CHILI

 

De Santiago à San Pedro de Atacama


        




22 avril 2002, Santiago du Chili


Après un voyage de près de 24 heures, nous voici tout juste arrivées à Santiago, ville très calme où les gens sont pour le moment charmants. Nous resterons deux jours à Santiago avant de rejoindre Valparaiso. Pour ce soir, nous nous limiterons à quelques notions d'español de base "una cerveza por favor !"




26 avril 2002 Valparaiso


Quelques nouvelles de Valparaiso où nous sommes arrivées avant hier après midi.

Nos deux premiers jours à Santiago nous ont permis d'apprécier la gentillesse extrême des Chiliens, toujours hyper prévenants, souriants, et très discrets en même temps.

Nous logions à la Residencia Londres, sorte d'immense maison ancienne de style colonial, avec moult salons séparant de ci de là les différents couloirs menant aux chambres.

Santiago s'est révélé une ville agréable par ses petits quartiers anciens avec ses rues pavées et ses lampadaires d'antan.

Le centre est plutôt moderne et pollué mais les quelques rues piétonnes et les nombreuses places ou parcs permettent quand même de respirer, par contre, nous n'aurons qu'à peine deviné la cordillère des Andes du fait de la pollution.













Nos premiers contacts culinaires furent avec:

- la Pastel de Choclo, sorte de gratin avec petits oignons, viande, tomates, fromage et crème de maïs, tout simplement excellent, qu’on mange sans fin...

- les Sopaipillas, sorte de galette de farine de maïs plutôt sympa, qu'on a pas pu retrouver depuis, car ils ne font ces galettes que par temps de pluie... et ici, c'est le grand soleil, même si la température peut varier d'une minute à l'autre de plusieurs degrés. D'ailleurs, on ne sait jamais comment s´habiller en dépit du soleil, à savoir chaussure de marche et polaire... ou sandales nu pieds et tee shirt...Et quand on demande à un Chilien quel temps il fera demain, il en a bien sur aucune idée, question stupide quoi...!!!

- La Paila Marina, soupe avec poissons et fruits de mers de toute sorte, tous d'une taille hallucinante, etc...

Alors que nous nous promenions le lundi matin dans le Mercado Central, sorte de grand marche au poisson couvert a l'extérieur de la ville, un vendeur qui parlait français nous a demande si nous étions au courant de la terrible nouvelle, Le Pen... on était tellement surprise qu'il a fallu qu'il nous montre le journal El Mercurio avec en première page la tête de Le pen et écrit en gros qu'il passait au second tour avec seulement 17 % ...

pour qu'on finisse par le croire... Oups... C pas cool comme nouvelle !!! Cela n'incite pas à revenir en France sur le coup.










Depuis, nous avons quitté Santiago pour Valparaiso, seconde ville chilienne par sa population et sans doute aussi par sa taille, en bord de mer, mais surtout un port de commerce.





Fruits de mers et poissons furent au programme, ainsi que ballades dans les collines avec leurs escaliers ou leurs ascenseurs, et les maisons de toutes les couleurs.


Nous logeons cette fois ci dans une autre Residencia tenue par une vieille dame charmante et son chat Pancho, célèbre jusque dans le guide du Routard.

Nous nous lavons dans sa salle de bain, ou l'eau chaude ne fait malheureusement pas partie du programme... et sommes actuellement les seuls touristes chez elles, dans une très ancienne maison qui serait sans doute primée au royaume du kitsch avec ses nombreux vases remplis de fleurs artificielles aux couleurs fluo, (il faudra qu'on lui envoie un catalogue SIA...) sur à peu près tous les meubles visibles dans chacune des pièces, et il en est de même des bibelots en tout genre, les Chiliens étant apparemment de grands collectionneurs.


Elle nous laisse les clés de la maison et pouvons rentrer et venir à toute heure comme bon nous semble.


Et c'est la première à ne pas nous avoir demandé notre passeport, que ce soit en arrivant ou en partant... Totale confiance fort agréable.



Hier matin, notre ballade commença par les collines dominant la baie de Valparaiso, jusqu'a la maison de Pablo Neruda, que nous ne pûmes malheureusement voir que de l'extérieur dans un premier temps du fait du recensement général pour tout le Chili, ce jour là, si bien que tout était fermé mis a part les bus et quelques cafes.


Ensuite, un peu affamées, nous avons pris sur le bord de la route un bus pour Viña del Mar, où nous sommes allées manger dans un hôtel chic d'excellent fruits de mer, avant que Cécile plus courageuse que moi, ne se baigne dans le Pacifique, pas très chaud quand même...




A tel point que des touristes non loin de la, nous ont demandé si nous étions des NORDIC PEOPLE avec un bon vieil accent russe, car malgré le froid, Cécile n'avait pas hésité a se baigner... Il faut dire qu'elle est blonde aux yeux bleus, alors cela prête à confusion également au niveau nationalité de façon générale, on nous prend souvent pour des allemandes...


Le soir, de retour à Valparaiso, nous nous arrêtâmes dans un petit café pour grignoter quelque chose, café quelconque au premier abord, avec un écran montrant un match de foot au fond de la salle.


Puis est entré un homme d'une soixantaine d'année, très bien habillé, qui s'est assis dans un coin.

J'ai alors eu le pressentiment que s'était un professeur de Tango... et j’eu à peine le temps de faire part de ce ressenti à Cécile que le tenancier du bar apportait un lecteur de CD/k7 portable au fond de la salle…






Quelques minutes plus tard, nous avions notre premier cours particulier totalement improvisé, de Tango avec notre cher professeur, qui était arrivé en avance pour une soirée d'anniversaire d'amis à lui.

Après plusieurs danses de Tango, la soirée avançant, quelques verres de champagnes offerts par notre nouveau professeur pour l'anniversaire de son amie, le café accueillait un autre groupe de jeunes chiliens qui nous conviaient à leur table au moment où nous nous apprêtions à quitter les lieux...


Début d’ une longue soirée avec cette fois ci de jeunes policiers et policières de Valparaiso en civil, soirée bien arrosée de vin chilien, puis à minuit, la visite de la résidence officielle des gradés de la police locale où vivaient ces jeunes chiliens, avec moulures et dorures aux plafonds, lustres, petits salons et tutti quanti, comme dans un musée... excepté le bar au sous sol, beaucoup plus moderne... Quelques pisco sauer plus tard, et de bonnes discussions politiques échangées, nos hôtes nous ramenaient galamment à notre modeste demeure.


Ce matin, nous sommes allées visiter la maison de Pablo Neruda, très belle, poétique, confortable et originale. L'après midi, après crevettes et crabes dans un restau local de bord de mer, croisant les officiers de marine faisant leur jogging sur le chemin côtier, nous revenions tranquillement à pieds sur Valparaiso, à la recherche d'un cyber café... Ce soir, nous reprenons la route à 22h45, en bus de nuit semi luxe (semi cama), en direction de la Serenna.


1ER MAI


Laissant derrière nous la superbe maison de Pablo Neruda, les accueillants Carabineros et notre cher professeur de Tango Ignacio...nous arrivons au petit matin à la gare routière de La Serenna. Dès notre descente du bus, un chilien nous propose une chambre ds sa residencial pour 8000 pesos avec petit déjeuner inclus que Cécile négociera à 7000. Apres une bonne sieste matinale, nous partons à la recherche de la Mer...


Une heure plus tard, l'esprit encore embrumé, nous voila sur une immense plage qui s'étend à perte de vue, presque déserte mais quand même loin des plages de cartes postales...



Nous nous endormons sur le sable avec en fond sonore les rouleaux du Pacifique qui s'ecrasent bruyamment sans discontinuer.

Un groupe d'étudiants en Karaté nous réveille par sa présence soudaine, pour les besoins d'une séance photo montrant leurs différentes prises. Non loin de la, des dizaines d'oiseaux s'amusent à pêcher sur le sable, entre chaque vague.












Apres quelques photos, nous reprenons l'avenue bordée de palmiers qui relie la plage au centre ville sur les hauteurs et découvrons enfin la Serenna, avec ses places et ses églises ici et là.



Le lendemain, petit déjeuner avec Gustavio, gérant de notre Residencia. En échange des recettes de nos plats chiliens préférés, nous acceptons de lui faire des crêpes dans la soirée, Gustavo s'occupant de l'achat des ingrédients.


Vers 11 heures, nous prenons un bus pour le charmant petit port de Coquimbo, avec son Mercado central et ses étales de poissons et fruits de mer.


Cécile discute un moment avec un pécheur avant que l'on aille se régaler d'un pastel de Raiva sur le quai (Gratin de crabe).



Non loin de là, de nombreux phoques déambulent dans les eaux du port tandis que des pélicans par dizaines, se laissent bercer sur les coques des barques environnantes.



Une petite excursion en mer, afin de voir de plus près des groupes de phoques sur un îlot rocheux au large, achèvera notre journée sur Coquimbo.


Au retour à la Serenna, la pâte à crêpe une fois préparée, la soirée commence, avec Cécile aux fourneaux…


et Gaëlle en assistante "décollage"...


Gustavo au fourrage des crêpes au lait concentré caramélisé, et une jeune famille chilienne de passage en tant que cobaye...


Enfin, après une série de discussions très intéressantes sur le Chili avec le jeune couple chilien, Gustavo nous ramène gentiment à la Gare routière, d'où nous repartons pour un nouveau voyage de nuit en direction de Antofagasta, ville plus au nord, coincée entre le Pacifique sur sa gauche et le désert sur sa droite.


Le réveil dans le bus sera féerique, au milieu d'un paysage totalement lunaire et magique, montagnes de sable et de roche a perte de vue, sans végétation aucune, avec parsemé le long de la route de minuscules tombes, seule trace de présence humaine.





Nous voilà au beau milieu du désert de la Pampa. Dépaysement assuré, décollage immédiat dans un imaginaire qu'il était temps de réveiller...



Apres plusieurs heures de bus, la ville d'Antofagasta surgit soudain du désert: coincée entre des montagnes arides qui s'étalent sur des centaines de Km et le Pacifique, elle semble pourtant immense avec ses longues rues toutes droites et ses baraques vieillottes et colorées.




Arrivée à l'hôtel après une nuit dans le bus, secouées par les crevasses et les nids de poule: Est ce parce que nous avons si peu dormi que cette ville ressemble tant à un mirage ?


Après une heure de repos à l hôtel, ballade dans les rues calmes de la ville ( c'est dimanche}. De partout, on peut voir les montagnes arides qui nous encerclent, l'océan semble être ici la seule porte de sortie.


Au coeur de la ville, la Plazza de Armas avec ses fontaines et ses palmiers apporte un peu de fraîcheur et de verdure. Des formes noires planent au dessus de nos têtes. Des corbeaux ? Non, des vautours à tête rouge ! Là, on a vraiment l'impression d'être au bout du monde !




Puis nous partons nous promener le long de la jetée.


Les couples d'amoureux que nous avions l'habitude de croiser un peu partout dans les villes du Chili cèdent ici leur place aux pêcheurs à la ligne.


Antofagasta est une ville de mineurs et de pêcheurs, désert oblige, les gens sont plus fermés et laissent moins de place au romantisme.







Nous regardons tranquillement le coucher du soleil sur l'océan et les derniers pélicans qui partent dormir...avant d'aller les imiter !



Notre hôtel est à l'image de la ville:


un peu spartiate et pas très propre: nous nous sommes donc levées plus tót pour en changer.


Apres une bonne douche (chaude cette fois ci !), nous partons à la découverte du Mercado Central et de ses échoppes colorées.



Déjeuner "à la Chilienne" d'une soupe au maïs et à la coriandre, arrosée de Coca Cola qui est ici la boisson nationale (est ce en souvenir des feuilles de Coca que mâchaient leurs ancêtres ?)



L'après midi, en route pour La Portada, sorte d'arc de triomphe naturel sculpté par la mer dans des falaises. Il fut très difficile de trouver un bus, mais de vraies routardes ne se laissent pas décourager comme ça !




Le bus nous dépose à environ 2 Km du site, que nous parcourons donc à pied, le long d'une route toute droite et déserte, digne des meilleurs Westerns !!




Le spectacle valait le deplacement:




Falaises magnifiques,   vagues   se


brisant sur les rochers dans la lumière


du soleil couchant, ciel traversé par des mouettes, pélicans et autres rapaces.









Le long des falaises, aucune trace de vie humaine...



et pas grand monde non plus sur le chemin du retour vers l'arrêt de bus à la nuit tombante !


Apres ces quelques kilomètres de désert et quelques douches froides, nous voila enfin prêtes a affronter les hauteurs de San Pedro de Atacama.


Demain, debout à 5h30 pour un départ en bus a 7 h...



SUR LA ROUTE DE SAN PEDRO


Départ après une nuit presque blanche car hôtel situe en bord de route: Difficile de trouver le sommeil entre les camions, les bus et les chiens qui aboient sans discontinuer: Gaëlle a de la chance, elle pourrait dormir à côté d'un marteau piqueur.

7h20, le bus démarre et gravit peniblement les pentes des montagnes pelées qui nous éloignent d´Antofagasta


Le soleil s’est levé sur ce paysage toujours aussi désertique où ne fleurissent que quelques tombes le long de la route. Peu de changement au fil des kilomètres: parfois, le sable semble plus fin, parfois, les collines se teintent de rouille et se transforment en plateaux...mais c’est toujours l’impression de désert infini qui demeure, sous un ciel semblant condamné à rester bleu.


Apres 2 h de route apparaissent les sommets des Andes, couverts d'une neige éternelle qui tient du miracle sous un climat aussi sec


Le paysage est de plus en plus plat. La route croise de temps en temps une voie ferrée et notre chauffeur, sans doute très à cheval sur les principes, marque systématiquement un arrêt et prend le temps de vérifier aucun train ne pointe à l'horizon, on est jamais trop prudent !


Apres un petit arrêt à Calama, nous approchons de San Pedro et le paysage devient d'une beauté saisissante.



La route surplombe le Salar d'Atacama, gigantesque mer de sel qui saupoudre de blanc l'ocre de la terre: Le contraste avec le gris des Andes et le bleu du ciel est magnifique, mais des photos seront plus parlantes (enfin on espère, prises depuis le bus)







Nous voici arrivées à San Pedro, petit village perdu aux maisons de torchis, où il ne pleut qu'une semaine par an (ouf, c’est en février ): Il y a beaucoup de touristes, même si c'est la "morte saison": L’ambiance est très Baba Cool, mais le climat l'est moins: Soleil de plomb la journée, 5 à 8 degrés la nuit...


On a trouvé un hôtel sympa et propre avec de l'eau CHAUDE !! La négociation du prix fut apre, mais on a finalement trouvé un accord.

Maintenant, on part organiser nos excursions pour les 3 prochains jours !


"Apres un petit tour dans la rue principale de San Pedro, la "Calle Caraloles" qui est entièrement dédiée au tourisme avec ses multiples agences et restaurants, nous avons finalement choisi l'agence " Planète Aventura", séduites par la voix douce et les yeux noirs de Carlos (le directeur) et les pitreries d'Erik, qui sera notre guide.


Notre programme durera trois jours et demi. Première demi journée sur les traces des Atacameños, qui peuplaient les lieux jusqu' à l'arrivée des conquistadores. Carlos sera notre guide et il nous fait penser à un petit prince venu d'une autre planète avec ses lunettes d'aviateur et son air contemplatif (bon, vous l'avez compris, nous sommes sous le charme).


Première étape à Talors et découverte des ruines de maisons traditionnelles en Adobe (mélange de terre argileuse et de paille, toujours utilisé aujourd'hui à San Pedro pour ses qualités isolantes) datant de plusieurs centaines d'années. Puis, visite plus sportive du Pucara de Quitor, forteresse du 12eme siècle à flanc de montagne que les Atacameños utilisaient pour se réfugier en cas de conflit. C'est grâce à elle qu'ils ont résisté aux invasions Incas et ont pu finalement cohabiter pacifiquement avec ces "envahisseurs" en s'imprégnant de leur culture et en adoptant certaines de leurs techniques (poteries notamment) et quelques uns de leurs dieux (culte du soleil). La situation géographique d'Atacama, sur le chemin entre les hauts plateaux Andains et la cote pacifique, a fait de cette région un véritable carrefour commercial et culturel soumis aux influences des divers peuples de la région.


Les choses se sont malheureusement moins bien passées lors de l'arrivée des conquistadores sous le commandement de Pedro de Valdivia au 15eme siècle. Le siège de Quitor a duré trois mois et les Atacameños étaient décapités au fur et à mesure qu'ils sortaient à la recherche de vivres et d'eau pour le reste du village. La colonisation suivra son cours habituel. massacres, imposition de la religion catholique et de la langue espagnole. La langue et la culture locale, transmises oralement ont pratiquement complètement disparu. Le village est baptise San Pedro de Atacama en l'honneur de Pedro de Valdivia.


Notre périple est ensuite devenu encore plus sportif (on a des mollets en béton, si si vraiment) avec la visite d'une ancienne mine de cuivre près de Chulacao. Au programme, escalade des parois rocheuses et visite de grottes a la lueur d'un simple briquet. Ca, c'est l'aventure ! Même Carlos s'en est sorti avec les écorchures au visage.


Le paysage est surréaliste. Les roches ocre et arides sont recouvertes d'une pellicule de sel qui ressemble à s'y méprendre à du givre résistant à un soleil de plomb...ou encore a du sucre glace sur un gâteau en pain d'épice. Atacama est en effet célèbre pour son "Salar", vaste désert de sel (le deuxième au monde par la taille) que nous allons bientôt découvrir...


L'après midi sera plus calme, il faut en effet s'habituer aux efforts en altitude: San Pedro est situe à 2400 m, et certaines excursions nous emmèneront à plus de 4500 m. La lecture des symptômes du mal de l'altitude dans nos guides suffit à nous provoquer des maux de tête !


Visite du musée de San Pedro, qui retrace 12000 ans d'histoire des indiens Atacameños et découverte d'impressionnantes momies et d'une collection de crânes déformes (un crâne très haut et très plat était synonyme de pouvoir, on appliquait donc des plaques de métal sur les crânes des bébés et des enfants).


Le soir, retour à notre Residencial pour admirer la nuit étoilée. Ici le ciel est extrêmement pur et aucune lumière électrique ne vient perturber notre vision (pas d'électricité dans notre hôtel, qui n'est pas encore raccordé au groupe electogene qui alimente le village jusqu'à minuit. On ne s'éclaire donc qu’à la bougie, ce qui ajoute à la féerie du séjour). Le spectacle est exceptionnel, nous n'avions jamais vu autant d'étoiles. On comprend pourquoi la Nasa a pour projet d'installer un télescope géant dans la région. On voit toute la voie lactée et une profusion d'étoiles filantes.


Certaines traversent même le ciel à la verticale, comme si elles venaient tout droit s'écraser sur la terre. Si seulement la moitié des voeux que nous avons fait ce soir la se réalisent, nous seront toutes les deux comblées.


Deuxième jour à Atacama. Départ à 7 heures pour la découverte de la Cordiliera de la Sal. Nous suivons tout d'abord une partie de la route que les peuples indigènes utilisaient pour se rendre des hauts plateaux andains vers les plaines plus hospitalières en hiver. Nous nous trouvons face à la "Piedra de Coca" qui marque la fin de la partie la plus périeuse de leur voyage. Pour remercier les dieux de leur avoir laissé la vie sauve, les indiens crachaient contre cette pierre la boule de feuille de Coca qu'ils avaient mâchée pour se donner de la force. On peut également admirer des pétroglyphes tout autour du site représentant des lamas, des shamans, ou d'autres motifs beaucoup plus mystérieux.


Après un rapide petit déjeuner, en route vers la crête de la Cordiliera de la sal qui domine toute la valle d'Atacama: Cette montagne de pierres arides surplombe la vallée verdoyante du fleuve San Pedro.




Nous marchons depuis environs deux heures lorsque notre groupe se retrouve nez a nez avec un petit renard du désert.




Encore émues de cette rencontre, nous continuons notre chemin pour rentrer déjeuner. La descente de la crête est le moment le plus ludique de la journée, puisque nous dévalons pieds nus de gigantesques dunes de sable dans lesquelles on s'enfonce jusqu'aux genoux. On croise même quelques "sand borders" !




15 heures, nous reprenons notre trek à l'intérieur d'un canyon qui sillonne la Cordiliera de la Sal. Ici, tout n'est que sel puisque le salar atteint en son centre 500 mètres de profondeur: Nous évoluons donc entre deux parois de sel recouvertes de poussière argileuse. Le craquement du sel, à la fois métallique et cristallin, résonne autour de nous. Apres environs 2 heures de marche, nous reprenons la voiture direction la "• Valle de la Luna" pour y admirer le coucher du soleil, un événement très prisé de tous les touristes ici.



Nous arrivons juste à temps sur les lieux et avons certainement battu le record du monde de montée de la dune permettant d'accéder au rocher qui surplombe la vallée (quand on vous dit que nos mollets, c'est du béton...)



Un paysage magnifique s'étale à perte de vue tout autour de nous et il est difficile de trouver les mots pour décrire à quel point nous sommes émues.


Le coucher du soleil, les Andes qui passent du bleu au rose, la vallée avec ses tons ocre saupoudrés de blanc, la naissance des premières étoiles, et surtout l'impression d'être sur le toit du monde et de contempler une beauté éternelle. Difficile de trouver une bonne raison de redescendre rejoindre ce " monde de brutes"... et le reste de notre groupe qui nous attend en bas, nous sommes presque les dernières la haut: Nous savons déjà qu'aucune photo ne pourra retranscrire la beauté des lieux et l'émotion que nous avons ressentie.


Le petit verre de vin chilien qui nous attend en bas nous aidera à reprendre nos esprits et à rentrer dormir des rêves plein la tête.


3 / mai 2002

Troisième jour d'excursion dans les alentours de San Pedro, nous partons à la découverte des diverses lagunes du Salar d'Atacama. Notre première étape sera au sein du Salar Chaxa, servant de réserve naturelle aux diverses espèces de flamants roses. La croûte de sel qui encercle les quelques étendues d'eau dans lesquelles évoluent les flamants, parait telle une couche neigeuse à la lumière rasante du soleil levant.

De là, après un petit déjeuner sur place, nous nous rendons sur les lagunes Miñiques et Miscanti au pied des montagnes du même nom, respectivement de 5622m et 5920 m de hauteur.



Cette première randonnée à plus de 4300m d'altitude nous servira de test quant à notre adaptation en prévision de nos prochaines excursions à haute altitude. On vous rassure, bien qu'au ralenti au départ, nous avons survécu... pupilles non dilatées, bout des doigts d'une couleur normale, et bonne coordination des mouvements... l'oxygène arrive donc bien dans nos chers cerveaux...

Deux heures plus tard, un bon almuerzo avale, nous redescendons au centre du Salar d'Atacama, au sein des lagunes Gemelas Cejar, ds lesquelles nous prendrons courageusement notre premier bain atacamenien, (je n'ai pas dit notre première douche... )dans une eau fraîche en surface et peu limpide, cernées par un désert de sel de 1 000 hectares... Le densité de sel est telle que nous flottons sans effort aucun, et ressentons une eau plus chaude en profondeur, lorsque tant bien que mal, nous arrivons 0 nous tenir en position verticale.

Au cours de cette journée, notre van s'embourbera par 2 fois, tout d'abord lors d'une halte près de la croix marquant le tropique du capricorne, dans un sol sablonneux, et la seconde fois dans le sel et la boue à l'intérieur du salar. Nous voila donc fin prête pour le prochain paris Dakar, ayant testé les différentes techniques de désensablement. Pour ceux qui le souhaitent, cours disponibles sur RDV a notre retour ;-) ...

Le soir, de retour à San Pedro, nous nous retrouverons tous chez Carlos, le directeur de l'agence, pour un barbecue de poulet dans son jardin.



Soirée arrosée de vins chiliens, avec modération cependant en prévision de l'excursion jusqu'au geysers d'El Tatio le lendemain matin, à 4500 mètres, et des risques liés au mal de l'altitude, parfois mortel.

Durant cette soirée, un ami de Carlos nous racontera entre autre son projet de ballades en calèches au design inspiré des corbillards anglais... avec bar et musique adaptée au pays ciblé, toit transparent pour regarder les étoiles et la voie lactée, et parois également transparentes pour le paysage. Avis aux amateurs, elles sont actuellement en construction à Calama en ce moment... Une calèche rose est même prévue pour les touristes gays ou les fans de poupée Barbie...Il y en aura donc pour tous les goûts. Vers minuit, notre guide Erik nous raccompagne à notre hôtel, la nuit sera courte, le départ le matin suivant étant programme pour 5heures...


4 /mai 2002

4eme jour, nous voilà après plus de 2 heures de route le long de sentiers défoncés, à 4500 m d'altitude, au pied du volcan El tatio, face aux nombreux geysers qui caractérisent cet endroit lunaire et qui sont les geysers les + hauts du monde. L'eau jaillit ici à + de 80 degrés et les colonnes de vapeur s'élevant dans le ciel produisent un effet assez spectaculaire. Un des geysers s'appelle le geyser du français, suite à la chute accidentelle d'un touriste français dans l'eau bouillante, après qu'une colonne de fumée l'ait soudainement enveloppé lors d'un changement de vent. Le pauvre en est mort un mois plus tard, et le site se révélant quand même dangereux, nous nous conformons aux instructions de notre guide, à savoir de rester immobile en cas de colonne de fumée en notre direction, afin de ne pas tomber par mégarde...

Petit dej sur le site dans un froid glacial, avant de commencer un trek sur les basses pentes du volcan El tatio. Cependant, après un brusque changement de température, un ciel des plus ombrageux et la levée d'un vent froid, il s'avèrera plus prudent d'interrompre notre trek et de retourner vers les geysers, puis notre van.

L'après midi, ballade un peu plus bas dans la vallée de Guatin, que nous descendrons à pied le long d'une rivière envahie par moment de roseaux, et bordée d'immenses cactus sur les hauteurs du canyon. Lorsqu'on sait que ce type de cactus pousse d'une dizaine de centimètres par an seulement et que certains mesurent entre 5 et 10 mètres de haut, cela laisse rêveur sur le temps écoulé et malgré tout une nature intacte.

Apres cette matinée sportive, et un bon déjeuner, nous nous accorderons un long moment de détente à 3500 m d'altitude, dans les sources d'eaux chaudes de Puritama, au milieu d'une petite vallée entourée de roseaux. Le plus dur sera de ressortir du bassin ou l'eau jaillit à 36 degrés alors que la température extérieure ne dépasse pas les 10 degrés...


Ce sera la mort ds l'âme que nous retournerons ce soir là sur San Pedro, laissant derrière nous des paysages dont la beauté est à couper le souffle, telle la vision de l'ensemble du Salar d'Atacama lorsqu'on le surplombe, ce dernier ressemblant a un mystérieux mélange de ciel et de mer, et voyant peu a peu le soleil décliner de magnifiques teintes organgées et rouges sur les montagnes bordant notre route du retour.

Apres avoir salué nos guides et compagnes de randonnées, nous filons directement nous consoler avec du Pisco Sour, l'apéritif local, dans un charmant petit restaurant. Dans un coin, un voyageur solitaire nous observe amusé, de nos fou rires et conversations arrosées. Nous sympathisons avec cet espagnol de Barcelone, que nous recroiserons plus tard sur Santiago, le hasard faisant que nos dates de retour coincindent ainsi que le quartier dans lesquels sont nos hôtels au coeur de la capitale.


05/mai 2002

Dernier jour à San Pedro, après une bonne grasse matinée, eh oui, Dimanche oblige ;-)...ballade dans les ruelles du village, shopping, visite du cimetière au charme étrange avec ses couronnes de fleurs en crépon blanchies par la lumière, et ses petites croix en bois coloré, et bien sur, consultation sur Internet du résultat des élections présidentielle... Ouf, Le pen a été renvoyé dans ses 22 mètres comme dit mon père...on respire un peu mieux... Il faut que vous sachiez que si Le pen était passé, nous serions restées à San Pedro...

En effet, Cécile ayant fait de longues études de Maketing, elle s'est rendue compte que ce village offrait un très fort potentiel pour les produits SIA.

L'aridité du climat (un des déserts les plus hauts du monde...) et les goûts extrêmement kitch de ses habitants font que les fleurs artificielles y auraient un succès certain (je rajouterai qu'il ne faut pas oublier les fleurs au cimetière...), quant aux bougies et photophores, leur avenir y est assuré du fait des problèmes d'électricité et des nombreux restaurants...

Nous n'avons donc maintenant plus d'excuses pour ne pas revenir en France, à notre grand regret, ayant été touchées par le charme de ce pays et par la gentillesse et le calme de ses habitants.

Nous voila prêtes à affronter les 24 heures de bus qui nous attendent avant d'arriver sur Santiago, quelques 1500 kilomètres plus tard et plus bas...


Dimanche 5 mai


Nous quittons San Pedro à la lueur du soleil couchant et contemplons le coeur rempli de nostalgie les courbes orangées de la Vallée des Dinosaures (à cause de ses montagnes qui ressemblent à des dos de diplodocus) puis les étendues blanches du Salar défiler une dernière fois sous nos yeux.


La première partie du voyage se fera de nuit, nous ne reverrons donc pas les étendues désertiques qui nous avaient tant impressionnées à notre arrivée.


Nous sommes quelque part entre Antofagasta et La Serena lorsque le jour se lève, ce qui nous permet de contempler de nouveaux paysages.

Les collines que nous traversons sont parsemées de cactus de 2 à 3 mètres de haut, dont certains sont couverts de fleurs rouge vif. Le paysage a des allures de Far West et on croise parfois des hommes à cheval avec de grands chapeaux, des troupeaux de chèvres ou des chevaux errant dans la campagne.

Nous observons des paysans labourer à l'aide de charrues tirées par un ou deux chevaux. De temps en temps, on peut observer de grandes étendues de piments rouges en train de sécher au soleil.

Le bus fait une pause à la Serena et là, surprise, nous retrouvons notre hôte Gustavo, (celui qui nous avait donné plein de recettes de cuisine), sur le quai, à la recherche de nouveaux clients. Nous lui racontons rapidement notre voyage et l'embrassons bien fort avant de reprendre notre route.

Nous roulons sur la Panaméricaine, grande route qui traverse tout le chili mais qui est pourtant presque déserte. De temps en temps, le bus s'arrête au milieu de nulle part et laisse monter des colporteurs qui nous proposent toutes sortes de victuailles: fromage de chevere, bonbons, empanadas, pâtisseries... et qui redescendent quelques mètres plus loin. Mortes de faim, on craque pour une énorme empanada à la viande. A peine avalés, nous nous voyons servir un repas chaud apparemment prévu dans le prix du billet. Apres l'empanada, nous voila calées.

Apres 24 heures de bus, nous arrivons à Santiago. Ici c'est l'Automne mais nous sommes accueillies par un soleil magnifique et une température de 25 degrés. Certains Santiaguinos nous confieront plus tard qu'ils voient dans ces températures anormalement élevées des signes avant coureur de tremblement de terre... No comment...

En sortant du metro, nous tombons nez à nez avec Miquel, que nous avions rencontré l'avant veille à San Pedro. Nous nous retrouvons le soir même autour d'un Pisco Sour.


Nous décidons de profiter de nos 3 derniers jours pour flâner dans Santiago.

Apres ces paysages désertiques, la capitale chilienne sera une bonne transition avant notre retour dans la foule parisienne.

Découverte du quartier de Bella Vista, avec son ambiance un peu bohême, ses maisons colorées et ses petits restaurants accueillants. Nous en profitons pour déguster un pastel de choclo et des humitas, 2 plats à base de mais, très populaires au Chili. Visite de la maison que Pablo Neruda possédait a Santiago, " La Chascona», soit la "mal peignee" en l'honneur de sa dernière épouse Mathilde, qui avait toujours les cheveux au vent.


Nous en profitons pour essayer de faire un peu de shopping en nous rendant au marché artisanal, Los Dominicos, mais sans succès. Comme quoi toutes les filles ne sont pas dépensières... Le soir rendez-vous avec Miquel pour découvrir l'un des meilleurs restaurant de Santiago, le Guernica ou nous dégusterons une cuisine basque excellente.


Nous avions projeté d'aller le lendemain à la Isla Negra, (3eme demeure de Pablo Neruda) mais la nuit fut courte et le courage nous a manqué lorsque le réveil sonna à 6h30. Nouvelle journée de flânerie en perspective donc...

Retour au Mercado central que nous avions tant aimé, déjeuner typique dans une gargotte, sous une des halles, pour un prix record, 1000 pesos, soit 2 euros...

Soirée calme autour d'une bière et de quelques délicieux fruits exotiques achetés au marché. Gaëlle qui est une vraie routarde avait évidemment pense au couteau suisse...

La relecture de nos deux précédents mails occasionne de bonnes crises de fou rire devant nos grandes envolées lyriques et nos considérations très fleurs bleues... On a un peu peur de remarques sarcastiques à notre retour mais c'était sincère...

Nous avions bien profité de notre dernier jour pour aller visiter la Isla Negra. Temps de trajet légèrement sous estimé puisqu'il nous faut 4 heures de bus depuis Santiago... (Cela nous apprendra à lire notre guide). Cette maison magnifique surplombe la mer, et abrite la majeure partie des collections en tout genre de Pablo Neruda (proues de navire, coquillages, masques du monde entier, pipes, poteries...).

Dernier déjeuner en face du Pacifique arrose d'un délicieux vin blanc et retour à Santiago pour préparer nos sacs en vue d'un départ à l'aéroport prévu vers 11 heures.


Nous tenons a remercier tous ceux qui ont contribue au succès de ce voyage:

- Florence qui a activé son réseau de connaissances pour les bons plans au Chili

- Hélène, Nelly et Sandrine pour l'Intérim export

- Sophie pour le prêt du sac a dos

- Hélène et Florent pour nous avoir amenée à l'aéroport

- Jenny pour le tuyau Anyway.com

- Celine de Santiago pour son accueil et la confirmation de nos billets retour

- Celine de Paris pour le Guide du routard


- Miquel pour les Pisco Sour

- Gustavo pour les recettes de cuisine

- Ignacio pour les cours de Tango

- Les carabineros de Valparaiso pour leur bonne humeur

- Erik pour son énergie et son humour

- Carlos, ... , ben pour rien, juste parce que c'est lui ...

- Et tous ceux qui nous ont renvoyé des petits mots gentils.


Nous avions a coeur de vous faire partager ce voyage et l'on espère que nos mails n'étaient pas trop longs et qu'ils vous ont procuré quelques instants d'évasion.

Ce voyage a été intense et merveilleux, nous comptons sur l'indulgence de nos patrons et collègues respectifs lundi matin car le retour à la réalité risque d'être difficile...


Hasta Luego et VIVA CHILE... Cécile et Gaëlle