Communiqués
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Communiqué du 26 janvier 2009
Le Mouvement du 2 juin salue le travail des sénateurs sur la réforme de l'audiovisuel public.
L’ensemble des créateurs de l'audiovisuel et des citoyens qui composent le Mouvement du 2 juin constatent, après le vote du 16 janvier, une amélioration sur un certain nombre de points.
Notamment :
•la hausse sensible de la redevance rebaptisée "contribution aux organismes de l'audiovisuel public" et l’assujettissement des ordinateurs qui traduisent un premier engagement à une recherche de financement pérenne et légitime du service public de télévision et de radio
•l'audition par le Parlement, des Présidents pressentis pour diriger les chaînes de France Télévisions et de Radio France
•la révocation de ces présidents à l'accord des 3/5e des membres des commissions compétentes du parlement
•la nomination d’un journaliste à la direction de la rédaction de chaque chaîne publique diffusant des journaux
•l'affirmation du droit des journalistes de France Télévisions de refuser toute pression, de divulguer ses sources ou d'accepter un acte contraire à son intime conviction professionnelle.
Le Mouvement du 2 juin appelle solennellement les futurs membres de la commission mixte paritaire à consolider ce vote et à adopter ces amendements afin de conforter l'indépendance et le financement de l'audiovisuel public.
Communiqué du 24 novembre 2008
Après la soirée du 15 septembre au Châtelet qui a rassemblé plus de 1500 professionnels, conformément aux engagements qu’il avait pris, le comité d’organisation du Mouvement du 2 juin a poursuivi ses actions.
Il a rencontré les représentants des différents groupes parlementaires, a été reçu par le cabinet de Monsieur Accoyer, Président de l’Assemblée Nationale et par Messieurs Patrick de Carolis et Patrice Duhamel, Président et Directeur Général de France Télévisions.
Il a été auditionné par Monsieur Legendre, Président de la Commission des Affaires Culturelles du Sénat, Madame Morin Desailly et Monsieur Thiollière, rapporteurs de la réforme engagée.
Soucieux d’un service public de télévision ambitieux, pluraliste et indépendant, le Mouvement du 2 juin a formulé un certain nombre de remarques et de propositions d’amendements sur le texte de loi.
Las, à la veille du débat, après lecture des amendements proposés par la commission spéciale et malgré les promesses et les engagements du gouvernement, le Mouvement du 2 juin exprime sa très forte inquiétude sur l’avenir de l’ensemble de l’audiovisuel public.
-Révocation du Président de France Télévisions par simple décret avec à la clef un nouveau contrat d'objectifs et de moyens.
-Financement non-pérennisé et revu à la baisse par des taxes fluctuantes prélevées sur les éditeurs de télévision, les fournisseurs d'accès à Internet et les opérateurs de mobiles en fonction de leur chiffre d’affaires.
-Centralisation des unités de programme toutes chaînes confondues pour raisons économiques.
-Nouveau cahier des charges intenable, etc.
La loi votée en l’état marquerait la paupérisation du service public de télévision et à court terme le risque de son démantèlement, ce qui serait sans précédent dans l’Union Européenne.
La création audiovisuelle œuvre au rayonnement de notre pays et de notre langue. La télévision publique est le principal garant de la diversité culturelle et d’une information honnête, complète et pluraliste. Son financement doit être pérenne et dynamique.
Le Mouvement du 2 juin en appelle vigoureusement à la responsabilité de tous les députés pour que lors des débats, ils gardent à l’esprit que la télévision publique appartient à tous les citoyens français.
Une telle richesse ne peut être soldée !
Le comité d’organisation du Mouvement du 2 juin
Paris, Théâtre du Châtelet, le 15 septembre 2008
Mesdames et messieurs les Parlementaires,
Vous allez voter une loi qui engagera durablement l’avenir de la Télévision française et de la création de notre pays.
L’enjeu est de première importance puisqu’il concerne tous les équilibres, culturels, financiers et industriels de l’audiovisuel Français.
Ce soir, nous attirons solennellement votre attention sur les conséquences de vos choix.
1.- Mesdames et messieurs les Parlementaires,
Si vous votez le financement de l’audiovisuel public français en l’état, alors vous allez le priver de ses ressources pérennes et l’appauvrir aussi gravement que durablement.
Dans les propositions actuelles, le compte n’y est pas.
Il l’est d’autant moins que, dans le même temps, les mesures qui assouplissent les règles publicitaires des chaînes privées renforcent considérablement ce dernier et rompent le nécessaire équilibre avec le secteur public.
Si vous adoptez un financement incertain, insuffisant et contesté, vous allez propulser l’audiovisuel public vers un déclin inéluctable qui lui fera perdre la bataille des images dans la compétition mondiale.
2.- Mesdames et messieurs les Parlementaires,
Si vous supprimez ou révisez à la baisse les obligations de productions d’œuvres patrimoniales alors vous allez créer une standardisation des programmes. Vous porterez atteinte à l’exception culturelle française qui, à la pointe de l’Europe, a préservé jusqu’à présent la création originale :
-Son industrie déclinera ;
-Sa production cinématographique comme télévisuelle seront réduites à leur plus simple expression ;
-Le rayonnement international de la France ainsi que celui de sa langue connaîtront un recul aussi grave qu’irréversible.
3.- Mesdames et messieurs les parlementaires,
Si vous votez la désignation et la révocation du Président de France Télévisions par le seul Pouvoir Exécutif, alors la France reviendra sur plus de vingt ans de progrès démocratiques en matière :
- d’indépendance des médias ;
- de pluralisme d’informations ;
- de diversité culturelle.
Mesdames et messieurs les parlementaires,
Toute réforme n’est pas automatiquement synonyme de progrès :
La France est aujourd’hui engagée dans une bataille des images.
Les révolutions technologiques la mettent face à des défis qui imposent le changement et la modernisation de ses outils.
Nous y sommes tous prêts.
Mais la réforme qui vous est soumise ne permet aucunement de relever ces défis.
En son état actuel, ce projet de loi constitue,
-un risque réel d’appauvrissement,
-une régression culturelle mais aussi économique de la création,
-une récession notable de la production audiovisuelle
Nous, créateurs, avons déjà commencé à en subir les conséquences.
Il n’est pas trop tard pour agir et éviter que les Français pâtissent des effets d’une réforme mal conçue.
Mesdames et messieurs les Parlementaires,
Dès demain, le «Mouvement du 2 juin – Pour que vive la télévision publique» appellera pour prendre rendez-vous et apporter nos propositions,
Au Président de l’Assemblée nationale.
Au futur Président du Sénat qui sera élu début octobre.
Aux Présidents des groupes politiques parlementaires.
Aux deux Présidents des Commissions parlementaires dans lesquels sera débattu ce projet de loi.
Communiqué du 3 septembre 2008
Le 8 janvier 2008, le Président de la République a annoncé qu’il voulait supprimer la publicité sur les chaînes de la télévision publique.
Soucieux de la qualité et de la diversité des programmes, les créateurs de l’audiovisuel ont immédiatement saisit la pertinence mais aussi, l’intérêt qu’une telle réforme représente pour consolider le secteur public de la télévision, d’autant plus que les enjeux pour la télévision publique et les téléspectateurs sont fondamentaux pour eux.
Les Pouvoirs publics n’ont aucunement répondu à cet espoir. En revanche, ils ont confirmé un peu plus leurs craintes. Aussi la mobilisation des créateurs s’est-elle renforcée depuis le 2 juin. Ce sont, désormais, 45 organismes - soit la quasi totalité des organisations du secteur audiovisuel - qui la soutiennent.
Parce qu’ils veulent soutenir la création et l’innovation ;
Parce qu’ils tiennent à l’indépendance des médias ;
Parce qu’ils veulent construire la télévision publique de demain et les médias du futur ;
Parce qu’ils défendent le rôle et la place de l’audiovisuel public au cœur de la société française ;
Parce qu’ils souhaitent l’indépendance des médias ;
Parce qu’il est indispensable d’être écoutés et entendus de la représentation nationale qui votera la future loi :
Les acteurs de l’audiovisuel vous invitent
Théâtre du Châtelet
Lundi 15 septembre à 20h
Animateurs,artistes, auteurs, chanteurs, comédiens, compositeurs, critiques, danseurs, distributeurs, écrivains, étudiants de l’audiovisuel, journalistes, metteurs en scène, musiciens, producteurs, réalisateurs, responsables de programmes, scénaristes, techniciens et téléspectateurs seront les artisans de cette soirée ouverte au public et s’adressant à lui.
Communiqué du 17 juillet 2008
Le 15 septembre 2008, soirée militante pour que vive la télévision !
Artistes, chanteurs, comédiens, compositeurs, critiques, danseurs, distributeurs, écrivains, étudiants de l’audiovisuel, journalistes, metteurs en scène, musiciens, producteurs, réalisateurs, scénaristes, techniciens et téléspectateurs, regroupés au sein du mouvement du 2 juin, se mobilisent pour que vive la télévision.
Ils invitent l’ensemble des citoyens à manifester leur attachement à un service public de télévision et au pluralisme des médias.
Aujourd’hui, les propositions et les réformes engagées mettent en cause la survie même de notre télévision publique et sa liberté éditoriale. L’indépendance et le pluralisme de l’information sont menacés par la nomination du président de France Télévisions par le pouvoir exécutif et la faiblesse de son financement.
La télévision est la première des pratiques culturelles contemporaines.
La création audiovisuelle française est un formidable vecteur pour le rayonnement de notre pays et de notre langue. Un tel outil de culture et d’information ne peut être détruit. Bien au contraire. La Télévision Publique doit être au centre de l’innovation et de la création.
Le mouvement du 2 juin pour que vive la télévision exige une télévision publique indépendante, ambitieuse, disposant d’un financement pérenne à la hauteur de ses missions
Il est encore temps de dire non au démantèlement et, ensemble, de dire oui au pluralisme et à un service public de télévision respectueux du public dans sa diversité
Le Mouvement du 2 juin pour que vive la télévision sera présent tout au long de l’été dans les festivals, universités, manifestations où il pourra prendre la parole.
Il vous donne rendez-vous :
le 15 septembre 2008
au
Théâtre du Châtelet à Paris.
Communiqué du 3 juillet 2008
Le Président de la République a fait preuve - en reprenant quasiment mot pour mot ses propositions du 8 janvier - d'un regrettable manque de considération tant à l'égard des membres de la Commission qu'il a nommés qu'envers l'avis unanimement formulé par les professionnels de l'audiovisuel.
Les moyens envisagés pour financer le service public audiovisuel sont aléatoires et incertains sur les plans tant juridique qu'économique. Si elles sont validées, ces ressources seront nécessairement à la charge de tous les foyers, notamment les plus modestes puisqu'ils sont tous - à un titre ou à un autre - utilisateurs d'Internet ou du téléphone.
Il ne serait pas acceptable de réduire le service public à une télévision au rabais, à qui on demandera avant tout de ne pas faire d'ombre aux chaînes privées.
Ces propositions mettent en cause la survie même d'une télévision publique digne de ce nom, c'est-à-dire ambitieuse à l'égard des citoyens, sans complexes à l'égard de la télévision commerciale, porteuse de toutes les formes de la création et de la culture.
Les organisations signataires, qui représentent collectivement tous les participants de la création audiovisuelle et un grand nombre de téléspectateurs, appellent solennellement les députés et les sénateurs à prendre la mesure des enjeux et d'approuver les seules propositions à même d'assurer un véritable renforcement de la télévision publique.
Signataires
ACID, ADAMI, ADDOC, AGRAF, APC, A-SUIVRE.ORG, AST, ETAL’ART,
ETATS GENERAUX DE LA CULTURE, F3C CFDT, FEDERATION NATIONALE SAMUP,
GROUPE 25 IMAGES, LIGUE DE L’ENSEIGNEMENT, PIAF, ROD, SACEM,
SAMUP, SATEV, SEDPA, SFA, SFAAL, SFCCFT, SNAC, SNMS, SPEDIDAM, SPI, SPPAM,
SRF, SYNDEAC, UCMF, UGS, UNAC, USPA.
Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy du 19 juin 2008
Monsieur le Président,
Au mois de mai dernier, plus de trente organisations, représentant des compositeurs, des scénaristes, des réalisateurs, des acteurs, des musiciens, des producteurs, des distributeurs, des techniciens, en un mot toutes les composantes de la création audiovisuelle, ont jugé indispensable d’en appeler à l’opinion pour défendre la télévision publique, instrument crucial du lien social comme de la culture de notre pays, et la création audiovisuelle, moyen essentiel d’accès à la culture pour la grande majorité de nos concitoyens.
Le 2 juin, à l’appel de ces organisations, plus de 1500 personnes se sont rassemblées aux Folies-Bergère, pour exprimer à la fois leur affection pour la télévision publique, et leur angoisse quant à l’avenir que semble lui préparer la réforme que votre gouvernement a lancée.
Le 4 juin, vous avez accepté, événement sans précédent auquel nous avons été sensibles, de recevoir une délégation de nos professions. Lors de cette rencontre, nous vous avons notamment exposé deux demandes cruciales à nos yeux : la garantie que le financement de la création audiovisuelle par France Télévisions serait maintenu, de 2008 à 2012, au niveau prévu par le Contrat d’Objectifs et de Moyens, et des assurances quant aux ressources du service public en 2008 et surtout en 2009, année pour laquelle nos préoccupations collectives sont très grandes.
Sur le second point, vous vous êtes limité à réaffirmer devant nous vos engagements antérieurs. Sur le premier, vous vous êtes engagés à nous rassurer par écrit.
Malheureusement, la lettre que vous nous avez adressée le 16 juin dernier ne répond nullement à nos attentes, ni à vos déclarations.
Vous nous indiquez « attacher du prix à ce que France Télévisions, en 2008, accomplisse tous les efforts possibles pour la réalisation des objectifs fixés par le COM ». Il est évident qu’il ne s’agit là nullement d’une garantie de résultat, ni de la part de France Télévisions, ni de la part de son actionnaire. Les dirigeants de France Télévisons ont d’ailleurs déjà déclaré publiquement que cet objectif ne serait sans doute pas atteint.
Au contraire, les termes que vous employez montrent que le Gouvernement, pourtant engagé par la signature du COM, n’entend pas demander à France Télévisions sa mise en œuvre, et ceci au motif que la Télévision publique subirait des « contraintes de gestion », contraintes qui ne peuvent pourtant lui être imposées que par son actionnaire unique, l’Etat.
Ce refus d’engager pleinement l’autorité de l’Etat dans la réalisation d’un objectif pourtant modeste (ces engagements ne représentent que 15% du budget total de France Télévisions), témoigne malheureusement du désintérêt des Pouvoirs publics à l’égard de la création, du financement des oeuvres audiovisuelles et cinématographiques et des industries de l’image. Alors même que chacun sait le rôle essentiel que ce domaine d’activité représente aujourd’hui en terme d’emploi, d’impact économique et d’image de la France sur les télévisions étrangères et surtout représentera demain, dans la position et l’influence d’un pays.
Nous prenons acte avec regret et une inquietude redoublée de ce qui nous apparaît comme un abandon d’une dimension historique essentielle de la politique de la France : la place accordée à la culture.
Les professionnels que nous rassemblons entendent naturellement poursuivre avec toute leur détermination leur action pour sauvegarder la création audiovisuelle.
C’est dans cet état d’esprit que nous vous prions de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de notre très respectueuse considération.
Pour le comité d’organisation du Mouvement du 2 juin
Fabienne Servan Schreiber
Communiqué du 17 juin 2008
Les signataires de l’appel du 2 juin partagent les inquiétudes des personnels
de France Télévisions.
Ils souhaitent témoigner leur solidarité avec le mouvement de grève prévu le 18 juin 2008.
Ils appellent les professionnels et l’ensemble du public de la télévision à venir défendre leur service public de l’audiovisuel, en participant à la manifestation prévue de Bastille à République le 18 juin à partir de 14h.
Communiqué du 6 juin 2008
Une délégation du comité d’organisation de l’appel du 2 juin représentant les professionnels de la création audiovisuelle a été reçue le 4 juin par le Président de la République, Nicolas Sarkozy, à sa demande.
Elle a rappelé les demandes des créateurs :
•Mise en place d’un financement dynamique et pérenne de France Télévisions.
•Dans l’immédiat, assurance que le financement de France Télévisions sera bien consolidé pendant toute la durée de la transition et de la mise en place de la réforme, que les pertes de recettes publicitaires seront compensées en 2009 comme en 2008 et que les contributions normalement assises sur le chiffre d’affaires seront bien garanties.
•Protection de la création française par le maintien du financement de la production d’œuvres originales françaises, par tous les diffuseurs, au moins à son niveau actuel.
•Garantie du financement par France Télévisions de la création audiovisuelle au niveau prévu par le Contrat d’Objectif et de Moyens (COM), soit 364 M€ en 2008, et 375 M€ en 2009, croissant jusqu'à 420 M€ en 2012.
Le Président de la République a réaffirmé sa détermination à mener à bien la réforme prévue dans des délais rapides. Il a rappelé son attachement à une télévision publique forte et puissante qui marque sa différence par rapport aux chaînes privées. Il a renouvelé son engagement à compenser intégralement les recettes publicitaires perdues et a déclaré être prêt à confirmer par lettre l'engagement de sécurisation du financement de la création audiovisuelle par FranceTélévisions ces deux années de transition et les années à venir.
Lors de cet entretien, il s’est dit déterminé à protéger la création française aussi bien chez les diffuseurs publics que privés mais sans s’engager à maintenir les obligations de production d’œuvres patrimoniales.
Le Président a souhaité poursuivre le dialogue avec les créateurs audiovisuels.
Les signataires de l'appel du 2 juin prennent acte de ces engagements.
Ils resteront vigilants tout au long des prochains mois sur ces questions qui sont vitales pour la création audiovisuelle ainsi que sur celles qui sont restées sans réponse.