2001 Vietnam

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Saigon, 5 juin 2001
Quelques nouvelles du pays des tongs ... où je suis arrivée hier après midi après plus de 24 heures de voyage, dont 7 heures d'attentes à l'aéroport de Kuala Lumpur, ce qui m'a donné le temps de lire en entier l'unique livre acheté à Roissy, Brazzaville Plage, de William Boyd.
Mon premier contact avec le Vietnamien fut dans le second avion, entre Kuala et Saigon, lorsque le steward me demanda si je voulais des Chinese Beef Nooddles ou du 'Ben Tang dien Fang" (ou quelque chose comme ça)...sans traduction biensur... Lorsque je lui ai demandé de traduire, il s'est marré... Effectivement, difficile de traduire "boule de riz violette fluo accompagnée de beignets roses et oranges...
Mon second contact marquant avec un vietnamien fut lors de mon arrivée à l'hôtel indiqué par David et Marie, merci merci... dans une petite rue tranquille de Saigon (Ho Chi Minh), ce qui est plutôt rare ici vu le bruit constant des motos et de leurs klaxons...
Gaelle : "Je paye maintenant en prenant la chambre ou lorsque je quitterai l'hôtel dans deux jours ?"
Réponse du tenancier : " Oui oui..."
Gaelle : " Non mais maintenant ou plus tard ?"
Réponse du tenancier : "Oui oui..."
Ce matin, ce charmant vieux propriétaire de l'hôtel est venu frapper pendant quelques minutes à ma porte vers 9heures...
"Madam, are you sick ? Are you sick ? Are you sick "?
Le temps de me réveiller, décalage horaire oblige...
Evidemment ici... toute personne normale se réveille dès cinq heures du matin je suppose... alors, je devais faire tache...à être encore endormie si tard...
Enfin j'ai passé ma journée à me balader, guidée par un gentil cyclo pousse dans tout saigon, jusqu'aux marchés de Cholon, en voyant en passant:
- un pauvre rat se faire écraser alors qu'il traversait sur un passage piéton...
- un aveugle jouant de la guitare électrique sur le trottoir,
- des hippocampes et lézards séchés et aplatis, pour aromatiser certains breuvages...
Les femmes ici portent soit des chapeaux "chinois", soit sont élégamment vêtues, avec un foulard sur le visage et une casquette, telles des terroristes masquées, ne laissant transparaître que leurs yeux, leurs bras étant couverts par de longs gants jusqu'au bas des épaules, afin de ne laisser nulle chance à la pollution et au soleil de ternir ou noircir leur peau...
Demain matin, départ pour la plage de Muine, sable blanc et cocotiers... et oui, après pollution et bruits des villes, silence de bord de mer et volupté...

En attendant, je m'en vais commencer un nouveau livre échangé contre Brazzaville Plage, dans une échoppe de Saigon, intitulé " Un américain bien tranquille, histoire romancée sur fond de guerre d'Indochine... afin de ne pas bronzer idiote demain après midi...
Plein de soleil à vous
Gaelle
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08 Juin 2001 Nha Trang
Après cinq heures de route depuis Saigon, j'étais sur la plage de Mui Ne à la recherche d'un hôtel. Le Coco beach Hôtel étant fermé pour rénovation, je me retrouvais dans une cabane en bambou à 10 dollars la nuit, avec salle de bain attenante en dur.
Pour compagnons, deux autres touristes, un Vietnamien avec qui je parlais longuement de la situation actuelle au Vietnam et son camarade Tchèque, qui ne parlait que Tchèque... et une vingtaine de Vietnamiens en famille avec Karaoké sur la plage des huit heures du matin...
Baignade dans une mer tiède, lecture au soleil ou à l'ombre des palmiers, balade sur les dunes de sable, photos, et une longue marche le long de la côte avec ses pêcheurs.



Lever de lune sur Mui Ne, à l'heure où la nuit est pleine, et les crabes sortent par centaine le long de la plage.

Je me suis d'abord demandé si il ne s'agissait d'un feu de forêt au loin, jusqu'à ce que cela prenne une forme demi circulaire orange foncée, tel un second levé de soleil... Il était 20 heures et je n'avais bu qu'une petite bière...
Le soleil ne pouvait donc pas se lever une seconde fois... Et oui c'etait la lune, belle et orange, qui montait dans le ciel en dix minutes à peine.
Puis des enfants de l'hôtel d'à côté sont venus me tenir compagnie, près de mon petit transat à quelques mètres de la mer.
Je sais donc que la lune se dit Tchang et les étoiles Chow...
Puis j'eu le droit au classique : "Madam, please, sing a song...!"
" No, you, sing me a nice vietnamiese song", fut ma réponse... jusqu'à ce qu'ils enchaînent en coeur " Frère Jacques, Frère Jacques, dormez vous, dormez vous"...
Ce soir, j'écris de Nha Trang, ville balnéaire bondée de touristes vietnamiens. Je partage ma chambre avec vue sur la mer, avec une autre française, rencontrée dans le bus.
Nous revenons du Red Star et de son excellent Barbecue de poisson. Demain, balade entre les îles, avec Tee shirt manche longue, et chaussettes... ayant pris de terribles coups de soleil sur les pieds et les mains, seuls endroits où j'avais oublié de m'enduire de crème solaire...
Puis vers 19 heures, bus pour Hoi An.
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11 Juin 2001
Après plus de 13 heures de bus de nuit sur une route en continuels travaux, sur laquelle le chauffeur est de ce fait obligé de slalomer... Hoi An, petite ville charmante aux influences chinoises par son architecture, sans oublier également les traces de la colonisation française.


L'ambiance me rappelle de suite Pondichéry. Il fait bon y circuler en vélo, se perdre dans les ruelles au gré de ses envies. Aller chez l'habitant prendre le thé, discuter de l'ancienne présence des français dans cette ville, parler politique et culture...
Je voyage depuis Nha Trang, avec une parisienne rencontrée sur le chemin, et un franco-brésilien en quittant cette même ville.
Notre petite équipe nous permet donc de rester deux jours au Ving Hung 2, sympathique hôtel avec ses lampes chinoises et sa piscine intérieure. Nous avons pris une chambre triple, climatisée, à 20 dollars au total pour 3.
Heureusement qu'il est affiché sur la porte de la chambre qu'il est interdit par la loi vietnamienne, aux personnes de sexe opposé, de loger dans une même chambre, sans certificat de mariage ou livret de famille prouvant la parenté...
Je connais mes compagnons de route depuis deux jours... et eux même ne se connaissaient pas davantage avant...
Ce matin, lever à 5 heures pour moi et le brésilien, afin d'être dès 5 H 25 sur le marché au poisson.

Sur le chemin, le long de la rivière, nous croisons un vieil homme faisant son Tai Chi...
Le marché au poisson, un petit régal pour les amateurs de photos que nous sommes, les femmes et leurs chapeaux "chinois", circulant sans nous prêter attention, dans tous les sens (telle une ruche remplie de ses ouvrières en action) pour décharger les barques de leur poisson et vendre ou acheter au meilleur prix toutes sortes de crustacés.



Retour pour moi à l'hôtel vers 7h30 et sieste jusqu'à midi, histoire de rattraper la nuit blanche dans le bus en venant..
L'après midi, balade en vélo dans les rizières et les villages environnants.


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13 Juin 2001
Les aventures continuent... Après 6 heures de route de Hoi An à Hue, me voici dans cette ancienne capitale du Vietnam, toujours avec mes deux compagnons de toute français et brésiliens. Le plus courant est de faire la rivière des parfums qui traverse Hue et de visiter ainsi la campagne aux alentours avec ses anciens tombeaux.
Le risque est de tomber sur un bateau rempli de "beaufs" européens buvant bières sur bières dès 8 heures du matin, comme on en voit régulièrement à la terrasse de certains restaurants...
Nous avons opté pour balade similaire mais à moto, en commençant par le tour de la citadelle puis les rizières et les petites villages alentours , avant d'arriver au pont japonais couvert sous lequel certains habitants font leur sieste.


Visite ensuite d'une pagode ou nous écouterons les bonzes prier et leurs chants fascinants, avant d'enchaîner par la visite du tombeau de Tu Duc, ancien empereur chinois aux 300 concubines malgré son impuissance...
Cette superbe promenade dans la campagne vietnamienne dura 6 heures et fut possible grâce aux trois frères de Madame Thu, Tang, Tung et Ron, qui nous servirent de guides et de chauffeurs, et dont la gentillesse ne fit qu'embellir la journée.
Demain, visite de la cité interdite, où il serait nécessaire de flaner plusieurs heures parait il, avant de prendre vers 18 heures le bus de nuit pour Hanoi.
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16 Juin 2001
Me voilà à Hanoi depuis hier, après 17 heures de bus. La ville et très différente de Saigon, avec plusieurs lacs à l'intérieur et une vieille ville très sympa, où il fait bon se perdre dans ses petites ruelles. Les retraités jouent au badminton au bord de la route, ou aux dames au bord du lac.

Ce soir, je pars seule, pour changer, en train de nuit sur des "hard sleeper", lit en corde ou en bois, à la vietnamienne... pour le nord ouest, à la frontière chinoise, Lao Cai, avec une arrivée prévue pour 7 heures du matin, puis bus pour Bacha, et visite du marché supposé très coloré, car toutes les tribus du coin viennent vendre leurs buffles et compagnie. Je reprendrai l'après midi le bus pour Sapa, où je passerai la nuit.
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19 Juin 2001
Me voici de retour à Hanoi après une dizaine d'heure de train
à l'aller. Nous étions 10 dans un compartiment pour 6... dont 9 Vietnamiens et moi... 4 d'entre eux ayant des billets avec numéros de place identiques...
Conversation limitée du fait qu'aucun d'eux ne parlait anglais... Je quittais Hanoi le samedi soir vers 21 heures pour atteindre Lao cai vers 7 heures 30 le lendemain matin. Cette ville poste frontière avec la Chine est le juste un point de passage et l'un des endroits les plus chauds du Vietnam. J'attendais une bonne heure dans une échoppe de bord de route sans ventilateur aucun...
Une navette pour Bacha finit par arriver et après 2 heures 30 de route, tout d'abord en longeant l'une des rivières faisant office de frontière avec la Chine, puis des virages en montée et descente à n'en plus finir, au milieu des montagnes escarpées caractérisées par les rizières en paliers, j'arrivais enfin au marché de Bacha, tourbillon de couleurs et de visages grâce aux tenues des Hmong Fleurs, une des nombreuses minorités, venue vendre ses légumes et son bétail...



Le seul truc dérangeant, restera la vision des chiens de tous âges, attachés pour être vendus puis mangés...
Deux heure plus tard, je rejoignais cinq touristes et un guide pour une petite balade de deux heures dans la campagne et ses rizières, de nouveau un régal.
Le soir arrivée sur Sapa, l'une des villes les plus froides du Vietnam, d'après le Lonely, d'où partent l'ensemble des treks de la région, dont l'ascension du Fan si pan, plus haut sommet du Vietnam.
Ce fut la première fois que je dormais sans ventilateur et avec deux couvertures... Le lundi matin, je partis avec une singapourienne et un guide pour une nouvelle promenade de 5 heures au milieu des montagnes, rizières et villages perdus des Black Hmongs. Splendide !


Au retour de Lao Cai, nous étions dans mon compartiment, 7 personnes pour 5 couchettes, qui sont en fait des planches de contreplaqué. Deux vietnamiennes dont une fille très sympa avec qui nous avons longuement discuté économie et politique. En ma compagnie également une singapourienne, une taiwanaise et une anglo indienne et son ami anglais. Arrivée à 4 heures du matin sur Hanoi, le temps de trouver une moto pour rejoindre mon hôtel, où j'avais laissé mon sac à dos. En arrivant, j'apprenais qu'il était plein et me couchais sur un banc en bois dans l'entrée, et commençais à faire de fréquents aller retour aux toilettes, conséquence d'une violente intoxication alimentaire, suite à une soupe et des oeufs mangés sur Sapa la veille au soir...
Par chance, une chambre se libérait vers les 7 heures du matin, ce qui me permit d'avoir un peu plus d'intimité. 8 heures plus tard, enfin je ne vomissais plus... mais totalement vidée et déshydratée, je me forçais à sortir manger quelque chose...et boire de coca et eau en alternance...
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22 Juin 2001
Suite à mon dernier email dans lequel je vous narrais mes mésaventures gastriques, je me forçais tout de même à arpenter Hanoi durant deux bonnes heures, expérimentant la méthode Coué (Je ne suis pas malade, je n'ai pas la nausée, je ne suis pas malade, je n'ai pas la nausée...) et finissais par croiser dans mon QG, charmant petit café en bord de lac, Claire, la française avec qui j'avais voyagé quelques jours la semaine précédente.
Elle revenait de la baie d'Along, enchantée par le paysage mais déçue par le fait d'avoir à partager cette expérience en même temps que quarante autres touristes également sur le même bateau...
Nous nous retrouvions un peu plus tard devant un spectacle de marionnettes sur l'eau, racontant la vie des rizières. La soirée se terminait devant une assiette de porc au citron et au piment, dans notre autre restaurant favori, Le Petit Hanoi, espérant conserver ce met délicieux dans mon estomac quelque peu rétréci...
Le lendemain matin, je me réveillais à 11 heures, fatiguée mais avec l'appétit retrouvé... Vers 14 heures, je croisais par hasard June, touriste singapourienne avec qui je m'étais baladée 6 bonnes heures dans les montagnes et rizières de Sapa, entre convois de papillons oranges et nuées de libellules aux alentours de nombreuses cascades servant à irriguer les rizières.
Nous décidions de suivre l'itinéraire indiqué par le Lonely Planet pour découvrir plus profondément chacune des 36 ruelles du vieux Hanoi, chacune d'entre elles étant caractérisée par un ou deux métiers.
Nous partions du pont du temple de Ngoc Son, situé au nord du lac Hoan Kiem, centre de Hanoi, avant d'arriver dans la rue envahie d'échoppes de chaussures et tong en tout genre. De là, nous allions au marché au fleur, avec ses magnifiques fleurs de lotus, dans la rue Pho Ga Nhu.
Nous arrivions ensuite dans Pho Hang Bac, où se côtoient agences de tourisme et marbriers funéraires, taillant dans la pierre l'image des personnes décédées, et plusieurs rues plus tard, nous étions enfin dans la rue des faux billets vendus pour être brûlés lors des cérémonies bouddhistes, avant de terminer par la rue des herbes et aromates pour la médecine chinoise.
Le soir venant, nous partions plus vers l' Est, à la recherche du Cyclo bar restaurant, où l'on mange assis dans un cyclo pousse, et échangions nos impressions sur les différences culturelles entre la France, Singapour, le Vietnam et l'Inde