SINGAPOUR
Tout d'abord, pour vous mettre dans l'ambiance, un extrait d'une vidéo que j'ai réalisée durant une procession hindoue dans le nord de Singapour en Mars 2005, moment très intense qui m'a permis de me remémorer avec nostalgie mes quelques années en Inde.
A présent, voici les lignes d'un ami, Brice, écrites en commentaire de certaines de mes photos prises durant cette semaine à Singapour :
"Je me suis rendu sur ton Album. J'y ai retrouvé cette atmosphère à la fois aseptisée et colorée qui avait marqué la première étape de mon voyage autour du monde, en 1995.

J'ai trouvé également que tes photos deviennent plus intimistes, plus léchées, surtout celles prises le soir ou la nuit, question de cadrage et de lumière.


J'ai commencé mon voyage par la fin, par les dernières photos prises la nuit.


À leur vision, je me suis remémoré certains films marquant de la nouvelle vague asiatique, comme "In the mood for Love".
Le Singapour by night nous plonge dans un monde étrange qui pourrait s'apparenter à celui des abysses, où d'invisibles voire dangereuses formes ne se distinguent que parce qu'elles se saupoudrent de lumière. Certaines photos d'Arab street, et de Chinatown - ensuite - sont très plastiques, tellement que l'on devine une mise en lumière orchestrée par la ville de Singapour.


Tu l'as superbement captée.
Les néons ne diffusent plus une lumière blafarde mais relèvent de couleurs vertes, roses et jaunes les façades des quelques maisons traditionnelles qui sont restées sur pied après le grand réaménagement de la ville. On se pose également des questions car les villes arabes et asiatiques modernes sont tellement différentes, grouillantes de gens voire de détritus. Ici, tout semble trop net mais il faut savoir que la municipalité en fait une question de principe, réprimant parfois très durement les manquements à la règle.
Ces visages asiatiques sont aussi un voyage en soi, reflétant tranquillité et détachement malgré la cacophonie ambiante.


Le bouddhisme ne pouvait que naître dans ces pays... Lorsque le jour se lève enfin sur la ville, la vue s'élève vers des façades plus ternes ou plus conventionnelles, qui écrasent l'architecture légère des anciennes maisons à moins qu'elle ne la relève, car les imbrications des droites et des courbes, de l'ancien et du moderne, me semblent un point de vue délibéré de ta part.


La vue s'immobilise également sur l'harmonie des couleurs et des formes,




restaurant japonais,


groupes d'écoliers,


façade toute peinte de fleurs


volets rouges qui semblent se refléter sur la carrosserie coca cola d'un camionnette,


Après il y a la fête hindoue, un spectacle sur lequel tu t'es attardée également,


avec des images parfois remplies d'une violence silencieuse.


Je pense bien sûr à ces yogis qui exhibent fruits crochetés à leur peau




Ma photo préferré: la 996, qui marque un temps dans ce spectacle, le temps d'une cigarette. À moins que je ne préfère la n°9 avec tout ces enfants agglutinés. Bravo, pour terminer, et je te recommanderai de faire un petit saut au Yemen pour nous faire découvrir l'extraordinaire architecture de ses villes.
Brice Montfraix