plus illusoires, pour ne pas dire absurdes.

Et la situation risque de s'accélérer en raison du cumul de paramètres clairement défavorables à la vie économique de la station :

  1. Puce Les nouveaux critères de certification imposés aux maisons d'enfants par la Haute Autorité de Santé dès l'année prochaine,

  2. Puce La crise sanitaire créée par la pandémie de la grippe A, qui pourrait induire des dispositions draconiennes pour les dispositifs sanitaires à usage collectif,

  3. Puce La crise économique qui compromet sans doute pour plusieurs années encore le secteur touristique.

Les Grands Thermes seront ouverts pour la Toussaint nous dit-t-on. Toussaint.pdf

Une ouverture qui - de l'avis de tous -  ne peut être que largement déficitaire et donc financée par le contribuable. Au bénéfice de qui ? Les Bourbouliens l'ont déjà unanimement anticipé.

 


De gauche à droite : Le Général Maxime WEYGAND (Généralissime de l'Armée), Camille CHAUTEMPS (Vice-Président du Conseil des gouvernements Daladier, Reynaud et Pétain), 
l'Amiral DARLAN (Ministre de la marine du 1er Gouvernement Pétain, il deviendra Chef du Gouvernement jusqu'en avril 1942, les Ministres MARQUET, QUEILLE et DALADIER, Albert LEBRUN (Président de la République), 
le Maréchal Philippe PETAIN nouvellement Président du Conseil (qui 11 jours plus tard sera proclamé Chef de l'Etat Français), 
William BULLIT (Ambassadeur des USA, il abandonnera la diplomatie et entrera dans les Forces Françaises Libres avant que de devenir écrivain disciple du fondateur de la psychanalyse Sigmund Freud)
1er juillet 1940 : 
La Bourboule capitale éphémère 
de la France
Pourquoi vous le cacher, dans l'Histoire de La Bourboule, ce qui m'intéresse le plus, c'est ce qui est dissimulé, les non-dits, les omissions, les vérités édulcorées ou travesties. Car, à La Bourboule, il n'est jamais question de devoir de mémoire et c'est ce qui fait que la politique n'est depuis la guerre qu'une vaste compromission intellectuelle conduisant inéluctablement à une véritable CRISE IDENTITAIRE. Et aujourd'hui, à l'occasion de la CRISE THERMALE, ça devient simplement caricatural.
Un exemple, lorsqu'un médecin de La Bourboule publie un livre consacré essentiellement aux contentieux opposant les établissements et la Mairie et qui démontre de manière assez désordonnée mais sans ambiguïté que La Bourboule est fille de la Compagnie des Eaux, savez-vous quel titre il lui donne...? La Bourboule fille de Murat le Quaire, alors qu'aucune personnalité saillante de l'histoire bourboulienne n'est originaire de Murat, à l'exception de quelques modestes artisans et que ce n'est en rien le sujet de son livre.
Ce qui suit n'est connu de personne; quel écolier bourboulien n'a jamais entendu parler du séjour à La Bourboule du Gouvernement Chautemps et du Maréchal Pétain, en route pour Vichy... et pourtant c'est l'histoire de sa cité et un événement de l'Histoire Nationale des plus importants ? Qui sait que le Maréchal passe l'été 1943 à la Villa Pauline pour se "mettre aux abonnés absents" pendant que Pierre Laval est chargé de promettre aux autorités nazies une législation que la vieux Maréchal désapprouve et qui ne sera d'ailleurs jamais promulguée...?
Un gouvernement nomade
Simultanément à l’offensive allemande du 10 mai 1940 et à la débâcle de l’armée française, le gouvernement quitte Paris et se réfugie à Bordeaux. Après que la France ait été coupée en deux dans le cadre des accords d’armistice, l’Aquitaine se trouvant en zone occupée, il fallait déguerpir et s’installer au plus vite en zone libre. Lyon et Toulouse sont éliminées d'office en raison d'un contexte radical-socialiste et maçonnique trop marqué : restait l'Auvergne et l'énorme potentiel hôtelier de ses villes d'eaux désertées en raison des hostilités.














« Dans un effroyable désordre qui a frappé tous les témoins, la caravane de l’état français, réduite au nomadisme depuis un mois, était arrivée à Clermont-Ferrand le 29 juin, ministres, cabinets de ministres embryons de services se répartirent entre Clermont et les villes d’eaux environnantes, La Bourboule, Le Mont-Dore, Chatel et Royat. Après hésitation entre ces différentes villes thermales, c’est de Clermont que Vichy fut désignée comme capitale de la zone non-occupée, les hôtels y étaient nombreux et la plupart spacieux »
Il semble que Pierre Laval soit à l'origine du choix de Vichy, notoirement Pétain avait un faible pour La Bourboule (comme d'ailleurs, les autres Maréchaux de 14-18, Foch et Joffre, hôtes réguliers de La Bourboule depuis 1919), station tout particulièrement séduisante dans l'entre deux guerres. 
Le 1er juillet, le gouvernement en route pour Vichy fait étape à La Bourboule où va se dérouler un épisode historique décisif de la guerre.
Pour rappel, la Conservation des titres de la Société Générale avait été transférée par train spécial depuis son immeuble du Trocadéro dans l’Hôtel de Paris, le 12 septembre qui précède. Les bureaux du siège de la banque Rothschild (rue Lafitte à Paris) avaient été transférés à l’Hôtel des Anglais et probablement une partie au Cosmopolitain. 
A la mi-juin, le baron Guy de Rotschild a rejoint sa famille déjà installée dans une villa bourboulienne où ils resteront jusqu’à la fin de la guerre (nous reviendrons sur le vécu bourboulien du Baron Guy dans une autre page du site, mais sachez que la famille sera déchue de la nationalité française et plusieurs de ses membres mourront en déportation). D’après ses mémoires, son séjour à La Bourboule revêt une importance toute particulière puisque c’est là qu’il est devenu véritablement chef de la famille et patron de la banque du même nom.
Malgré la guerre, en ce 1er juillet 1940, en raison de l’installation de plus de 5000 « bancos » et « banquettes », la Bourboule est pour 5 ans peuplée à l’année presque comme en pleine saison.  
C’est dans ce contexte que l’ambassadeur des Etats-Unis, William Bullit (notoirement très proche de Roosevelt), arrive de Paris pour un large tour d’horizon avec ce qui reste d’autorité en France.
Après avoir rencontré ce même jour Albert Lebrun, Président de la République, le Maréchal Pétain, l’Amiral Darlan, Camille Chautemps, le Général Weygand, les Ministres Pomaret et Marquet, l'ambassadeur câble depuis La Bourboule un long compte-rendu à son ami le Président Franklin Roosevelt qui se résume - d’après nos sources bibliographiques - à ces propos :
« De façon extraordinaire, les responsables français entendent rompre totalement avec ce que la France a représenté depuis deux générations. Leur défaite physique et morale a été si totale qu’ils ont accepté que la France devienne une province de l’Allemagne nazie. Leur espoir est que la France soit une province favorite de l’Allemagne ». 
C’est en ces termes que les Etats-Unis prendront connaissance des suites de l’armistice.
Ce 1er juillet Pétain indique aussi à Bullit son projet pour l’administration de la zone libre : un nouveau système de gouvernance dont il éliminerait les députés. Objectifs : redonner aux français le sens du patriotisme, reprendre en main l’éducation abandonnée depuis des années à des instituteurs socialo-maçons, autant de causes de la défaite. Autant de missions qui seront confiées à Georges Lamirand jusqu'en 1942 (il sera élu après-guerre Maire de La Bourboule). 
Le serment de La Bourboule
Mais ce n’est pas le plus important, car c’est à La Bourboule, ce même jour, que le Gouvernement décide de protéger la Marine française de l’agresseur et cet engagement aura valeur de serment, serment sur lequel le vieux militaire ne reviendra pas. C'est à l'occasion de ses entretiens avec Bullit que Pétain garantira à son interlocuteur américain que les navires français ne tomberaient jamais aux mains de l’Allemagne, la Flotte ayant consigne de se saborder intégralement si on cherchait à se l’approprier. C'est un terrible engagement car le pays dispose alors, sous l'impulsion de Darlan, de la plus belle flotte de navires de guerre que la France n’ait jamais eue.
27 novembre 1942 : Sabordage de la Marine française en rade de Toulon
Et ce serment sera effectif puisque deux ans plus tard, le 27 novembre 1942, Hitler déclenche personnellement depuis Berlin l’Opération Lilas, qui, en contradiction avec les accords d’armistice, tente de s’emparer de la flotte de guerre française. L’armée allemande se présentera aux portes de l’Arsenal à 4h50, mais le sabordage a été scrupuleusement préparé. A 5h25 le bâtiment amiral Le Strasbourg lance par radio l’ordre général d’évacuation et de sabordage suivi du retentissement des premières explosions. Le vacarme est tel que beaucoup de Toulonnais croiront à un tremblement de terre. Certains bâtiments brûleront pendant  plusieurs jours.
Au soir du 27 novembre 90 % de la Marine française est détruite, soient au total 3 cuirassés, 7 croiseurs, 15 contre-torpilleurs, 13 torpilleurs, 6 avisos, 12 sous-marins, 9 patrouilleurs et dragueurs, 19 bâtiments de servitude, 1 bâtiment-école, 28 remorqueurs et 4 docks de levage. L’Amiral de Laborde attendra un ordre personnel du Maréchal pour quitter son navire.
C’est historiquement le plus grand désastre que la Flotte française ait jamais connu, mais c’est ainsi que Pétain et la Marine devaient honorer le serment du 1er juillet 1940. 

Biblio Internet :
http://www.netmarine.net/forces/operatio/sabordage/index.htm
Bibliographie : 
VICHY ANNEE 40, Robert Laffont – 1966
TERRA Raymond, Le Bouclier de papier - Publibook - 2008 (Chapitre : Des péripéties et de l'or pour La Bourboule)
ROTHSCHILD Guy, Contre bonne fortune, Ed Belfond 
AMOUROUX Henri, La Grande Histoire des Français sous l'occupationhttp://www.netmarine.net/forces/operatio/sabordage/index.htmhttp://www.netmarine.net/forces/operatio/sabordage/index.htmshapeimage_4_link_0shapeimage_4_link_1