Le Poisson du Mois,

janvier 2008:

 

Cet Ange, largement répandu de Est de l'Océan Indien (Maldives, Seychelles) au Pacifique Ouest en passant par l'Indonésie (Bali) et le Nord de l'Australie, est apprécié par les plongeurs et les aquariophiles du fait de sa robe d'un jaune très soutenu, avec des pigmentations scintillantes sur les flancs, et de ses lèvres violettes. L'ensemble rappelle son appartenance à la famille de l'Apolemichthys xanthopunctatus, plus rare et beaucoup plus coûteux...

 
 
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Le Trimaculatus possède un éperon bleuté au niveau de chaque opercule, ce qui est caractéristique de la famille des Anges; au stade juvénile il présente un " faux oeil ", comme son "cousin" l'Euxiphipops xanthometopon (qui lui conservera ce "faux oeil" une fois adulte), pour tromper l'ennemi et pouvoir fuir en cas de menace: le prédateur, qui ne sait plus alors où se trouve la tête du juvénile, est ainsi surpris par le sens de sa fuite.

Apolemichthys trimaculatus adulte

Apolemichthys trimaculatus juvénile : on devine encore le " faux oeil " au niveau du pointeur, entre la caudale et la dorsale, chez ce sujet de moins de 5 cm.

Euxiphipops xanthometopon: un autre exemple de l'utilisation du "faux oeil".

Au stade adulte, le Trimaculatus possède une bande blanche surplombant une bande noire sur la nageoire anale, une tache (peu marquée) en arrière des yeux, ainsi qu'un point noir de chaque côté sur le front. La nageoire dorsale peut être plus ou moins effilée selon l'âge du poisson.

MON EXEMPLAIRE:

Ce Trimaculatus a été acheté dans la région bordelaise (Aquarium Design) début 2006, pour un prix encore très raisonnable à l'époque, puisque le poisson était affiché à une cinquantaine d'euro pour une livrée adulte et une taille d'environ 12 cm: il a donc franchi la porte du magasin avec moi. L'engouement pour ce poisson a bien progressé depuis, et les prix ont malheureusement suivis... Je n'avais encore jamais eu de Trimaculatus à ce moment, mais j'avais pu lire beaucoup de choses sur leur régime alimentaire les rendant assez difficiles à maintenir en aquarium: certains parlaient d'éponges, d'autres d'une microfaune indispensable à leur bonne santé, bref, rien de bien précis.


Le poisson a été placé en quarantaine car d'autres poissons du même arrivage d'Indonésie présentaient au magasin des parasitoses. Il s'alimentait toutefois parfaitement dès son importation. Le sujet n'a rien déclaré en dehors de quelques petits points noirs, après 10 jours de quarantaine et une eau renouvelée toutes les 72 heures (eau en provenance du bac principal à 28°C, pour une densité de 1,020: l'eau de la quarantaine était jetée lors des changements d'eau; le circuit était donc fermé, et aucun retour vers le bac principal n'était effectué, afin de ne pas risquer d'introduire un quelconque pathogène dans le bac).

Ces points noirs sont des vers assez courants, notamment sur les Flavescens venant d'Hawaï ils sont facilement visibles sur une robe jaune comme celle de notre Trimaculatus. Ce parasite doit être très répandu, mais il est visible à l'oeil nu presque exclusivement sur les poissons de livrée jaune ou rouge; les poissons le supportent très bien mais j'ai profité de la quarantaine et donc du fait de pouvoir attraper facilement le poisson pour lui faire passer un bain d'eau douce, dans le doute, et histoire de voir comment les points noirs réagissaient à ce traitement.

Tout s'est très bien passé pendant les 2 premières minutes mais à ma grande surprise, une multitude de petites cupules translucides se sont alors décollées des écailles du poisson, une bonne cinquantaine de cupules, d'environ 2 millimètres de diamètre, légèrement ovales avec un point de pigmentation apical. J'ai tenté de conserver quelques uns de ces parasites mais ces cupules se sont très rapidement recroquevillées en se desséchant, les rendant inexploitables puisque je n'avais pas eu le réflexe de les incorporer dans une colle entre lame et lamelle.

Après recherches, Pascal Romans (de l'Observatoire Océanologique de Banyuls) m'a permis d'identifier ces cupules à partir de la description précise que je lui en avais faite: il semblerait que ce parasite soit un trématode de type Benedenia.


Rapide description du parasite ici.


Encore une fois, ceci met en évidence le grand nombre de parasites plus ou moins virulents portés par les poissons sauvages arrivant dans le commerce, et démontre donc le danger potentiel représenté par l'introduction d'un poisson fraîchement acheté dans un bac d'ensemble avec une population saine pré-existante, et ceci même si le nouvel arrivant semble impeccable. Si ce Trimaculatus avait été introduit directement dans le bac d'ensemble, la parasitose se serait probablement étendue à tous les Anges du bac. Ce genre de propagation parasitaire reste certes rare mais malheureusement imparable tant que les grossistes alimenteront les revendeurs en flux quasi tendu, sans stockage. Dans cet exemple précis, même pour le plus sérieux des magasins, qui aurait gardé ce poisson 15 jours ou 3 semaines en observation avant de le vendre, le passage du parasite chez le particulier, et donc chez ses autres poissons, n'est pas contrôlable.

Ne connaissant pas les conséquences à long terme de cette parasitose, j'ai donc procédé à un second bain d'eau douce de contrôle 48 heures après le premier; le poisson ne présentait alors plus aucun point noir, ni aucune cupule. Quelques jours après, le bac de quarantaine a donc été connecté sur la décantation du bac principal (le retour d'eau de la quarantaine s'effectuait au niveau de l'injection d'ozone) avant de transférer le poisson dans le bac d'ensemble. L'introduction s'est déroulée sans problème.

Mai 2006

MAINTENANCE ET REGIME ALIMENTAIRE:

Ce poisson a mangé de tout dès sa quarantaine : moules cuites, huîtres, épinards, artémias, krill, algues en tous genres (Nori, ulve et dulse fraiches) le tout supplémenté de temps en temps en vitamines (Hydrosol polyvitaminé) et assez rapidement des granulés fins puis plus gros de la marque Ocean Nutrition. Il n'a jamais été agressif dans mon bac de 1200L peuplé d'un Empereur, d'un P.Chrysurus, d'un E.Xanthometopon, d'un Baliste conspicillum, d'un A.pyroferus, d'un Dimidiatus, du grand Desjardinii et n'a jamais posé de problème parasitaire par la suite, il passait son temps à brouter les algues du décor et à soigneusement éviter l'Empereur qui était alors devenu la terreur du bac, mais ne se cachait que très rarement.

Contrairement à la réputation difficile de l'Apolemichtis xanthopunctatus (très proche), et contrairement à ce que j'avais pu lire au sujet de cette famille d'Anges, je n'ai pas rencontré de problème au niveau de l'alimentation de ce poisson, qui restait de surcroît parfaitement coloré.



CROISSANCE:

Acheté autour de 12 centimètres, ce Trimaculatus n'a pas grandi très rapidement dans le bac, peut-être du fait de la domination grandissante de l'Empereur sur lui au fil du temps; il a tout de même développé au bout de quelques mois le pic effilé à l'extrémité de la nageoire dorsale… morceau de nageoire très "tentant" pour lequel il se faisait régulièrement poursuivre et parfois mordre, mais qui repoussait assez rapidement.

Ce poisson avait seulement atteint 15 centimètre au bout de 18 mois, je pense donc que même s'il paraissait se nourrir parfaitement, un élément devait lui manquer dans son alimentation pour avoir une bonne croissance; on peut aussi penser que cet Ange ne grandit que très lentement : la vérité doit sûrement être un mélange des deux hypothèses, un peu comme pour les Pygoplite diacanthus qui présentent souvent carences chroniques et lenteur de développement.

VECU PERSO:

Cette "flèche jaune" attire l'attention et anime très bien l'aquarium sans passer inaperçu ! Sa bouche violette s'intéresse à tout (attention à vos coraux) et le Trimaculatus est très agréable à voir évoluer dans un grand bac. Il est calme mais actif, en permanence visible.

Les douze premiers mois de maintenance ont été impeccables, ce poisson ne posait pas de problème et me donnait entière satisfaction. Mais tout est allé assez vite ensuite, car ce Trimaculatus était facilement victime de la concurrence de mon Empereur, véritable terreur à l'époque; ce poisson ne se nourrissait clairement plus comme il le voulait au bout de 12 mois, date à laquelle il pensait essentiellement à éviter l'Empereur plutôt qu'à chercher la nourriture dans les recoins, comme il le faisait lors des six premiers mois de maintenance.

Juin 2006

Septembre 2006

J'ai probablement commis une erreur en voulant attendre qu'il s'affirme et que cela s'arrange, puisque ce poisson s'est affaibli lentement mais sûrement entre le douzième et le quinzième mois. Ayant déménagé le bac fin septembre 2006, je pensais résoudre le problème en réintroduisant le Trimaculatus dans le bac bien avant l'Empereur (15 jours) avec un décor modifié, à tord puisque l'Empereur a très rapidement ré-imposé sa domination sur l'ensemble du bac.


A l'image de beaucoup de Pygoplites du marché, cette maintenance d'à peine 18 mois est restée à un échec pour moi puisqu'un Ange en bonne santé vit de nombreuses années en aquarium.

NANOTRIMAC:

Ma femme est récemment tombée dans la région nantaise (chez Delbard) sur un arrivage de 3 Trimaculatus originaires d'Indonésie, les deux premiers étant adultes, et le troisième étant un tout petit exemplaire d'à peine 5 cm, s'alimentant plutôt bien.

Ayant un doute sur l'éventuel carence dans le "menu" que j'avais pu proposé à mon défunt Trimaculatus adulte pendant un an et demi, et ne voulant pas rester sur un échec, je me suis dit qu'il serait peut-être plus facile de substituer le régime alimentaire un peu particulier de cet Ange en l'ayant très jeune, plutôt qu'au stade sub-adulte comme mon premier exemplaire.

Notre Nanotrimac au stade Apéricube pour Baliste: novembre 2007

Le Nanotrimac en acclimatation sur la quarantaine... l'Empereur sera évidemment séparé!!

Ce poisson venant d'être importé et l'espèce étant facilement sujette aux parasitoses diverses, il a passé un peu plus de 15 jours en bac de quarantaine traité au cuivre (traitement sur 8 jours), puis au vermifuge; je l'ai jugé un peu jeune pour subir un bain d'eau douce en préventif: je me suis donc contenté de regarder de très près le tégument du petit Ange en pensant à ma précédente expérience et à l'existence des Benedenia chez cette espèce. Le Nanotrimac a demandé quelques temps pour s'habituer à la nourriture congelée, ce qui est tout à fait habituel pour ce genre de poisson fraîchement importé et de petite taille, cependant les artémias, même mortes et ne bougeant donc pas, sont tout de même très rapidement devenues intéressantes pour lui !

Il a ensuite été décidé (plutôt négocié entre ma femme et moi puisque celle-ci le voulait dans son Récifal !!) de l'introduire dans notre bac Récifal de 350L en compagnie d'un Zebrasoma xanthurum d'une dizaine de centimètres, d'un petit Paracanthurus hepatus de 5 cm en pleine croissance, d'un Ctenochaetus binotatus de 8 cm (plutôt agressif), d'un Centropyge ferrugatus de 7 cm, d'un Dimidiatus et de Lysmata, afin de le laisser grandir en vue de le transférer plus tard dans mon bac de poissons peuplé de (très) grands Anges et de grands chirurgiens; le temps qu'il soit un peu plus grand qu'un apéricube pour Baliste si vous voyez ce que je veux dire…

Fin novembre 2007: Introduction par étape dans le bac récifal, il dévorait alors les artémias y compris dans ce petit box!

Nous avons tout de même laissé le Nanotrimac dans un boite plexi au fond du bac pendant quelques jours, afin de voir s'il ne développait aucune maladie tardivement, et pour lui laisser faire connaissance avec les autres habitants sans risque. Après son "lâcher" le poisson s'est acclimaté parfaitement, n'a déclaré aucun parasite et s'alimentait très bien…il a été à peine chahuté par le Centropyge de taille équivalente. En très bonne forme il a aussi extrêmement rapidement pris goût à nos Acropora : généralement il faut jouer sur le paramètre " facilité d'obtention de la nourriture " pour limiter ce genre d'habitude: il suffit de donner plusieurs fois par jour à manger au poisson qui finit alors par se dire qu'il est bien plus facile d'attendre les distributions que de fouiner partout dans le bac à la recherche des polypes qui ont le malheur de sortir le bout des tentacules. Mais notre petit malin est assez actif, assez gourmand, plutôt entreprenant, et compte tenu de la taille limitée du Récifal, il ne nous était pas possible d'attendre que ses pulsions de casse-croutes acroporatiques ne lui passent en le gouinfrant d'artémias 5 fois par jour…

Pour couronner le tout, deux jours après l'introduction en trouvant notre bénitier un peu refermé, je me suis assis dans la pièce, dans le noir afin de me faire oublier et j'ai pu constater que le petit malin en question n'hésitait pas à taper les tissus du coquillage en mon absence !!

Le cas était donc difficile, 2 problèmes étaient posés :

- il fallait tout d'abord attraper le petit diable jaune dans le bac Récifal, sachant qu'il était très vif, très méfiant et que le décor est évidemment difficile à démonter, ce n'était pas donc gagné !!

- Il fallait ensuite trouver le moyen de l'introduire " discrètement " dans le grand bac de poissons contenant déjà un Semicirculatus de 20cm, un Xanthometopon au caractère de Xanto (donc bien teigneux comme un irréductible Breton ;) ) et un Chrysurus de 15 cm chacun, un Asfur d'environ 8 cm maintenant, en plus des grands chirurgiens… ainsi que le Baliste conspicillum de 15cm auquel il ne faut pas voler le repas sous peine de sanction immédiate!!

Gros, vraiment gros souci en perspective… mais le bénitier ne pouvait pas rester en cage longtemps et les coraux (peu nombreux et surtout à l'état de boutures pour la plupart) étaient mordus trop régulièrement pour ne pas en souffrir; il a donc fallu agir !

J'ai joué la carte de la gourmandise avec le piège que j'utilise de temps en temps (cf article ICI): un sac plastique transparent est finement perforé et l'ouverture est rigidifiée pour qu'il reste ouvert et gonflé dans le flux du bac, l'ensemble a alors été placé au fond entre la vitre et les roches sur le sable, j'ai placé un corail à l'entrée et "l'appât magique" au milieu du sac, à savoir une énorme moule (tous les anges sont terriblement friands du manteau de moules), appât qui ne pouvait pas sortir du sac à cause du corail à l'entrée.

Après environ 15 minutes, le Xanthurum est allé tranquillement manger dans le sac, j'ai été forcé de le sortir à la perche… c'est assez énervant quand je repense à l'après midi entière que j'avais passé voilà 2 ans pour tenter d'attraper ce même chirurgien avant de devoir sortir tout le décor… le Dimidiatus et le Centropyge ont suivi, j'en ai profité pour fermer l'ouverture du sac avec ma perche et pour capturer ce Centropyge qui tapait nos polypes depuis un moment: c'était l'occasion de le passer dans le bac de poissons, d'autant plus qu'il serait plus sûr d'introduire le Centropyge et le Trimaculatus en même temps, plutôt que le petit Trimaculatus seul, ce pour détourner l'attention des gros poissons… qui sont parfois un peu trop curieux avec les nouveaux.

Remise en place du dispositif, attente, le Ctenochaetus, le Dimidiatus le Xanthurum et l'Hépatus s'amusent à me narguer dans le sac, vont jusqu'à me sortir la moule, à se demander si ils ne voulaient pas aller en offrir au petit Trimaculatus qui observe de loin cette attraction. J'ai souvent constaté que les poissons doivent se sentir "observés" en aquarium, car il est courant de voir tous les poissons passer dans un piège ou devant une épuisette, sauf celui que l'on souhaite attraper ce jour là et que l'on fixe du regard… comme quoi, ils ne sont pas fous dans leur bocal.

Mais le petit diable fluo est jeune et gourmand, il n'a pas fallu beaucoup plus d'une demi-heure avant qu'il ne se fasse prendre. Direction le bac de quarantaine qui était alors positionné en circuit ouvert (filtration commune) avec le bac de poissons... le Trimaculatus et le Centropyge n'ont plus de coraux à taper


Le Diable jaune n’a donc pas nagé très longtemps dans le Récifal, mais si vous êtes joueur, alors pourquoi ne pas le tenter dans le vôtre... personnellement, le choix a été fait très vite !

Je ne me faisais pas trop de souci pour le Centropyge, par contre, je me demandais bien comment allaient réagir mes grands Anges en voyant arriver ce nabot 10 fois plus petit qu'eux et surtout incapable de se défendre, d'autant plus qu'il ne fuyait pas devant les attaques du Centropyge. Le soir même, j'ai donc remis le Trimaculatus dans le box transparent percé dans un coin du grand bac avec un tuyau permettant d'injecter des artémias à la seringue pour le nourrir. Tous les grands poissons sont alors venus voir ce nouveau venu qui visiblement commençait à se sentir nettement moins en confiance avec un tel entourage… surtout lorsque le Baliste jouait avec la poignée du couvercle du box et baladait alors le Trimaculatus un peu partout dans le bac !!

Décembre 2007: une fois libéré, beaucoup de monde se demandait ce que ce petit diable jaune osait venir faire ici...

J'ai patienté environ 10 jours, le temps de trouver un repreneur pour ce Trimaculatus en cas d'échec, et j'ai fini par larguer le Centropyge et Nanotrimac dans le grand bac sous haute surveillance. A ma grande surprise, tout s'est très bien passé, bien mieux que lors de l'introduction d'un nouveau poisson plus grand : je pense qu'il y avait tellement d'écart de taille que les grands poissons en place n'y ont pas vu de menace. Le Trimaculatus s'est quand même permis de se déployer et de tenter de repousser le Baliste pour une moule : à voir le rapport taille de la machoire du Conspi / épaisseur du corps du Trimaculatus… il m'a fait un peu peur !!


En Janvier 2008, ce petit Trimaculatus évoluait depuis plus de 2 mois dans le bac des grands, sans aucun souci, il ne subit aucune pression notable de son entourage pour le moment, grandit à vue d'oeil et fait preuve d'une activité débordante.

Début janvier 2008: actif et trop curieux, les autres grands Anges font preuve d'une étonnante tolérance

BILAN:

L'Apolemichthys trimaculatus est un beau poisson, actif, qui anime très bien un bac, et son prix reste encore raisonnable. Cependant, un peu à l'image d'un Pygoplite, il faut lui réserver un bac sans trop de concurrence intraspécifique, puisque ce n'est pas un Ange agressif, et qu'en cas de conflit, il finit par être dominé et s'affaiblit: la seule solution en espace clos pour ne pas risquer la perte d'un Trimaculatus étant alors le retrait du sujet agressif et dominant.

On peut souvent lire au sujet des Apolemichthys qu'ils présentent un régime alimentaire spécifique en milieu naturel; j'ai proposé une multitude de choses (dont des éponges, des tuniciers) à mes deux exemplaires et ils ont toujours préféré l'alimentation standard des Anges (je n'ai à ce jour pas rencontré de souci d'alimentation). Je n'ai toutefois pas assez de recul au sujet de ce mythe alimentaire des Apolemichthys, j'espère pour le moment que ce régime spécifique peut être substitué en aquarium, à condition de ne pas avoir une trop grosse concurrence.

Ce poisson est pour moi un bel Ange mais plutôt un " Ange de second rang ", car il n'a pas le caractère d'un Pomacanthus, et son comportement en aquarium semble moins complexe que ces derniers; ce n'est évidemment qu'un avis personnel. En effet, sa vie s'approche plutôt de celle d'un chirurgien qui passe son temps à brouter le décor que de celle d'un Empereur, d'un Annularis ou d'un Xanthometopon bien bornés qui défendront leur cachette jusqu'à la mort et parfois en grognant très fort!!

Si votre bac tourne depuis un moment, s'il est bien équilibré, si vous n'avez pas d'Ange agressif et si vous n'avez pas peur pour vos coraux, je vous conseille tout de même l'Apolemichthys trimaculatus pour sa couleur et son activité débordante, il se fera un plaisir d'animer votre bac mais une chose est sûre: l'élagage de polypes fait partie de ses passe-temps favoris!


Je ne manquerai pas de compléter cet article au fil du temps, lorsque mon Nanotrimac aura pris de l'âge, notamment en compagnie du Baliste conspicillum!




Article initialement écrit pour Corallium.net

Article: S. Ginguené

Photo: A. Ginguené

Janvier 2008.

News d’octobre 2008:

Notre NanoTrimaculatus se porte à merveille, il semble s’être parfaitement habitué à l’alimentation Agar-Agar que je propose, il grandit plutôt lentement mais surement, et même si il reste le “ Nain du bac “, il est toujours aussi actif. Voici quelques photo de Mars 2008:

Mars 2008, la clef de la survie dans le FO: la méfiance !!

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