De Marrakech à Tanger Juillet 2002


                                   



Lundi 8 juillet 2002 /Marrakech ou les premiers pas de la Gazelle


Dimanche, huit heures du matin heure locale, me voila arrivée à l'aéroport de Marrakech. Le voyage s'est vite passé, étant donné que je dormais à points fermés avant même que l'avion ne décolle... Une heure plus tard, l'hôtesse de l'air aura du mal à me réveiller au moment du petit déjeuner ...

Il faut préciser que je viens de faire une nuit blanche, le taxi que j'ai réservé pour me rendre à Roissy sur le coup des quatre heures m'ayant gentiment incité à l'appeler sur son portable vers trois heures, histoire de le réveiller... Sur le périphérique, nous serons arrêtés par un carambolage entre un particulier venant de griller un radar, et une voiture de flic entrain de le courser... Cinq minutes plus tard, des voitures de flic arrivent de toute part et bouclent à moitié la zone, heureusement que j'avais prévu une demi heure de sécurité...



                                    


Retour sur Marrakech... Après avoir changé quelques centaines de Dirhams, je sors tranquillement de l'aéroport et trouve un "petit taxi" garé sur le bas-côté, qui m'amènera directement à l'hôtel Ali que je lui indique, sans même essayer le coup classique des taxis indiens du genre "Cet hôtel n'existe plus, inutile d'y aller je vous dis... il est fermé, après avoir entièrement brûlé, suite à un attentat, cela s'est passé il y a 3 jours " etc. ... et histoires du même acabit pour tous les hôtels que l'on cite, afin de nous amener dans un autre hôtel où ils touchent une commission...


Morale de l'histoire, les taxis marocains semblent des crèmes en comparaison avec les filous de taxis indiens. Nous parcourons les 6 Km qui nous séparent de la Vieille Ville.


Les rues plutôt calmes me rappellent un peu New Delhi, avec les petites boutiques et leurs rideaux de fer, les échoppes et les artisans, seules manquent les vaches et les chèvres au milieu de la route... sans oublier les moustiques... ZERO moustiques à l'horizon... que demande le peuple...


Aux abords de la place Djemââ El-Fna, je me trouve une petite chambre single, sombre mais avec salle de bain, ce qui semble plutôt rare dans les hôtels petits budgets du coin. Je me récompense en outre d'une bonne sieste jusqu'en milieu d'après midi.

Il est 15 heures. Avant d'aller affronter l'activité trépidante des souks et de la place Djemaa El-Fna, je fais un premier plein d'énergie locale: couscous au poulet plus thé marocain.

Je compte sur l'état léger de somnolence que procure la digestion d'un repas copieux, pour conserver un certain calme face aux rabatteurs et faux guides en tout genre qui sont parait-il

assez nombreux et collants dans l'ensemble de la Médina.



Et à ma grande surprise, mes premiers pas dans les petites ruelles de Marrakech se révèlent des plus paisibles.



       


Je ne dis pas que de temps en temps, quelqu'un ne me hèle pas d'un "La Gazelle, comment vas tu ?"

ou "La Gazelle, tu ne veux pas boire un thé avec moi dans mon magasin, viens voir mes tapis..." etc... mais il me suffit de répondre d'un sourire poli et de passer mon chemin tranquillement pour que cela reste sans suite. Bref, ils ont au moins le mérite de ne pas être trop insistants ...même si il reste pour moi très étrange d'être dans un pays exotique et de parler français, et surtout d'être tutoyée par une population entière à longueur de journée et d'avoir le même surnom que toute la gente féminine touristique... Moi qui pourtant ai fait l'effort de rester en pantalon large et T-shirt, comparée aux nombreuses touristes en mini shorts ou robes ultra moulantes, voir dos nu...c'en est presque vexant...;-)





Il est 17 heures, la place Djemaa El-Fna commence à se noircir de touristes, marocains, charmeurs de serpents, saltimbanques en tout genre, porteurs d'eau ou femmes proposant de façon parfois agressive d'ailleurs des dessins au henné sur mains/bras/pieds...

Un bruit de fond assourdissant commence à remplir l'espace sonore de cette immense place, mélange de klaxons, de tambours, de chants, de conversations, de "La Gazelle !", ou de contes.


       


En effet, j'ai même vu un conteur narrer une histoire avec un gant de boxe à chaque main...Et le public marocain de boire ses paroles avec assiduité... quant à moi, mon arabe se limitant pour l'instant à Shokran, un vieux reste d'urdu de mon époque indienne, je ne peux malheureusement pas vraiment participer pleinement à ce spectacle, mais l'imagination fait la suite...





Une partie de la place est quadrillée de petits restaurants en plein air, chacun avec un numéro correspondant à son emplacement, proposant soit du thé et des pâtisseries, soit merguez, brochettes et sandwich à la cervelle ou à la tête de mouton...





La nuit commence à tomber, la fatigue aussi. Morphée me tend ses bras...


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