COMMUNIQUE IMPORTANT :
Post-it de M. Frédéric Ferrandi sur le Forum Bourboulien, aujourd’hui à 17h20
au sujet Grands Thermes :
“La situation sera clarifiée lors de l'Assemblée Générale des actionnaires de la STB
le 17 décembre 2008”
EDITORIAL : JEAN QUI PLEURE, JEAN QUI RIT

Singulier Conseil Municipal que celui-là : au terme de deux heures consacrées aux questions à l'ordre du jour, le premier élu a annoncé, comme pour répondre à une question subsidiaire, que la société délégataire des Grands Thermes a décidé la cessation d'activité au 31.12.08.
C'est une information à prendre avec prudence, tant la situation du thermalisme bourboulien est devenue complexe et embrouillée en quelques années. Il est préférable d'attendre que cette annonce se confirme, car elle pourrait n'être qu'une des péripéties de difficiles négociations entre la STB et ses créanciers.
Cette décision qui fait suite à 4 années de difficultés et à des investissements importants de la part de la Commune peut laisser perplexe. Pour se justifier, ces investissements supposaient la continuation de l'activité de la STB, toutes les autres solutions de rechange semblant obstruées, pour ne pas dire inconcevables dans la suite des malencontreuses improvisations auxquelles nous avons assisté.
La gestion directe de l'Etablissement par la Commune est une perspective assez hasardeuse, compte tenu d’échecs récents dans ce même thermalisme d’Auvergne. Et il est à peu près certain que les pouvoirs publics s'y opposeront en arguant de leur analyse de la gestion communale des deux dernières années.
Mais tout le monde conviendra que nous sommes maintenant aux antipodes des promesses d'un programme électoral devenu aujourd'hui parfaitement surréaliste : "une situation assainie aux Grands Thermes, de nouveaux équipements...et un budget excédentaire".
Comment en arrive-t-on là ?
Les comptes de la STB pour l’exercice 2007 viennent d’être publiés sur Infogreffe et correspondent à ce que nous annoncions dès le printemps dernier :
Pertes annoncées par mabourboule.com : 83.847 €

1 - Pendant la période d’observation de la procédure de sauvegarde, le nombre de cures a diminué d’environ 380 curistes. C’est une baisse très significative. Or le constat en phase d’observation d’une baisse de la clientèle est certainement un élément qui pourrait tendre, aux yeux des magistrats, à rendre inopportune la poursuite de l’activité.
2 - Et ce qui pourrait être plus alarmant, c’est que (d’après nos informations), cette baisse ne correspond pas essentiellement aux collectivités d’enfants dont tout le monde connaît la situation de récession, mais concerne également les autres segments de clientèle : les cures individuelles, adultes et enfants accompagnés.
Certes, pendant ces 12 mois, la STB n’a pas augmenté son passif, la raison en est simple, elle n’en a pas le droit dans le cadre d’une procédure de sauvegarde, comme dans toutes les situations de dépôt de bilan. Mais la STB aborde donc en principe le terme de cette phase d’observation renouvelée dans des conditions qui ne sont pas idéales.
3 - Mais il faut savoir que si le fait d’aller porter sa comptabilité au Président d’un Tribunal de Commerce est pour un chef d’entreprise l’aveu d’une impasse financière, c’est aussi, paradoxalement, une position de force lorsqu’un nombre significatif d’emplois est en jeu, ou que l’avenir de tout un bassin d’activité est en péril, ou qu’une entreprise est emblématique d’une collectivité territoriale ou encore, est économiquement indispensable à la survie de ladite collectivité. Dans ces différents cas de figure, une logique de maintien de l’activité tend à s’imposer et le chef d’entreprise dispose d’un large « boulevard de négociation » : reports et étalements des dettes et redevances, moratoires, même si la conjoncture de l’entreprise et la conjoncture économique générale sont défavorables.
4 - Au delà du soigneux « huis clos » qui entoure depuis quelques mois les concertations en cours et la vie politique locale, la Municipalité de La Bourboule ne pouvait pas ne pas offrir au délégataire d’un établissement aussi emblématique, les plus grandes facilités, même si elles avaient les plus fâcheuses conséquences pour l’équilibre de sa propre comptabilité, ou la fiscalité locale.
Dans le contexte de la situation de la STB, on peut considérer qu’un ensemble d’échéances insurmontables se profilent. La plus fatidique, la plus inéluctable de ces échéances, est certainement l’évolution des critères de Certification des Etablissements de Santé, imposés par la Haute Autorité de Santé et dont la mise en œuvre vient d’être repoussée à l’été 2010. A cette date, il est clair que la STB se trouvera privée d’une part, au moins très significative, de sa clientèle, à supposer que la crise économique en cours n’ait pas d’incidences trop directes d’ici là.
5 - Pour rédhibitoires qu’elles puissent sembler, les autres échéances pouvaient toutes être « gérées » jusqu’à cette date : report d’endettement, renvois d’audiences, reports d’échéances financières, ou mise en sécurité des installations.
Nous n’hésiterons donc pas à affirmer que la phase d’observation devait se solder par un plan négocié de continuation. Alors que s’est-t-il passé ?
Comme mabourboule l’a souvent affirmé - et personne aujourd’hui ne peut honnêtement le contester - La Bourboule traverse la phase la plus tragique de son histoire.