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    <title></title>
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    <description>Arrivés le 17 février 2004 à Eden, un petit village caché au milieu de la forêt du Norrland Etienne, Nina et Téa ne pensaient rester que quelques mois. Ils restèrent finalement deux ans.</description>
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      <title>EdEN déclarée zone aurorale</title>
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      <pubDate>Mon, 3 Mar 2008 20:54:55 +0100</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Entr%C3%A9es/2008/3/3_EdEN_d%C3%A9clar%C3%A9e_zone_aurorale_files/P1010323-2L_1.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Media/P1010323-2L.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:128px; height:96px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;“Provoquées par l'interaction entre les particules chargées du vent solaire et la haute atmosphère, les aurores se produisent principalement dans les régions proches des pôles, dans une zone annulaire justement appelée « zone aurorale » (entre 65 et 75° de latitude)”&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et je vous le donne en mille, quelle est la latitude d’Eden ? eh bien pas loin de 64 !!!&lt;br/&gt;SI intéressé par de plus amples détails je vous renvoie &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Aurore_polaire&quot;&gt;ici&lt;br/&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;Un grand merci à Peter pour ses exceptionnelles photos prises lors de son séjour à Eden la semaine dernière !</description>
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      <title>Une décision difficile</title>
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      <pubDate>Mon, 19 Sep 2005 08:32:27 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Entr%C3%A9es/2005/9/19_Une_d%C3%A9cision_difficile_files/javascript-openCurrentImage%28%29.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Media/javascript-openCurrentImage%28%29_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:128px; height:96px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;La fin de notre première année annonçait le début d'une période de doute. Maintenant capable de m'exprimer, même simplement, en suédois, je décidais de ranger ma petite méthode du suédois sans peine. Le temps était venu de me préoccuper de trouver un travail. J'avais gagné jusqu'ici quelques billets en rédigeant des articles de management pour le compte d'une petite société d'édition parisienne avec laquelle j'étais rentrée en contact avant notre départ. Ce travail touchait à sa fin en février. Nina de son côté venait de débuter des études en septembre dernier qui ne se finiraient pas avant deux ans.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J'envisageais un moment sérieusement de devenir fermier. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Après tout nous vivions dans une ferme, dans un lieu enviable, avec quelques hectares de prés et de forêt. Un voisin avait lui aussi reprit une ferme dans le village et s'apprêtait à vendre ses premiers fromages fermiers fabriqués avec le lait de ses petites vaches de montagnes qui broutaient sous nos fenêtres. Son expérience l'avait à peu près aussi mal préparé que moi à ce nouveau métier puisqu'il était encore aujourd'hui chirurgien. L'homme était d'une nature entreprenante.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Invité à dîner un soir dans sa ferme, il m'avait raconté brièvement son histoire. A mon âge, il traversait l'Atlantique pour terminer ses études de chirurgie du cœur aux Etats-Unis où quelques années plus tard il rencontrerait sa femme. Un rêve d'enfant les reliait secrètement. Devenir paysans. Pas des paysans modernes au volant de lourdes machines qui écrasent de leur masse d'innocents petits vers de terre oxygénant les sols, pas un paysan emprisonnant ses vaches les privant ainsi du soleil levant et des trains qui passent, non bien sur, les images de leur rêve ressemblait à une sorte d'album photos où on aurait éparpillé des images un peu jaunies de la &quot;petite maison dans la prairie&quot; avec les garçons habillés de solides chemises à carreaux, et les jeunes filles de longues robes de lin, avec des cartes postales suédoises où on voyait d'immenses forêts de sapins. Comme ils étaient maintenant deux à partager les même idées, ils durent penser qu'elles n'étaient peut être pas si folles, alors pendant de nombreuses années ils cherchèrent la ferme de leurs rêves dans le sud de la Suède. En vain. Et puis un jour, le destin s'invita  sous la forme d'une sobre annonce immobilière avec une petite photo dans un journal. Sur la photo on voyait la petite ferme rouge bâtie en bois de pins qui  se tenait à deux pas de chez nous. C'était il y a dix ans. Ils achetèrent immédiatement la ferme et les paisibles moutons qui dormaient à l'intérieur, les chemises à carreaux, et les robes en lins. Six robes, et quatre chemises parce que dans leur rêve on voyait beaucoup d'enfants. Les moutons moururent les uns après les autres pour des raisons inexpliquées, peu de temps après leur installation. Cet incident qui en découragerait plus d'un les amena à faire un peu d'ordre dans leur rêve pour lui permettre de survivre à cette épreuve, ne  conservant que les images essentielles comme la ferme et les chemises à carreaux. Ils rangèrent les robes en lin peu pratiques, et achetèrent des vaches laitières pour remplacer les moutons. Pas n'importe quelle vaches, mais de petites vaches de montagnes noires et blanches dont la petite taille s'adaptait parfaitement aux installations de leur vielle ferme, pour fabriquer du fromage fermier au lait cru dans un pays où on ne voyait bien souvent dans les rayons des supermarchés que d'insipides fromages sortis d'usine à fromage,  à pâte dur, parce que c'est plus pratique pour les sandwich, pasteurisés parce que c'est moins risqué pour sa santé, sans trop de goût pour ne heurter le palais de personne, parce qu'ici le consensus est roi. Pourtant la Suède changeait et on voyait germer dans les rayons de plus en plus de fromages qui puent bien emballés, importé du Danemark ou de France. Les deux apprentis fromagers se formèrent à leur nouveau métier sur les bancs d'une école, où le professeur venait d'un pays où on n'a pas peur des fromages qui puent. Il s'appelai André et ne cachait pas sa fierté d'être français. Les années avaient passées, huit enfants plus tard, leurs bleus  et leur Tome d'Eden au lait cru s'affinaient dans leurs caves avant d'être commercialisés dans quelques mois pour la première fois cette année.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Amicalement et avec peut-être un peu d'arrière pensées mon voisin m'encourageait à faire le pas moi aussi. Devenir fermier comme lui. Il nous fît même cadeau d'un veau comme pour nous mettre à l'essai. Jamais à court d'un projet il nous envisageais déjà éleveurs fromagers, non pas dans le créneau déjà occupé de la vache, mais dans celui de la chèvre. On s'arrachait le fromage de chèvre fermier sur les tables de restaurants branchés de Stockholm me disait-il. Il n'en fallait pas beaucoup plus pour me faire rêver. D'ailleurs avais-je fait autre chose depuis mon arrivée sur le sol suédois dans ma ferme d'un autre âge où isolé des hommes comme du monde, rien ni personne ne pouvait m'empêcher de penser que rien n'avait changé depuis 1550, année où les ancêtres de Nina posaient les premières planches de leur ferme sur le territoire d'Eden, qu'on pouvait bien mouler à la main comme autrefois du fromage de chèvre dans les moules en bois de notre petite fromagerie. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je réfléchis plusieurs mois durant, avant de comprendre que mes rêves de fermier n'étaient pas habités des mêmes  envies. La petite maison dans la prairie était un rêve américain, un rêve de pionnier, un rêve d'entrepreneur. D'une nature plus contemplative et voyageuse, je ne trouvais pas ma place dans ce scénario là.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Déçu par cette prise de conscience, je vivais des moments inquiets pour la première fois depuis notre arrivée,  incapable de m'inventer un avenir ici. Un matin, je me découvris soudainement prisonnier. Je ne voyais plus le soleil illuminer la forêt enneigée, je n'entendais plus les oiseaux chanter, l'esprit obsédé par une soudaine envie de fuir. J'organisais dès lors mon évasion. Pour cela je nouais des contacts avec l'extérieur, dans la ville, à Stockholm, où un bus me conduisait après sept heures d'un trajet monotone. Je replongeais ainsi brusquement dans un monde que j'avais presque oublié depuis un an, un monde où ses habitants ne voyaient pas le soleil se coucher derrière les arbres le soir.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Comme un voleur traqué par d'invisibles poursuivants j'habitais chaque mois, une semaine, chez une amie de Nina, chaque fois différente, à Stockholm ou dans sa banlieue. Je rentrais à Eden épuisé par des nuits sans sommeil, et des journées où j'enchaînais les rendez-vous avec des chasseurs de têtes. Je ne cultivais plus mon jardin mais une humeur qu'on appelle l'amertume. Mes tentatives d'évasions échouaient. Maintenant blessé dans mon orgueil, l'amertume se fit colère. Je ne voulais plus seulement m'échapper d'Eden mais de la Suède toute entière.  Nina écouta avec patience plusieurs semaines durant les plaintes d'un animal blessé fait prisonnier. J'élargissais alors mes recherches à toute l'Europe, répondant froidement à chacune des annonces correspondant à mon pedigree. C'est ainsi que le téléphone sonna un jour de Juillet. J'entendis la voix d'une jeune femme évoquer un poste en Suisse pour un groupe pharmaceutique mondial. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;L'univers de la pharmacie ne m'était pas totalement inconnu. Au cours de mes études j'avais effectué un stage professionnel près de Rouen, pour étudier pendant six mois les secrets de fabrication d'un fortifiant liquide conditionné dans de petites ampoules de verre fumé. J'étais enthousiaste à l'idée de découvrir le procédé de fabrication d'un médicament que mon médecin de famille m'avait prescrit plus jeune, ces petites ampoules qu'on ouvrait en brisant les deux petites extrémités pointues.  A mon arrivée dans l'usine à médicaments on m'avait proposé de me faire découvrir sans tarder l'origine de la miraculeuse potion magique . Au bout des couloirs jaunes dans un hangar immense. Mes poils se raidirent de froid et d'inquiétude quand on ouvrit la lourde porte en acier. L'aiguille d'un thermomètre indiquait les moins  trente degrés. Quand mes yeux s'étaient habitués à l'obscurité silencieuse de l'entrepôt, ils avaient vu terrifiés et incrédules, plusieurs milliers de petits cadavres d'agneaux inertes alignés en rangs serrés sur de hautes étagères. Une fois broyés on en tirait le fortifiant pour enfants anémiés. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Mon éloignement géographique ne facilita pas l'organisation des entretiens de recrutement. A cent kilomètres d'Eden se trouvait une université et une salle de vidéo-conférence moderne d'où je pu m'entretenir avec des responsables de la multinationale installés derrière une caméra en Suisse.  Ils s'impressionnèrent de ma motivation pour le poste et l'entreprise quand il ne s'agissait que d'une envie de fuir, habillée de mots choisis pour eux. Nina et une amie venue passer quelques semaines à Eden pour ses vacances, me soutenaient sans juger mon comportement. Quelques jours plus tard on m'invita à Bâle, pour me faire rencontrer d'autres responsables. Nina était du voyage de façon à lui permettre de se faire une opinion sur la ville et ses environs. Ce fût un moment excitant pour tous les deux. Après un an et demi de calme, isolé des trépidations modernes, ce recrutement avait paradoxalement comme un parfum d'aventure. Téa qui ne voulait plus devenir docteur pour animaux mais &quot;découvreuse&quot;, venait de partir en vacances chez mes parents en France, voyageant en avion pour la première fois toute seule. Quand je lui avait décrit nos projets avant son départ elle m'avait dit  &quot;Ah mais c'est très bien la Suisse je ne connais pas&quot; sans qu'on sache si elle comprenait toute la portée de ses propos. On atterrit à l'aéroport de la ville de Bâle où il y avait deux sorties. Une pour la France une autre pour la Suisse Alémanique. On quitta le petit aéroport par la seconde. Un taxi nous conduisit jusqu'à notre hôtel situé dans le centre historique de la ville. Je regardais par les fenêtres de la Mercedes le paysage urbain défiler, avec ses façades tristes, ses panneaux publicitaires trop voyants, au loin on voyait des cheminées d'usines, et des immeubles de bureaux de vingt étages au moins, je m'informais auprès du conducteur qui me répondit qu'il s'agissait de l'une des usines et du siège de l'entreprise qui s'intéressait à moi. En arrivant à l'hôtel je découvrais une chambre identique à toutes les chambres d'hôtel où j'avais eut l'habitude de passer une ou plusieurs nuits lors de mes déplacements comme consultant. On n'entendait que le silence du luxe discret. La fenêtre de la chambre donnait sur une petite rue peu passante. On avait recouvert tous les murs d'un revêtement décoratif en bois, de la moquette épaisse étouffait les bruits de pas, un lit ergonomique occupait presque toute la surface de la chambre avec sur le matelas une petite boîte de chocolat suisse en guise de bienvenue, un petit bureau avec un téléphone pour appeler le personnel requis pour son service, un mini-bar bien rempli, une télévision avec cinquante canaux, une salle de bain carrelé d'un blanc neutre avec une grande baignoire et un miroir sur toute la surface du mur, et même un parapluie offert par l'établissement dans la penderie où était dissimulé un petit coffre fort, d'ailleurs c'était le genre de chambre qui vous donnait le sentiment d'habiter un coffre fort.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;On sortit presque aussitôt pour découvrir la ville. Il pleuvait. Le parapluie offert par l'hôtel aurait pu nous être utile si nous ne l'avions pas oublié. Le petit centre ville ne manquait pas de charme avec ses vielles maisons à colombages qui lui donnait comme un air d'Alsace. On joua un peu au touristes,  mais comme des touristes qui évaluaient leur envie d'habiter là,  puisque tel était peut-être à cet instant notre avenir. On était un dimanche, et comme dans toutes les villes provinciales le dimanche les rues étaient vides, tout comme les restaurants. Finalement lassés par notre promenade sous la pluie on dîna sans beaucoup de joie dans un restaurant italien désert, avant de rentrer à notre hôtel vers les dix heures. Tendu par la perspective des entretiens du lendemain j'avalais un cachet qui n'était pas fabriqué par l'entreprise pour laquelle j'étais ici, avant de m'endormir presque immédiatement avec le son d'une chaîne française en arrière plan que regardait Nina. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Comme indiqué par l'entreprise je montais le lendemain matin à 7 heures trente dans le tramway numéro 11 qui s'arrêtait à deux pas de l'hôtel pour me rendre au siège de la multinationale du médicament. Un peu inquiet de me tromper de station je me tournais vers l'homme qui se tenait derrière moi en costume rayé, pour m'informer de l'arrêt le plus proche du siège de l'entreprise. C'était un anglais qui justement travaillait pour cette entreprise. Année après année on lui avait proposé de nouvelles responsabilités, il était là maintenant depuis dix ans. Il me rassura avec un léger sourire sur la station où je devais descendre.  Toute la ville devait travailler pour la même entreprise car une bonne partie du wagon descendit comme un seul homme. Arrivé devant les portes de l'entreprise je patientais quelques instants avant que les services de sécurité ne me remettent un badge, puis me dirigeais vers l'immeuble où on m'attendait. Sur ma gauche je vis l'usine et sa cheminée rouge et blanche que j'avais déjà observé derrière les fenêtres du taxi, en face on ne voyait qu'une vaste zone en chantier avec des grues immenses, et au milieu de cette zone un immeuble où sur chaque fenêtre il y avait comme un rideau de vert coloré de vert, de rouge ou de jaune. Arrivé devant l'immeuble de verre, les lourdes portes s'ouvrirent spontanément. J'entrais dans un hall illuminé des rayons du soleil. Après quelques minutes d'attente quelqu'un vint à ma rencontre pour m'accompagner au deuxième étage. Les portes de l'ascençeur s'ouvrirent sur des bureaux paysagers. Il y avait tant d'espace que les petits bureaux avec leurs utilisateurs assis derrière des ordinateurs dernier cri semblaient comme écrasés par tout ce vide.  Une personne s'avança vers moi. Je reconnu le visage de la jeune femme avec lequel j'avais dialogué derrière un écran de télévision lors de mes premiers entretiens. Elle paraissait plus fatiguée, ses gestes et le débit de sa voix plus lents. Elle me souhaita la bienvenue avant de m'installer dans un petit bureau fermé où je reçu la visite de quatre personnes au cours de cette première matinée puis de quatre autre le lendemain matin. Les entretiens se déroulèrent tous en anglais, coloré d'accentuation nationale variée comme l'allemand, le belge, ou le français. Tout le monde se montra sous son meilleur jour, on me pria de raconter mon passé professionnel, me soumit quelques problèmes à résoudre. Dans l'ensemble j'étais satisfait par l'attitude simple et concrète de mes interlocuteurs, et aussi parce que je réussi à communiquer ce que j'avais préparé. L'envergure du poste m'impressionnait un peu, puisqu'il s'agissait de mettre un nom sur les futures leaders des neuf mille collaborateurs des vingt quatre usines implantées dans le monde.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Une fois les entretiens terminés nous avions rendez-vous à l'hôtel Nina et moi avec une femme chargée de nous faire découvrir Bâle et sa région. Elle parlait français, aimait sa ville, mais nous confia un peu plus tard avoir pour projet d'ouvrir un petit hôtel en Alsace. Peu habitués à jouer les touristes pressés nous appréciâmes l'efficacité de notre guide grâce à qui on visita les principaux quartiers, des appartements de styles variés, et même une école où on imagina sans difficulté Téa grimper sur le mur d'escalade bien plus haut que celui de Junsele. La pédagogie de l'école mêlant expérimentations et réflexion sur ses apprentissages impressionna beaucoup Nina. Elle pu même s'entretenir avec un professeur suédois. Ses dix milles Euros de cotisations annuels m'impressionnèrent encore plus. Le mercredi matin on rangea nos affaires, et repartit pour Eden.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A  peine deux jours après notre retour on m'appela un matin pour me communiquer le résultat de mes entretiens. Je décrochais le combiné essoufflé par ma course en provenance du fond du jardin où j'étais occupé à cueillir des groseilles déjà un peu trop mures. Quand j'entendis qu'on souhaitait me faire une proposition financière enchantés qu'ils étaient par les entretiens, je restais silencieux une très longue seconde le temps de reprendre mon souffle, mais aussi de comprendre les sentiments contradictoires qui émergeaient en moi. Une seconde ne suffit pas pour penser avec clarté et  je feignais un enthousiasme prudent pour ne pas hypothéquer l'avenir, comptant sur le temps pour démêler ce mélange d'envie et de rejet dans lequel me laissait leur décision. Quelques jours plus tard on me communiqua une proposition qu'on pourrait sans exagérer décrire comme impossible à refuser. Un salaire deux fois supérieur à  mon salaire parisien, s'ajoutait à cela un ensemble de compensations financières équivalent environ à six mois de salaire destinées à me faire oublier les petites et grandes difficultés créées par un déménagement en Suisse, comme le paiement des deux allers retours par mois pendant un an entre la Suisse et la Suède. J'avais en effet laissé entendre que je partirais seul en Suisse dans un premier temps.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour la première fois depuis notre départ en Suède j'étais placé devant un véritable choix. Nina me laissant totalement libre de décider. Etudiant à distance notre lieu d'habitation ne représentait pas pour elle une contrainte insurmontable. Je pensais aussi bien sur à Téa mais j'étais beaucoup moins inquiet à ce moment là pour elle que lors de notre premier déménagement vers la Suède. Elle nous avait montré il y a un an et demi avec quelle facilité un enfant bien entouré peut changer d'environnement. Il y avait à Bâle une école française, mais aussi cette école internationale qui nous avait beaucoup impressionnée.  Ma vie pouvait prendre le chemin de la Suisse, avec à la clé une carrière internationale dans une entreprise mondiale, offrant des perspectives d'évolution professionnelles variées un peu partout dans le monde. Je pouvais même m'imaginer devenir riche, ou au moins dégagé de toute préoccupations financières, maintenant, et le jour où je prendrais ma retraite. Je pouvais m'imaginer voyager à travers le monde, je pouvais m'imaginer offrir de nouveau à Nina cette petite robe à fleur ou ce chemisier mauve qu'elle ne tarderait pas à remarquer en passant devant une vitrine, elle pourrait prendre rendez-vous chez le coiffeur branché en bas de  l'hôtel où nous avions dormis tous les deux à Bâle, elle pourrait être assurée de terminer ses études  maintenant que je travaillais   à nouveau. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Alors pourquoi était-ce si difficile soudainement de se décider? Etait-ce la peur de quitter notre refuge où après un an et demi un peu à l'écart de la course effrénée du monde moderne nous commencions tout juste à récolter les fruits de notre aventure. Je parlais maintenant suédois, découvrais grâce à l'usage du langage retrouvé une richesse parfois insoupçonnée chez mes voisins ou des proches,    Téa ne cessait chaque jour de s'épanouir, de gagner confiance en elle dans cette liberté qu'offre la véritable campagne, sans les yeux d'un adulte inquiet et curieux en permanence par dessus son épaule, n'avait-elle pas trouvé en elle le courage de pendre l'avion toute seule à seulement six ans et demi pour rejoindre cet été son cousin et ses cousines en France ? Nos relations s'était enrichies de toutes ces grandes et petites expériences vécues ensemble comme ces semaines passées seuls tous les deux à s'entraider quand sa maman partait étudier, on prenait goût à cette vie simple et créative où on faisait  pousser nos propres légumes plutôt que de les acheter au supermarché, où on se réveillait chaque matin et se couchait chaque soir avec cette humilité nouvelle de ceux qui vivent au contact d'une nature immense, attirante par sa beauté et violente dans ses humeurs quand elle soufflait son vent violent et ses bourrasques de neige,  où on s'entraidait entre voisins plutôt que de sortir son portefeuille.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Mais qu'allais-je devenir en restant dans ce village isolé incapable de m'inventer un avenir ici ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Après plus d'une semaine à me questionner sur l'intérêt des deux possibilités qui s'offrait pour notre avenir à tous les trois, après une semaine à téléphoner autour de moi à des amis pour m'aider à voir clair dans ma confusion, je restais totalement indécis au point d'envisager de débrancher à tout jamais notre téléphone pour ne pas entendre la question qu'on allait me poser un lundi &quot;Qu'avez-vous décidé ?&quot;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je cherchais une réponse introuvable à une question mal posée. La question n'était pas en effet, &quot;Devons nous partir en Suisse, ou rester à Eden?&quot; mais pourquoi avais-je trouver l'énergie de quitter Paris. Chaque fois qu'on m'avait poser la question avant notre départ j'avais énuméré une multitude de raisons, comme l'envie de changer, celle de découvrir la culture de la femme que j'aimais, permettre à ma fille de découvrir ses racines suédoises.  La diversité et le nombre des raisons invoquées étaient comme un épais nuage de brouillard pour cacher un mensonge tout simple. Je n'en savais rien du tout, je voulais juste fuir. Mais fuir quoi ? Fuir l'état de conflit dans lequel j'étais dans l'espoir de trouver la paix à Eden, en Suède. On ne pouvait trouver plus belle représentation de la paix que cette vieille ferme endormie sur l'herbe douce d'une clairière au centre de la forêt immense. Une année durant j'avais fait l'expérience de cette paix, de ces journées tranquilles passées à écouter le bruit de la nature, a sentir sa respiration, ses odeurs de terre humide et d'humus, dans le silence du vent qui passe. Et puis les ingrédients du conflit à l'origine de mon départ éclorent à nouveau au printemps de notre seconde année ici. Conflit entre l'amour et l'envie, conflit entre l'amour de la vie et le besoin d'être grand. Je n'avais jamais aimé mon travail mais j'avais eu envie de ce qu'il m'apportait, ce respect que je lisais dans le regard des autres.  Ainsi j'avais toujours accomplit jusqu'ici ce que je savais faire de mieux mais peut-être pas ce que j'aimais. L'amour m'aurait rendu faible et vulnérable. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le lendemain matin je communiquais ma décision. Avec une joie intense je m'asseyais immédiatement après derrière l'écran de mon ordinateur pour faire enfin ce que j'aimais. Ecrire.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;FIN</description>
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      <title>La fin du monde ? </title>
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      <pubDate>Tue, 1 Mar 2005 15:14:45 +0100</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Entr%C3%A9es/2005/3/1_La_fin_du_monde_files/8099_L.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Media/8099_L.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:128px; height:96px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Une après midi pluvieuse du début du mois de juin, aux faux airs de Bretagne, des odeurs de terre et de sous-bois humides, la pluie comme un voile fin, toujours la pluie, un ciel bas, gris, de la brume, et puis parfois une éclaircie, un vent frais, qui vient de loin, une après-midi aux faux airs de Normandie.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;C'était bon pour l'herbe tout ça, pour la photosynthèse qu'étudiait assidûment Nina, entre autres mécaniques secrètes de dame nature, les premières fleurs sortaient de terre dans l'herbe folle que je n'avais pas coupée comme le faisait consciencieusement les gens d'ici, des hirondelles s'amusaient de leurs looping contentes de retrouver les nids intacts dans les granges pour l'été, et Kajsa la chèvre accouchait de deux chevreaux qu'on appela Loulou et Lilie, puisque Téa en avait décidé ainsi, ça courait, sautait, tombait,  et rabotait insolemment le bois dur des maisons de leurs petites dents coupantes. Le père, Sacha le bouc, jouait les indifférents, mais sous ses deux lourdes cornes se cachait un cœur tendre de papa se laissant sans braire tirer les poils par ses deux turbulents rejetons.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je travaillais derrière l'écran de mon ordinateur quand je fus interrompu par trois coups brefs frappés sur la porte d'entrée. En général, si personne ne venait ouvrir, les voisins prenaient la liberté de pousser la porte après s'êtres ainsi annoncés, et tant pis si vous étiez justement occupé à ce moment là sous votre douche ou sur votre cabinet.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Mais cette fois-ci personne n'entra car j'avais fermé la porte à clé. Non pas pour me protéger de l'inquiétude curieuse d'un villageois,  puisque je travaillais, mais pour empêcher la détestable habitude qu'avaient maintenant mes chats d'ouvrir la porte d'entrée en s'agrippant d'un bond à la poignée de la porte entrant ainsi eux aussi sans prévenir et sans refermer la porte derrière eux, m'obligeant à le faire à leur place.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- &quot;Jag kommer, jag kommer&quot; (&quot;J'arrive, j'arrive&quot;)  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;dit-je, sur un ton dérogeant probablement à toutes les règles de politesse suédoise.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Heureusement, aucune oreille de suédois ne fût froissée par mon humeur.  Se tenait derrière la porte , que j'ouvrais sans ménagement, Nina, en compagnie d'un jeune couple inconnu, un homme, moustachu, souriant beaucoup, avec de petites lunettes rondes, et une jeune femme, fluette, de longs cheveux noirs.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nina qui rencontrait des gens partout et même dans une des régions les moins peuplées d'Europe croisa homme et femme en chemin. Ils se disaient intéressés par une visite de la ferme. Munis d'une dizaine de clés de formes et de poids différents le jeune couple découvrit ainsi notre ferme musée.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J'écoutais Nina raconter joyeusement comme si elle le faisait pour la première fois l'histoire de chacun des bâtiments intimement liée à celle de ses ancêtres. Le jeune couple semblait se passionner par la visite et par les petites anecdotes de Nina. C'était l'occasion pour moi d'en apprendre un peu plus que les fois précédentes étant donné la progression de mon niveau de compréhension du suédois. Malgré tout, n'étant d'aucune utilité autre que décorative je commençais à regretter de m'être joint par politesse à la balade qui s'éternisait.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nous étions maintenant derrière l'étable quand le jeune moustachu découvrit l'ancien garage où se trouve aujourd'hui encore un vieux tracteur Massey Fergusson immobilisé là depuis une bonne trentaine d'années, dans des odeurs d'huiles et de moisi. Contrairement à nos visiteurs habituels l'homme négligea l'antique machine agricole et se passionna immédiatement pour un robuste et massif étau en acier trempé suédois fixé sur un établi.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Presque immédiatement il proposa à Nina d'acheter l'objet qui soulevait visiblement chez lui un enthousiasme que probablement seul un bricoleur pourrait se représenter. Personne ne semblant considérer mon avis comme essentiel dans ces affaires de bricolage je jetais un œil distrait sur l'outil, mais ne dit mot, Nina accepta sans accorder beaucoup d'attention à l'outil trop heureuse de faire plaisir au gentil moustachu. S'absentant la semaine suivante elle me proposa de régler les détails avec notre visiteur.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le tour des granges, des animaux, et des souvenirs enfin terminé nous regagnâmes la maison où nous fîmes un peu mieux connaissance. Originaires d'Allemagne de l'Est, ils s'établirent en Suède quelques années plus tôt où après un séjour de quelques années dans l'extrême nord de la Suède, ils nous racontèrent s'être installés dans la région à la recherche d'un vieux rêve, habiter dans une maison en pleine forêt  dans une autonomie presque totale, sans électricité, puisant leurs besoins en eau dans une source, chassant l'élan l'hiver, pêchant l'été. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pendant quelques secondes leur cabane me fît moi aussi rêver, et puis je me souvins de Nina, Téa et moi blottis au premier étage de notre maison chauffée à l'électricité, une semaine où le thermomètre frôlait les -30°C cet hiver, et l'image de la cabane se figea comme de la glace, se brisa et s'évanouit sans laisser la moindre envie.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;L'homme qui s'appelait Gérard me proposa de le suivre en été faire un tour de canoë, qu'il avait bien sur construit lui-même. La perspective de ramer en compagnie d'un inconnu autonomiste sur une frêle embarcation de bois en pleine forêt m'effraya un peu, mais j'acceptais.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Quelques jours plus tard, un énorme véhicule tout terrain s'avança sur le chemin qui menait à notre ferme, manquant de peu d'écraser une poule qui picorait quelques vers de terre, avec à son volant, le dénommé Gérard, venu démonter l'étau. Ces quelques jours m'avaient laissé le temps de réfléchir et je n'étais plus très sûr d'avoir envie de céder cet outil. Quelque chose me retenait.  J'imaginais l'oncle Elias, dernier occupant de cette ferme, il y a un peu plus de trente ans, se servir de l'outil pour entretenir quelques pièces mécaniques de l'ancestral tracteur Massey Fergusson. On a dit de l'oncle Elias qu'il refusa jusqu'au bout de céder ne serait-ce qu'une vieille charrue usée, fier et jaloux du patrimoine accumulé par ses ancêtres.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Déjà en dette avec Elias et plusieurs générations de la famille de Nina, eux qui défrichèrent la forêt et établirent cette ferme nous permettant des années plus tard de vivre comme des voleurs des moments uniques, j'avais l'impression que nous bradions ce qui ne nous appartenait pas. Malgré cet accès de nostalgie, je ne voulais pas non plus faire marche arrière. Cet homme d'apparence sympathique et qui se disait artisan ferait bien meilleur usage que moi du legs de l'oncle Elias.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Après avoir démonté l'outil, j'invitais Gérard à boire un café dans la cuisine pour faire un peu mieux connaissance. L'étau était déjà dans sa voiture, mais nous n'avions toujours pas discuté du prix. Sans aucunes connaissances en bricolage, j'étais bien sur incapable de me faire une idée de la valeur de ce bel objet construit à une époque où un outil était fait pour durer.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En feuilletant un catalogue d'outillage vendus par correspondance que je montrais à Gérard, nous vîmes des outils similaires mais à l'évidence de moins bonne facture. Souhaitant montrer qu'il m'importait d'avantage de lui faire plaisir que de gagner quelques billets, je laissai mon hôte fixer son prix.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- &quot;Din pris är min pris&quot; (&quot;ton prix sera le mien&quot;) dis-je fièrement !  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je m'étranglais en silence, quand l'autonomiste bricoleur me proposa avec un peu d'hésitation pour le magnifique étau en acier trempé de l'oncle Elias, moins que le moins cher  de tous les outils bon marché du catalogue.  Piégé par ma réplique précédente, j'acceptais du bout des lèvres de céder l'outil familial, imaginant l'oncle Elias rageur devant le sourire que je devinais maintenant, sans toutefois pouvoir l'affirmer, derrière les poils du moustachu. Ma dette envers l'oncle Elias s'alourdissait de tout le poids de l'acier de l'outil.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Indifférent au terrible conflit intérieur entre moi et les ancêtres de Nina qui grondait sous mon crâne, l'homme me félicita pour mon sens des affaires, et me fit part des difficultés qu'il rencontrait avec d'autres locaux qui refusaient de lui céder comme je venais de le faire divers outils qu'il convoitait. Je m'étranglais encore un peu plus, pensant que ces diables de suédois s'en tiraient bien mieux que moi dans ces négociations avec le passé.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt; &quot;Le pire, c'est qu'un de vos voisins qui refusait de prendre seul la décision de me vendre ses outils faute d'être certain d'être le propriétaire d'une vielle bâtisse abandonnée, s'est fait cambrioler quelques jours plus tard, avant que le conseil de village rassemblé pour l'occasion n'ai eu le temps de statuer sur la question&quot; &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;me dit-il.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je ne savais pas si cette remarque était destinée à me rassurer sur le bien fondé de notre transaction mais elle éveilla ma curiosité, me donnant l'occasion de changer de sujet.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- &quot;Et qu'est ce qui vous a poussé à venir en Suède ? &quot;  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;lui demandais-je.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je m'attendais à ce qu'il évoque la nature sauvage et intacte, la simplicité et la politesse des Suédois, les valeurs d'équité, ou pourquoi pas sa passion pour le bricolage partagée par bon nombre de suédois. Mais non, un désir beaucoup plus inattendu l'avait conduit vers le nord de l'Europe.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- &quot;L'espace, ….c'est plus adapté en cas de conflit &quot;  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;me répondit-il avec beaucoup de naturel.  &lt;br/&gt;  &lt;br/&gt;- &quot; Mais de quel conflit parlez-vous donc ?&quot;  &lt;br/&gt;  &lt;br/&gt;C'est ainsi que je découvris la signification de leur cabane dans les bois. Contrairement à ce que j'avais naïvement imaginé la cabane n'avait rien d'un doux rêve romantique, mais s'intégrait dans un plan méticuleusement calculé. Quand son pays d'origine s'émancipa du bloc soviétique pour se jeter dans le tourbillon libéral, il laissa Gérard et sa femme se débattre avec des hommes d'un genre nouveaux, mieux adaptés à l'absence de règles, plus aguerris face à l'incertitude, plus compétitifs. En un mot: effrayants pour Gérard et sa femme.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je ne sais pas comment s'ancra cette idée, mais il ne semblait pas faire de doute pour mon hôte que les ressources pétrolières de la planète s'épuiseraient avant 2020. La perspective de vivre les conséquences de cet évènement avec ces hommes l'effraya. C'est ainsi qu'ils décidèrent d'émigrer dans un lieu où l'espace atténuerait les tensions entre les hommes, une région suffisamment dépeuplée qu'elle laisse encore à chacun la possibilité de trouver ses ressources vitales dans son environnement.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ils choisirent le nord de la Suède où de pacifiques suédois se partagent chacun plusieurs kilomètres carrés d'espace gelés, où le froid apaise les esprits, et la longue nuit d'hiver les humeurs. Leur décision prise ils disposaient encore d'un peu moins de quinze ans pour acquérir les compétences indispensables à une vie sans pétrole. C'est ainsi qu'ils commencèrent pas apprendre le Suédois pour trouver chacun un travail, puis une fois trouvé leur refuge, s'organisèrent patiemment dans l'attente du jour J. Ils relièrent leur maison à une source, apprirent à se passer d'électricité, de téléphone, à chasser, à pêcher, mais aussi à entretenir par eux-mêmes leur maison quand plombier, couvreurs et maçons sortiraient leurs fusils plutôt que leurs truelles. L'étau de l'oncle Elias s'intégrait dans cette organisation, comme un outil indispensable pour le travail du fer.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Selon leurs prévision il ne resteraient donc en 2020 que Gérard et sa femme, à l'écart de la folie humaine, dans la forêt  suédoise, se frottant les mains de leur prévoyance.&lt;br/&gt;</description>
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      <title>j’enseigne le francais</title>
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      <pubDate>Tue, 1 Mar 2005 15:12:34 +0100</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Entr%C3%A9es/2005/3/1_j%E2%80%99enseigne_le_francais_files/8086_L.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Media/8086_L.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:128px; height:96px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Hej, Jag heter blabla och jag skulle vilja prata med Nina. Jag är Junsele Skolans rektorn  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;(Bonjour, je m'appelle gnignigni,  incapable de comprendre son prénom, j'aimerais parler avec Nina, je suis le directeur du collège de Junsele) &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Elle n'est pas là, elle est à Härnösand pour la semaine répondis-je&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Voilà comment je me fît une nouvelle fois piégé un vendredi après midi, par un coup de téléphone qui me parachuta dans une classe de français de l'école de Junsele le lundi et le mardi suivants. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le directeur de l'école de Junsele eut la brillante idée de me proposer le remplacement des cours de français et d'anglais assurés par la même personne malheureusement indisponible en début de semaine. Je déclinais pour l'anglais, quiconque a entendu mon accent comprendra pourquoi, Nina s'en chargerait, et acceptais pour le français. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Lundi matin. Salle n°6, étaient épinglés sur les murs des dessins représentant différentes sujets d'études du français, des vêtements, de la nourriture. Il y avait cette fois-ci un tableau noir comme chez nous, des tables, des chaises, une petite bibliothèque dans le fond de la classe, et le bureau plutôt en désordre de la professeur que je remplaçais, où s'amoncelaient quantité de bouquins et coupures de journaux utilisés comme support de cours. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Première classe, première rencontre avec l'adolescence suédoise. Ils étaient cinq, trois garçons, deux jeunes filles dont une se présenta sous un prénom plutôt charmant du point de vue français, elle s'appelait Moa, qui se prononce Moua, comme &quot;moi&quot; tout simplement. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ils avaient quinze ans, c'était pour eux la dernière année de collège. On fît connaissance en français autour d'une table. Un peu intimidés ça les a fait se marrer. Je leur demandais de m'expliquer chacun ce qu'ils aimaient, et pourquoi ils avaient choisit le français. Ils me répondirent qu'il trouvait le français et la professeur que je remplaçais très drôle.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Bien vite je laissais tomber le sujet prévu pour les 40 minutes de cours pour poursuivre la conversation, ou se mélangeait mon suédois débutant et leur français à peine moins embryonnaire. Finalement chacun était un peu au même niveau. Je leur demandais ce qu'ils aimaient ici. Les deux jeunes filles firent la moue. Pas grand chose en vérité. Tout le contraire des garçons qui n'imaginaient pas un seul instant quitter leurs terres enneigées. La petite assemblée représentait assez fidèlement la situation qu'on m'avait décrite. Les femmes partaient, les hommes restaient. Pour partir d'ici la meilleure façon c'était d'étudier, alors les jeunes filles bossaient, pendant que les garçons ne manquaient pas une occasion de sortir leurs scooter des neiges.   &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&quot;Et quel travail aimeriez vous faire ?&quot; Un des garçons, celui sur ma gauche, rigola de ses dents de travers, fallait qu'il se dépêche pensais-je, le dentiste c'était gratuit ici mais seulement jusqu'à 18 ans. Il expliqua qu'il voulait devenir éleveur cochons. Je ne savais pas si je devais prendre cela pou du lard ou du cochon justement. Le garçon juste sur ma droite, Simon,  voulait devenir infirmier, et les deux jeunes filles s'intéressaient l'une au dessin, l'autre à l'histoire. Les quarante minutes écoulées, mon éleveur de cochon, mes peut-être infirmier, dessinatrice et archéologue ou prof d'histoire partirent rejoindre leur prochain cours. J'attendais la classe des quatorze ans.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A ma grande surprise je me trouvais maintenant devant une quinzaine de jeunes filles. Décidément cette prof de français devait être bien drôle. D'année en année ses effectifs semblait s'accroître. Il n'y avait aucun garçon dans cette classe et elles jouaient toutes à l'exception de deux d'entre elles au football. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Leur niveau étant logiquement plus faible, et leur nombre plus important, c'était foutu pour la conversation, fallait donc faire cours. Je pris le livre  à la leçon treize comme indiqué, le sujet du jour était le &quot;corps&quot;, les yeux, le front, les oreilles, le nez etc. Face à des sportives, je tentais un jeu. Deux équipes. Le jeu consistait à citer pou un gain d'un point la partie du corps que de désignais, avec un bonus d'un point pour une orthographe exacte. Je montrais mon nez, appendice qu'on reconnaît facilement chez moi. Silence dans la salle. Bon. Je me mets un doigt dans l'oeil. Re-silence. J'entends une toute petite voie d'une petite fille toute blonde, me dire &quot;zieux&quot;. Bra (prononcez &quot;breau&quot;, ça veut dire &quot;Excellent&quot;) lui disais-je, et laissais tomber la question bonus pour l'orthographe. Je n'allais pas beaucoup plus loin sur ce jeu qui ne semblait amuser que son auteur.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Déçu mais pas encore sans ressources, je demandais aux jeunes filles ce qu'elles voulaient faire. Hésitation dans la salle. Elles voulaient parler. &quot;Bra&quot; leur dis je , parlons !, en même temps que je cherchais un moyen de parler avec le peu de mots à notre disposition...sur le corps.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je fut sauvé par une jeune fille assisse dans les premiers rangs. &quot;Ce qu'on veut c'est vous entendre parler et on répète!&quot;. Comprenant maintenant de quoi il s'agissait je m'avançais vers le tableau noir, et notais quelques expressions à répéter ensemble sur le sujet du corps, ce qui donnait : &quot;avoir le cœur sur la main&quot;, &quot;un chat dans la gorge&quot;, &quot;les yeux plus gros que le ventre&quot;, &quot;casser les pieds&quot;, &quot;couper les cheveux en quatre&quot;, &quot;œil pour œil&quot;,  &quot;dent pour dent&quot; etc. et moi d'articuler clairement chacune des syllabes, accompagner par ma chorale de jeunes suédoises qui s'amusaient en effet beaucoup à tenter de reproduire notre accent français et peut-être encore plus à découvrir le sens de ces expressions puisque comme chacun le sait les suédois  n'ont pas un chat, mais un &quot;oiseau dans la gorge&quot; quand ils sont enroués.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sans que je ne sache très bien pourquoi, &quot;ne pas avoir ses yeux dans sa poche&quot; remporta la palme de l'expression la plus drôle à l'unanimité. Quarante minutes plus tard, la classe comme un seul homme, pardon comme une seule femme, se leva en direction de son prochain cours. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Troisième et dernière classe. Ils avaient treize ans, et nouvelle confirmation des talents de cette jeune professeur de français , ils étaient maintenant plus de vingt dans la classe. Et cette fois, garçons et filles se répartissaient assez équitablement. Le thème de cette troisième leçon était &quot;l'anniversaire&quot;. L'approche ludique fonctionna à plein cette fois-ci. J'avais quatre équipes en compétition &quot;grand-mère&quot;, &quot;café&quot;,  &quot;poule&quot; et &quot;amour&quot;. Et devinez qui choisit ce dernier nom d'équipe, et bien une équipe de garçons bien sur. Chacun dut mimer son cadeau d'anniversaire, aux autres  équipes de découvrir le sens des gestes, et de citer en français le mot correspondant.  &quot;motoneige&quot;, &quot;vêtement&quot;, &quot;chien&quot;, et &quot;skis&quot; furent les quatre cadeaux choisis et découverts, et fait étonnant chacune des équipes repartit avec un point chacune. Au moins n'avais-je pas créer de rivalité pendant mes quarante minutes avec eux.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Trois cours, trois ages, des enfants très gentils, je rejoignis Nina qui quittait son cours cours d'anglais, on quitta l'école rouge avant de partir ensemble chercher Téa à l'école bleue. &lt;br/&gt;</description>
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      <title>l’économie</title>
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      <pubDate>Tue, 1 Feb 2005 15:10:43 +0100</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Entr%C3%A9es/2005/2/1_l%E2%80%99%C3%A9conomie_files/8195_L.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Media/8195_L_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:128px; height:171px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Les suédois du nord sont d'une nature pragmatiques. Ainsi quand, le représentant de la compagnie d'électricité nationale s'invita il y a très longtemps,  au conseil du village pour annoncer la construction d'un barrage sur la rivière à proximité, l'assemblée resta silencieuse quand l'homme dans son costume noir avec un accent de Stockholm montra ses plans bien dessinés, promis du travail pour les charpentiers du coin, et évoqua l'idée d'un dédommagement compensant l'assèchement de la rivière. On le remercia en silence pour ses explications et on fixa un second rendez vous. L'affaire méritée d'être discutée. Les hommes discutèrent, exposèrent chacun leur opinion quand ils en avaient une, discutèrent beaucoup du montant du dédommagement. Ils étaient sur le point de s'entendre sur une proposition commune, quand un homme qui pensait plus loin que les autres se leva, et lança une idée à laquelle personne n'avait pensé : &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Et s'ils nous fournissait de l'électricité gratuite ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La proposition fût acceptée, ce qui nous permit au moins de rester au chaud pendant les longues nuits d'hiver, grâce aux calories gratuites du chauffage électrique et celles  du poêle à bois. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Frivoles sans être pour autant dépensier nous n'avions jamais véritablement surveiller nos dépenses à Paris. Les rares excès de Nina tombaient dans la poche de son coiffeur. Les miens dans celles des restaurateurs du quartier. Deux professions trop mal représentées ici pour nous faire succomber. Comme une grande partie des urbains, et parisiens, nous bossions pour enrichir le cupide propriétaire dissimulé derrière les bonnes manières de notre agent immobilier prêt à nous jeter dans la rue au moindre retard de paiement. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ici, à Eden, la maison appartenait à Nina. Nous n'avions donc pas à acquitter de loyer. Du reste le coin regorgé de maisons gigantesques à vendre pour une bouchée de pain étant donné la lente désertification de la région. L'essence surtaxée par des écologistes qui ici en Suède comme ailleurs n'habitaient pas tous à la campagne, et la nourriture, représentaient les deux postes les plus lourds de notre petit budget familial. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;C'est ainsi que naquît l'idée du potager, puis plus tard des moutons, comme moyen simple d'alléger nos dépenses alimentaires. Brocolis, choux, carottes, pommes de terre, salades, betteraves, courgettes poussèrent à merveille dans le sol légèrement sablonneux du jardin, admirablement fertilisé par l'aimable Sacha le bouc. Moutons et chèvres broutèrent l'herbe des près situés autour de la ferme quand ils ne venaient pas se servir directement dans le potager. Un voisin agriculteur rentrait notre foin pour l'hiver en échange de la permission de faire son propre foin sur les prés de Nina. &lt;br/&gt;</description>
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      <title>une paire de skis</title>
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      <pubDate>Mon, 10 Jan 2005 15:09:14 +0100</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Entr%C3%A9es/2005/1/10_une_paire_de_skis_files/8208_L.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Media/8208_L.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:139px; height:104px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Après bientôt une année passée ici, un de mes plus grands plaisirs restait encore de fouiner dans les greniers, les granges, ou l'atelier en quête d'une nouvelle découverte cachée entre les milles et un objets qui sommeillaient depuis des années dans l'obscurité et le froid.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le plus souvent je tombais sur des outils, dont je ne découvrais l'usage qu'en les soumettant aux regards sagaces et à la mémoire sans failles des anciens du village. Les uns servaient au tissage du lin, d'autres intervenaient dans une des étapes de la fabrication du fromage.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Un jour de janvier je  trouvais dans une ancienne grange transformée en garage, entre plusieurs antiques paires de skis presque aussi lourdes que des troncs d'arbres, une paire de ski rouge plus moderne, couverte de poussière mais en assez bon état. Comme souvent dans ces cas là, je me suis émerveillé de ma découverte, ai élaboré une seconde milles et un projets, avant de l'abandonner devant la maison à côté de la porte d'entée. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je les aurais peut-être oublié là jusqu'à l'été, si un voisin qui passait déposer ses enfants pour jouer avec Téa ne les avaient remarqués. Il en déduisit du même coup qu'il avait affaire à un sportif, et me proposa de m'appeler un de ces jours pour le suivre partir skier en forêt. Ne voulant pas me montrer impoli j'acceptais, comptant sur l'imprécision du rendez-vous pour me sortir de cette aventure trop sportive à mon goût. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le lendemain soir, à ma grande surprise l'homme appela, m'annonça d'excellentes prévisions météo pour le lendemain, et me fixa rendez-vous à huit heure pétantes le lendemain matin.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J'étais pris au piège.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le jour fixé, six heures du matin dans la cuisine, nuit noire dehors, je préparais en maugréant mon sac pour la journée, quelques saucisses à griller, un peu de fromage, du pain, du café dans une thermos et une &quot;bière du peuple&quot; de 33cl, c'est à dire une bière faiblement alcoolisée, la seule qu'on puisse acheter dans un magasin d'alimentation normal. Nina s'était étonné de mon manque d'enthousiasme pour cette nouvelle aventure. &quot;C'est quand même super non, vous aller skier, manger autour du feu, tu vas pratiquer ton suédois&quot;  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je regardais la nuit noire derrière les doubles vitres des fenêtres sans un mot, le visage aussi sombre que mes pensées, aussi sombres que ce début de matinée.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A huit précises, j'étais dehors, les deux pieds chaussés dans les vieux skis rouges, mon sac sur le dos, et une cigarette au bec. Quatorze minutes d'attentes me laissèrent espérer un malentendu sur l'horaire ou le jour de notre randonnée à skis, mais avant que la quinzième minute ne s'acheva je vis un homme en tenue beige glisser vers moi avec un large sourire sous sa moustache et un fusil en bandoulière.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La période de la chasse à l'élan était terminée depuis la mi janvier, les ours hibernaient. L'arme, c'était au cas où un oiseau s'aventurait trop près de notre voisinage. Nous partirent presque aussitôt en direction de la  forêt, l'homme devant, moi derrière.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je découvris rapidement les insuffisances de ma préparation. Les skis manquaient à l'évidence d'un bon fartage, quant aux fixations celles-ci libéraient sans prévenir mes chaussures. Les chutes soudaines et vexantes se succédèrent dans les descentes, et pour la première fois un suédois d'Eden entendit, heureusement sans le comprendre, un français en colère.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et puis nous arrivèrent sur un terrain plus plat, ma colère s'apaisa, la forêt retrouva son silence, et je vis enfin pour la première fois depuis notre départ le ciel bleu et la neige qui scintillaient de milles feux sous nos yeux.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;On skia jusqu'aux environs de midi, moi toujours dans les traces de mon voisin, et depuis longtemps complètement désorienté. Nous progressions depuis une heure dans une partie de la forêt marécageuse en été, où les arbres ne dépassent guère la hauteur d'un homme, quand mon guide décida de faire une courte pause. Au loin mon il désigna ce qui ressemblait à une île, avec des pins immenses, et m'annonça qu'il comptait s'arrêter là pour déjeuner.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Cette nouvelle me donna un sursaut d'énergie et je lui proposais en toute insouciance de prendre la tête de notre équipée, sachant enfin dans quelle direction nous diriger. Je découvris ainsi l'avantage énorme dont j'avais bénéficié tout la matinée en skiant dans sa trace. Mes skis s'enfonçaient maintenant dans la  neige lourde et abondante. Je suais, et soufflait pendant plusieurs centaines de mètres avant d'arriver soulagé sur l'île enneigée.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A peine avions nous déchaussés nos skis, que l'homme sortit de son sac à dos une petite hache, puis partit un peu sur notre gauche en direction d'un arbre mort, et d'une vieille souche pour débiter quelques branches. Il disposa avec soin sa récolte, et à l'aide d'un couteau débita quelques copeaux. Le bois humide eut du mal à s'enflammer mais après plusieurs  essais une fumée épaisse s'éleva dans le ciel clair.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Mes sombres pensées du matin oubliées, une bonne fatigue dans les jambes, et l'estomac dans les talons je sortis mes saucisses, avant d'aller tailler fièrement une branche. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J'enfourchais ma saucisse sur son bâton pour faire comme on m'avait appris, l'approchait du feu, avant de la voir tomber directement sur les braises. Pendant ce temps mon voisin de table sortait tranquillement de son sac une boite en plastique contenant quatre admirables sandwichs, qu'il plaça soigneusement dans une sorte de moule à gaufre, qu'il posa sur le feu, pour en sortir moins d'une minute après un succulent croque monsieur qu'il me tendit. J'oubliais ma saucisse et savourais le croustillant du pain associé à la douceur du fromage en pleine forêt.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le déjeuner autour du feu achevé, nous repartîmes en direction d'Eden où nous arrivèrent fatigués un peu avant la tombée de la nuit.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je déposais les skis là où je les avais trouvé ce matin, à côté de la porte d'entrée, qui depuis cette expédition on beaucoup glissés. &lt;br/&gt;</description>
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      <title>le froid</title>
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      <pubDate>Wed, 22 Dec 2004 15:05:48 +0100</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Entr%C3%A9es/2004/12/22_le_froid_files/8223_L.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Media/8223_L.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:130px; height:98px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Quand on croise quelqu'un en France, on s'inquiète poliment de sa santé par un &quot;comment ça va&quot; distrait. Ici on préférait souligner les humeurs du temps &quot;Quel froid aujourd'hui !  ou quelle belle journée etc.&quot; On n'avait la délicatesse de ne se plaindre du froid que lorsque le thermomètre tombait au dessous de -20°C.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A plumes ou à poils, les animaux se moquaient bien du froid qui semblait même propice à la ponte. Avec six œufs par jour notre réfrigérateur débordait de leur production. En échange de quelques œufs frais la boulangerie de Junsele approvisionnait notre poulailler de ses invendus dont les poules se régalaient.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Tout le monde connaît l'astuce consistant à empiler plusieurs &quot;couches&quot; de vêtements pour profiter des qualités isolantes de l'air (le meilleur isolant étant le vide sidéral introuvable sur terre, même à Eden) J'améliorais cette technique dite de l'oignon, en patientant tout habillé quelques minutes dans la maison pour chauffer mes &quot;couches d'air&quot;.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La température à l'intérieur de la maison restait agréable si la température extérieure ne descendait pas sous ses -20°C. En deçà le poêle à bois, et les quelques radiateurs électriques d'appoints déclaraient forfaits, et les Capelson n'avaient plus qu'à aller se rhabiller. Les planchers devenaient glacials par endroits, les doigts se raidissaient un peu sur le clavier, et un pull ne suffisait pas toujours pour se réchauffer la poitrine. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Quand la température baissait, les Capelson se réfugiaient au premier étage pour profiter de la chaleur des deux chambres. Notre voisine Anna balayait d'un sourire les caprices du thermomètre.  Plus jeune, elle nous raconta s'être réveillé la nuque  posée sur un coussin pétrifié par le froid devenu dur comme du granit.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le bois brûlaient dans les poêles, le bois de bouleau était le plus chaud, le feu crépitait, les cheminées fumaient, et une odeur de pin brûlait se diffusait à l'extérieur dans le froid sec. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;On branchait tous les soirs sa voiture sur une prise électrique. Un petit chauffage tenait bien au chaud le moteur, et l'habitacle. On retrouvait chaque matin une batterie en pleine forme, et on s'évitait aussi une séance de dégivrage fastidieuse. &lt;br/&gt;</description>
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      <title>le silence</title>
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      <pubDate>Thu, 16 Dec 2004 15:08:24 +0100</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Entr%C3%A9es/2004/12/16_le_silence_files/8243_L.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Media/8243_L_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:128px; height:171px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Si la densité de la population de Paris égalait celle de la région d'Eden,  743 personnes se partageraient dans la bonne humeur les 20 arrondissements parisiens. Alors les parisiens découvriraient le silence. Et si une épaisse couverture de neige emprisonnait ce silence dans ses flocons, les badauds s'effraieraient du bruit de leur respiration. &lt;br/&gt;</description>
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      <title>la nuit</title>
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      <pubDate>Wed, 15 Dec 2004 15:04:41 +0100</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Entr%C3%A9es/2004/12/15_la_nuit_files/maisonfum.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Media/maisonfum_2.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:128px; height:95px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Elle retirait son voile noir un peu après huit heures du matin, et nous plongeait à nouveau dans l'obscurité dès trois heures et demi. Pas une nuit toute claire, non, une nuit d'encre de chine en Suède. Un fois dans sa maison on ne voyait que du noir aux alentours, et quelques tâches lumineuses dans le lointain  révélant la présence d'un être humain. Alors on allumait des bougies, plus vivantes que de tristes ampoules électriques. Au sud de la maison jusqu'à onze heures du soir la petite route qui traversait Eden restait illuminée jusqu'à 23 heures comme une piste d'atterrissage abandonnée en pleine forêt.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;C'était difficile de résister à la tentation d'aller se coucher dès 18 heures, pourtant la vie continuait de jour comme de nuit. Quand je regardais la petite ville de Junsele, la lumière jaune de ses commerces, les feux rouges des voitures, les projecteurs aveuglants des énormes tracteurs en train de déneiger,  les passants qui se promenaient sous la lumière blanche des lampadaires dans la nuit noire, je n'était  plus sur terre mais sur une planète sans soleil.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le coq en perdait presque ses plumes, et ne savait plus quand donner de la voix. Ils chantait un peu n'importe quand. Le plus souvent quand j'allumais la lumière dans l'étable. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Surtout sortir dès le premier de rayon de soleil profiter de la lumière, sinon le corps se fatiguait très vite. &lt;br/&gt;</description>
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      <title>la neige</title>
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      <pubDate>Fri, 10 Dec 2004 15:04:28 +0100</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Entr%C3%A9es/2004/12/10_la_neige_files/tracteur.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Media/tracteur_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:128px; height:96px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Quand il neigeait, il neigeait. Inutile d'espérer quitter son domicile sans prendre le temps de dégager sa route. Dans la série des petits échanges entre amis, un gentil voisin venait déneiger de son tracteur rugissant et illuminé comme un sapin de Noël,  le chemin qui courait entre la maison et la route. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La poudreuse ne servait pas seulement  à faire du ski ou construire des igloos. Les habitants d'Eden et d'ailleurs, en déplaçaient de petites montagnes autour de leur maison,  contre les murs, à la jointure du bois secs, et des lourdes pierres de granit sur lesquelles reposaient les maisons rouges, pour améliorer l'isolation.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le personnel d'entretien des routes avait déposé deux énormes tas de neige aussi hauts qu'une maison devant l'école bleue des &quot;moyens&quot;, et &quot;l'école jaune&quot; des grands. Une nuée d'enfants  s'agglutinaient chaque matin sur les tas, comme un essaim d'abeille pour creuser, glisser, sculpter les montagnes de neige qui changeaient de forme perpétuellement. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sur la neige glacée rien de tel qu'un &quot;spark&quot; pour se déplacer. Cela ressemblait à un traîneau à chien, on posait un pied sur une des deux lames d'acier, et on poussait de l'autre énergiquement, pour glisser vers sa destination.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La forêt se repliait sur elle même, comme pour mieux préserver la paix de ses habitants, les ours qui hibernaient, les élans rescapés de la saison de chasse terminée en décembre, ou les rennes descendus de Laponie pour passer l'hiver &quot;au chaud&quot;.  Ses chemins devenaient impraticables sans raquettes, skis, ou la chenille d'un scooter des neiges. &lt;br/&gt;</description>
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      <title>quand je serai grande</title>
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      <pubDate>Sun, 5 Dec 2004 15:02:13 +0100</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Entr%C3%A9es/2004/12/5_quand_je_serai_grande_files/teapoussin.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Media/teapoussin_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:128px; height:123px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Il faut parfois partir bien loin pour découvrir ce qui se tenait caché près de soi depuis toujours. Coupé de la marche du monde, protégé par Nina qui s'occupait de nos transactions avec le monde des adultes, pas même titulaire d'une carte bancaire ici, je redécouvrais un regard où les arbres sont encore des arbres avant de devenir des investissements, un monde où l'avenir était si imprévisible dans ma situation qu'il perdait toute signification dans mon quotidien. Pour  une fois je partageais une expérience commune avec ma fille. Parfois on ne savait plus qui était le plus vulnérable de nous deux de l'enfant ou de l'adulte quand Téa qui parlait bien mieux la langue de ce pays que moi, m'aidait à comprendre le charabia d'un inconnu au téléphone, où la signification d'un papier laissé par l'école que je lui lisais. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Secrète sur sa vie en dehors d'Eden, .à l'école ou chez ses amis , le monde de Téa conservait cependant pour moi une grande part de mystère. Parfois elle lâchait quelques mots  avec lesquels il fallait se débrouiller comme, &quot;on a travaillé avec Trulle, aujourd'hui&quot;, et quand on lui demandait d'éclaircir la signification de ce drôle de Trulle, on apprenait qu'il s'agissait du petit personnage qui guidait les enfants dans leur cahier d'apprentissage du suédois. Un soir, alors qu'elle grimpait dans son petit lit de fer forgé dans lequel dormît il y a bien longtemps sa maman, ses yeux se posèrent un court instant sur la photo de sa classe à Paris suspendue sur le mur à côté du lit, ce qui libéra dans son petit esprit une pensée importante.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Papa, je dois amener une photo demain à l'école me dit elle soudainement.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je lui répondis que c'était bien entendu facile de trouver une photo, mais je profitais de mon éphémère position de force pour tenter d'en savoir pour une fois un peu plus les raisons de sa demande, avant de courir chercher ce qu'elle demandait. Elle m'expliqua qu'ils avaient fait le jour même un travail qui n'était pas Trulle, et qui n'était pas Matte (les mathématiques) où ils avaient dessiné et inventé tout un tas de choses, et il fallait coller une photo sur ce travail. Et je n'avais qu'à me débrouiller avec ça. J'en savais un peu plus, mais puisqu'elle était disposée à se confier, je poursuivais mon questionnement. J'osais une nouvelle fois demander pourquoi leur maîtresse leur avait demandé de dessiner, et d'inventer tout cela. Elle me regarda avec de grands yeux, comme si j'étais le dernier des imbéciles, le seul dans la chambre à ne pas avoir encore compris que leur maîtresse leur avait demandé de réfléchir à leur avenir, et qu'elle voulait devenir docteur. Une lumière jaillît dans le brouillard de mes pensées et me laissa à la fois ému et fier d'imaginer ma fille secourir les autres. A tout hasard je reformulais simplement le mot magique &quot;tu as bien dit docteur ?&quot;, et Téa de me répondre &quot;ben oui docteur pour les animaux&quot;, je comprenais enfin ! Comme si elle avait compris elle aussi que son papa ne saisissait pas très vite les choses, elle m'expliqua spontanément que bien sur c'était si Kul (cool, génial, coolisime, le bonheur etc ..) d'être au contact des animaux.  Encore sous le coup de l'émotion je lui répondit qu'elle ferait un super vétérinaire et puis comme ça elle pourrait aussi soigner son papa et sa maman&quot; je ne sais pas à quel genre d'animal je nous identifiais Nina et moi à cet instant, mais ma remarque ne suscita aucune surprise chez la petite fille. J'embrassais Téa qui s'endormît quelques minutes plus tard en sachant mieux maintenant vers quelle photographie me diriger. &lt;br/&gt;</description>
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      <title>c’est arrivé près de chez nous</title>
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      <pubDate>Thu, 2 Dec 2004 15:00:03 +0100</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Entr%C3%A9es/2004/12/2_c%E2%80%99est_arriv%C3%A9_pr%C3%A8s_de_chez_nous_files/8199_L.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Media/8199_L.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:128px; height:96px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Téa et une amie&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Téa, ….il faut que je te dise un secret &lt;br/&gt;- Ah oui lequel ?  &lt;br/&gt;- Je crois au père Noël &lt;br/&gt;- Vraiment ? ….boh c'est pas grave tu sais, moi aussi j'y crois mais seulement le jour de Noël &lt;br/&gt;- Ah bon ! mais tu sais ….il y a pire &lt;br/&gt;- Dit-moi !&lt;br/&gt;- Ben je crois au père  Noël, ……mais le pire…c'est que je crois aussi en Dieu &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Noël débuta dès le premier jour de décembre. Maisons et jardins s'illuminèrent, des lampes en forme de sapin fleurissaient sur les rebords des fenêtres, les placards se remplissaient de biscuits dorés sortis du four des mamans suédoises, et les enfants trompaient leur impatience en découvrant chaque jour une nouvelle surprise dans leur calendrier de l'avant. Les Capelson qui ne savaient pas qu'en Suède on ne plantait son sapin de Noël dans son salon que le soir du réveillon, partirent dès les premiers jours de décembre dans la forêt à la recherche d'un sapin pas trop grand, ni trop tordu, qui sente bon des odeurs de résine et qui passe sous la porte. La nuit tombait et ils n'avaient encore rien trouvé. Ce fût Emile un petit copain de Téa de sortie avec nous ce soir là, qui de son œil exercé dénicha l'arbre rare.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;L'horloge de la cuisine indiquait les dix heures le soir du réveillon quand repus d'un petit bloc de foie gras trouvé sous le sapin, on monta dans la Volvo rouge en direction de l'église de Junsele pour écouter la chorale des &quot;oiseaux chantants&quot;. On vit ainsi notre fille s'agiter au premier rang dans une chorégraphie enlevée, au milieu d'une église comble, qui écoutait religieusement chanter ses enfants mais aussi plus tard des  adultes, et puis bien sur le pasteur qui prît la parole ici et là. Le représentant de Dieu était une femme, pleine de vie, mariée à un américain qui avait désertée l'armée américaine au moment des événements de la guerre du Vietnam pour venir se réfugier en europe, d'abord en Espagne puis en Suède où il avait rencontré des années plus tard sa femme. Il était aussi le génial créateur d'un festival de world music qui attirait chaque été dans la forêt ici des milliers festivaliers venus de Stockholm et d'ailleurs. Quand tout le monde se préparaient déjà à regagner la chaleur de son foyer, la jeune femme qui se tenait derrière le piano à encourager et guider de sa voix la chorale des enfants se leva, se plaça derrière le micro, et chanta pour une fois seule. Elle s'appelait Néné, elle était venue du sud de la Suède, travaillait comme choriste pour l'église parce qu'elle aimait chanter, et puis elle rencontra un fils de Dieu dont elle tomba amoureuse. Elle chanta. Ses élèves la regardaient avec fierté, en sourire et en silence, l'assemblée normalement si discrète  ne put retenir pour une fois une irrépressible envie d'applaudir. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Au même moment une voiture s'arrêtait dans une station service d'une petite ville dans la forêt non loin de Junsele sans marquer l'arrêt à la pompe et se garait directement sur un parking à proximité de l'entrée de la boutique. Un homme en descendit, laissant phares et moteur allumés, se dirigea lentement vers la porte d'entrée, avant d'entrer sans un mot. Une odeur un peu désagréable de saucisse trop cuite l'accueillit en entrant. Il ne remarqua pas le petit sapin de Noël qui clignotait sur le comptoir. Derrière la caisse, le propriétaire du débit d'essence accueillit poliment ce client peu causant pareil à beaucoup d'autres. La quarantaine, pas rasé de près, cheveux courts, le visage un peu rougi par le froid, quelques kilos de trop dissimulés sous d'épais vêtements d'hiver. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La puissante main droite du client se refermait sur un long couteau de cuisine. Mais ça, le propriétaire de la station service ne l'avait pas encore vu. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;L'homme qui hésitait maintenant devant le comptoir de la station service du Norrland voulait tomber amoureux. Plus au sud, là où il y a des gens, on tombait tomber amoureux par hasard ou par le seul caprice du destin. Quand on habitait dans le Norrland, les chances de croiser sur sa route un renne, ou un élan ou même un ours devenait avec le temps plus grandes que celle de rencontrer une femme. Une belle peau d'ours devant sa cheminée pouvait donner du caractère à son salon Ikéa, mais ne réchauffait pas son cœur quand s'installait l'interminable nuit d'hiver.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;L'homme le regard fixé sur les saucisses qui mijotaient derrière le comptoir, désespéré  à l'idée de passer seul une nouvelle fois l'hiver s'essaya aux petites annonces publiées sur Internet. . Dieu seul sait sur quels sites il avait passé ses soirées mais quand il reçut sa facture de téléphone le monde s'écroula autour de lui. L'addition était sévère. Allez savoir pourquoi il courut aussitôt dans  sa cuisine pour se munir d'un long couteau, et sauta dans sa voiture en direction du seul commerce ouvert, chaque jour presque 24h/24h, une station multi-service comme celle de Junsele. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Quand le propriétaire de la station entendit l'autre lui demander de vider sa caisse, en le menaçant de son long couteau de cuisine, cela le mît dans une colère aussi noire qu'une nuit d'hiver suédoise, alors de rage il enjamba le comptoir pour se jeter sur l'infortuné braqueur, qui hurla au secours avant de s'effondrer en larmes. Dans sa grande mansuétude la justice suédoise commua les deux ans de prison du malheureux célibataire en un travail d'intérêt général. Qui sait ? peut-être rencontra t-il une collègue aimante pour passer les fêtes du nouvel an.  &lt;br/&gt;</description>
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      <title>couple dating ...suite</title>
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      <pubDate>Tue, 30 Nov 2004 14:57:18 +0100</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Entr%C3%A9es/2004/11/30_couple_dating_...suite_files/8036_L.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Media/8036_L.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:128px; height:96px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;L'heure tournait trop vite comme chaque fois que l'on reçoit, et quand je descendis au rez-de-chaussée après une courte sieste, je vis Nina en bleu de travail, les joues un peu rouges, revenant de l'étable,  pour apporter quelques seaux d'eau bientôt gelés, au veau et aux chèvres qui biberonnaient sec entre deux bouffées de foin. La température extérieure restait maintenant coincée sous les quinze degrés. Elle s'affairait avec son bleu de travail improvisé en tablier de cuisine  devant des tomates pelées, de la pâte feuilleté, un rouleau à pâtisserie dans une main, une cuillère à soupe dans l'autre, et deux enfants qui papillonnaient autour d'elle comme deux moustiques têtus qu'elle ne cherchait même pas à repousser, répondant calmement à toutes leurs petites questions très importantes. Elle me dit juste que nos invités arrivaient dans moins de deux heures, et qu'il fallait encore courir allumer des bougies à l'extérieur dans la nuit noire et glaciale pour que nos invités trouvent la maison, aller chercher du bois pour le poêle, retrouver les enveloppes à remettre à nos invités qu'on avait égarées,  amener Téa et sa copine chez Anna où elles dormiraient ce soir, et pleins de petites choses comme ça qui prenaient du temps.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Moins on a de temps et plus on en fait. Je ne sais pas d'où je tirais ce principe productiviste mais il se vérifia ce soir là. Nos invités inconnus arrivèrent à dix-huit heures moins une minute, au moment même où Nina sortait maquillée de la salle de bains, avec une petite jupe verte qu'elle seule pouvait porter avec élégance sans trembler des genoux dans le froid glacial à l'extérieur, qui vous raidissait les poils du nez et des oreilles, et vous rappelait si besoin était, qu'on ne plaisante pas avec l'hiver en Suède.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les présentations furent vites faîtes, on ouvrit vin rouge, et bouteille de whisky, et après un rapide tour de la maison, on passa à table pour consommer dans les une heure et quinze minutes restantes, la soupe à la tomate et aux poivrons accompagnée de savoureux feuilletés au fromage préparés par la fermière, professeur, maman, Nina. Bonne ambiance. Quand on sait que de toute façon dans une heure quinze minutes ses invités vont se lever et vous avec, aucunes inquiétudes ne trouble votre disponibilité, aucun risque à être aimable, quoi qu'il arrive ils ne resteront pas. Après tout on ne pouvait pas savoir à qui on avait affaire.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et ce fût un bon début de soirée. On parla beaucoup de langue et des petites et grandes difficultés que cela pose quand on a du mal à s'exprimer dans la langue de son pays hôte. Et l'un des deux hommes d'expliquer comment on lui remis lors de ses vacances passées à Nice une serpillière et un seau d'eau quand il demandait du beurre en faisant de grand gestes de va et vient avec sa main. Bien entendu il ne s'en prit qu'à lui, car le suédois toujours d'une grande politesse se moque exclusivement de sa personne.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Cette soirée représentait pour moi comme un grand oral de suédois, allais-je réussir à marmonner, éructer, peut-être même prononcer deux ou trois mots de suédois, où devrais-me contenter de hochements de tête toute la soirée, rendus douloureux par un cou un peu raide après un mauvais coup de froid. Ce fût la bonne, excellente surprise de la soirée, puisque je vérifiais tout au long de nos tribulations, d'étonnantes capacités à communiquer après neuf mois d'un accouchement long et pénible. Ajouté à cela la fameuse politesse légendaire des suédois (vous avez compris maintenant je pense que les suédois sont polis) qui ne cessèrent de me complimenter sur mon niveau de suédois, et tous mes compteurs de satisfaction se mirent aux verts, même si bien sur; la consommation de substances alcoolisées ne fût pas étrangère aux rapprochement des civilisations.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Une demi-heure avant de nous séparer on échangea nos enveloppes, et à dix-neuf heures trente précises, les phares de deux voitures balayèrent de leurs faisceaux lumineux la cuisine, les deux chauffeurs de nos deux couples arrivaient, des amis ou des parents, car ici on conduisait une automobile sans alcool dans les veines. De toute façon la policière du comté, qui était aussi la cousine de la maman de Nina,  tout le monde la connaissait pour sa gentillesse, alors personne n'avait envie de lui faire de la peine en l'obligeant à sortir son carnet de contraventions.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les Capelson qui ne buvaient pas d'alcool (si un français vous dît le contraire il ment) suivirent les instructions contenues dans l'enveloppe, prirent le volant de leur vaillante Volvo rouge sur la route gelée couverte d'une fine pellicule de neige,  dans un virage, aperçurent le voile  vert et transparent d'une aurore boréale au milieu d'innombrables étoiles, et arrivèrent dans la petite ville de Junsele quelques minutes plus tard où il firent la connaissance de quatre autres couples, d'abord autour d'un plat de pâtes accompagné d'une sauce aux tomates séchées délicieuse, puis toujours à Junsele  chez leur derniers hôtes d'un gigantesque gâteau de fruit et de crème. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Quelques heures plus tard, l'unique bar de Junsele, le &quot;Corner House&quot;,  affichait complet. Les quatre vingt personnes participant à cette soirée itinérante se trouvaient là ou presque, à danser devant un groupe de trois rockeurs, ils jouaient et chantaient quelque chose qui devait être du  rock, peut-être du rock suédois du nord, dans l'ambiance très western du bar, avec des peaux d'ours accrochés sur le plafond bas, des selles de cow-boys en guise de tabourets, des oiseaux empaillés, et un Juke box devant la porte des toilettes.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Au début de la soirée, toutes les femmes ou presque dansaient, et tous les hommes ou presque buvaient, et puis après tout le monde dansaient et tout le monde buvaient. Bien sur les Capelson ne burent pas (et si un suédois vous dît le contraire il ment), ils dansèrent et s'amusèrent beaucoup dans une ambiance bien chaleureuse. Je discutais avec deux anciens militaires bien maltraités par ce pays pacifiste. Le premier reconvertit dans le tourisme s'intéressait au marché français et me fixa rendez-vous pour en discuter l'esprit clair et reposé, le second travaillait à l'Anpe suédoise qui n'ayant pas beaucoup de travail à proposer dans la région, pouvait donner libre cours à sa passion pour les étoiles, enfin je croisais aussi une vieille connaissance, un ancien pilote honteusement privé d'avions en raison d'une mauvaise vue, avec qui je discutais en français, car cet homme parlait admirablement notre langue, puis on nous invita à continuer la soirée chez la propriétaire d'ICA l'un des deux supermarchés de Junsele, mais il était temps de rentrer pour les Capelson, qui retrouvèrent dans la matinée leur Eden sous les étoiles et la nuit claire. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;</description>
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      <title>c’est bouché</title>
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      <pubDate>Sat, 27 Nov 2004 14:55:18 +0100</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Entr%C3%A9es/2004/11/27_c%E2%80%99est_bouch%C3%A9_files/8021_L.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Media/8021_L.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:128px; height:96px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;On pourrait faussement croire à la lecture de ces lignes que notre vie se déroulait chaque jour sans heurts, tranquille et douce. Il n'en était rien et peut-être est-il temps de rétablir un semblant de vérité. Bien sur l'isolement et la proximité avec la nature,  reposait notre esprit en même temps qu'ils éveillaient nos sens aux petites choses de la vie. Pourtant encore un peu citadins et pas tout à fait sauvages, nous restions attachés au confort de la vie moderne qui reposait sur le bon fonctionnement de nos équipements modernes comme par exemple la machine à laver. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ce fût d'abord l'évacuation d'eau de la baignoire où se jetaient les eaux de rinçage de notre machine à laver qui se boucha. Après avoir attendu quelques jours un improbable débouchement spontané, nous fûmes dans l'obligation de faire appel à des professionnel du débouchage. Naïvement, habitués au service d'intervention rapides et efficaces, nous comptions sur une résolution rapide de ce problème de bouchon. Nous allions découvrir une nouvelle fois que les notables de toute région isolée ne sont pas médecins, cadres, ou marchands, mais plombiers, couvreurs, maçons, électriciens qui comme une star rendue capricieuse par le succès aime à se laisser désirer longtemps. Très longtemps. Ainsi pendant quinze jours consécutifs nous vidâmes notre baignoire à l'aide de seaux et d'une patience infinie. Vint enfin le déboucheur, assisté d'une curieuse machine, d'où il dévida un tuyau de fer qui de son souffle sous pression envoya le caillot obstruant notre plomberie finir sa déplorable existence dans la fosse septique. En raccompagnant notre sauveur vers sa flambante camionnette dernier cri, l'idée me vint de lui demander un autographe, mais je me ravisais. L'homme semblait pressé. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nous étions encore tout joyeux de redécouvrir le plaisir de prendre un bain, ou de faire tourner une machine à laver sans la perspective des lourds seaux d'eau quand le cœur de notre système de nettoyage s'effondra. Notre machine dernier cri de marque italienne déménagée à grand frais de Paris dans notre petite salle de bains suédoise refusa d'illuminer ses petits voyants rouges. Là encore, nous avons attendus, longtemps, très longtemps, et puis deux mois plus tard deux techniciens sont venus, ont tout tenté, avant de nous conseiller d'investir dans une nouvelle machine à laver.&lt;br/&gt;</description>
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      <title>couple dating</title>
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      <pubDate>Sat, 20 Nov 2004 10:28:49 +0100</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Entr%C3%A9es/2004/11/20_couple_dating_files/javascript-openSlideShow2%2810,%27en%27%29.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Media/javascript-openSlideShow2%2810,%27en%27%29_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:128px; height:96px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;De curieux va et vient de voiture allaient s'effectuer d'ici quelques jours dans les environs d'Eden. Cela avait un rapport avec deux enveloppes anonymes qui prenaient la poussière sur notre secrétaire depuis quelques semaines. Deux couples dont l'identité nous étaient encore inconnue avaient bien l'intention de s'inviter chez nous la semaine prochaine pour prendre un apéritif et partager avec nous une entrée. Un de ces couples nous remettrait une enveloppe à l'intérieur de laquelle se cachait l'identité et le lieu de l'hôte qui nous accueillerait pour le plat de résistance une heure et demi plus tard, là où un autre couple inconnu nous rejoindrait. De là, grâce à une deuxième enveloppe nous devrions rejoindre notre deuxième destination pour partager un dessert en compagnie de deux autres couples. Les  enveloppes sur le secrétaire était destinées aux deux couples accueillit chez nous. Environ quatre vingt personne s'étaient inscrites dans ce curieux chassé croisée.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Si vous avez bien suivi ces explications confuses, vous avez déjà calculé qu'à l'issue d'une entrée, d'un plat de résistance, et d'un dessert nous devions faire la connaissance de douze personnes. La perspective m'effrayait un peu à dire vrai, mais l'expérience méritait probablement d'être vécue, et me permettrait sans doute de consolider ma technique de présentation en suédois auprès de douze personnes, &quot;bonjour, je m'appelle Etienne, je suis français, oui, oui c'est ça je viens de Paris, c'est étrange en effet, ah oui vous avez entendu parler de nous, bien sur, bon et bien puisque vous savez tout, puis-je vous offrir un verre ?&quot; </description>
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      <title>la route des gigots</title>
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      <pubDate>Wed, 20 Oct 2004 10:28:05 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Entr%C3%A9es/2004/10/20_la_route_des_gigots_files/8191_L.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Media/8191_L_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:128px; height:171px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Si nous étions tombés par malchance en panne ce samedi d'octobre sur la route 346 qui traversait la forêt entre Eden et Röån nous ne serions pas mort de faim immédiatement. D'abord parce que Nina avait enfin investi dans un téléphone portable. On ne sait jamais. Etant donné le trafic des plus réduits dans les forêts suédoises, la recrudescence d'ours en quête de protéines avant leur longue hibernation hivernale, et la lente plongée du thermomètre vers le bas, mieux valait pouvoir joindre un être humain. Et pourtant. En l'absence de tout secours technologique nous aurions pu tenir quelques semaines sans souffrir de la soif ni de la faim. Les lacs et les rivières fournissaient d'abondantes sources d'eau fraîche et claire, et notre coffre contenait ce jour là pas moins de trente kilos de viande fraîche.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Trente kilos de viande d'agneau. Une marchandise de toute première qualité, acquise de façon honnête, sans effusion de sang. Quatre gigots, le même nombre d'épaules, un nombre conséquent de côtelettes, et d'autres morceaux qui finiraient en viande hachée. Quant une voisine nous proposa de la suivre chez son frère, poseur de dynamite sur des chantiers de travaux publics et éleveur de moutons à ses heures perdues;  pour acheter un peu de viande d'agneau nous n'avons pas dit non. Bien que la viande ne soit pas consommée en grande quantité chez nous, il était difficile de refuser un peu de viande  cent pour cent écologique à moins de quatre euros le kilo.  Pas de caddy à pousser. Il suffisait de garer sa voiture à deux pas de la petite boucherie artisanale du village de Röån. La petite maison de bois rouge ne se distinguait que par sa petite taille, des cornes d'élans encadrant la porte d'entrée, et quelques peaux soigneusement empilées sur le sol gelé. Le frère de Marie, la trentaine, un peu rond, un bouc pointu sur le menton vous découpait la viande pendant que vous sirotiez un café chez sa grand-mère.  L'homme aimait les gigots, et pas seulement ceux des agneaux à en croire la photo punaisée à côté du téléphone mural.  </description>
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      <title>une étrange humeur d’automne</title>
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      <pubDate>Wed, 20 Oct 2004 10:27:06 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Entr%C3%A9es/2004/10/20_une_%C3%A9trange_humeur_d%E2%80%99automne_files/javascript-openCurrentImage%28%29.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Media/javascript-openCurrentImage%28%29_2.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:128px; height:96px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Déménager en Suède représentait pour Nina la possibilité de reprendre ses études afin de devenir professeur d'école. Ainsi dès  ses cours de bûcheronne terminés,  elle débuta ses cours de maîtresse en Septembre. Il n'y avait bien entendu pas d'université à proximité du village d'Eden mais elle suivit des cours à distance. Une fois par mois je la conduisais au bout de la rue principale de Junsele où on trouvait juste après la maison de retraite l'arrêt de bus de la ville. De là, après plusieurs centaines de kilomètres à travers la forêt elle rejoignait la petite ville d'Härnösand située en bord de mer, où elle logeait dans une petite chambre louée par une charmante vieille dame ancienne professeur de français. Pendant une semaine elle suivait là des cours à l'université avant de revenir poursuivre ses mémoires et ses exercices à domicile.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je me retrouvais ainsi chaque mois par la même occasion seul avec ma fille, pendant une semaine entière, dans la grande maison, au milieu de la forêt immense et mystérieuse. Ce fût l'une de ces nuits sans Nina que se produisit d'étranges phénomènes. Des hurlements sinistres, comme si les cris d'un animal  se mêlaient aux pleurs d'un enfant en provenance de la forêt me réveillèrent cette nuit là à quatre heure du matin. Ma première tentation fût de faire la sourde oreille et de remonter bien haut jusqu'aux oreilles le drap et les deux couettes bien chaudes posées sur le lit, mais je me rappelais à mes responsabilités paternelles étant donné les circonstances. J'enfilais un pantalon posé sur une chaise à côté du lit, et descendais inquiet au rez-de-chaussée rassuré en chemin de voir ma fille dormir profondément avec un sourire rêveur sur sa petite bouche.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J'entrouvris avec précaution la porte de la maison pour tenter de comprendre l'origine de ces cris stridents, mélange de pleurs et de grognements, mais je ne vis que deux yeux brillants dans l'obscurité qui se déplaçait à vive allure. Le courage me manqua il faut bien l'avouer pour m'enfoncer plus avant dans la nuit noire et remontais à peine plus rassuré. Je ne pu refermé l'œil de la nuit inquiet pour nos animaux qui couchaient dans les prés. Je m'étais déjà préparé pendant ces longues heures d'insomnies inquiètes, à annoncer à ma fille le décès de son bouc et de sa chèvre, mais ce fût heureusement en pure perte, ils étaient bien là, le jour levé.  Je conduisis ma fille à son école une fois son petit-déjeuner avalé.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Après une nuit hurlante et agitée, la journée démarrait sous un soleil encourageant. De retour vers Eden, je contemplais les rayons du soleil chasser d'une caresse foudroyante la fine brume de brouillard qui enveloppait les feuillages rougeoyants d'automne.  Je ralentis un peu à l'approche d'un chantier sur le pont qui enjambait la petite rivière d'Eden, mais pas assez à l'évidence selon un ouvrier se tenant à proximité de la route.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Il me dit avec un ton de reproche de la voix:  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Du Kör lite fort (du cheur liteu fout) &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je fixais quelques secondes sa combinaison orange l'air hébété et les yeux ronds, en me répétant mentalement &quot;Du cheur liteu fout&quot; quand soudain une étincelle jaillit. &quot;Tu conduis un peu vite&quot;. Trop heureux d'avoir compris ce qu'il me reprochait, je lui répétais ses propres mots avec un grand sourire &quot;Yaug cheur liteu fout ?&quot; (Jag kör lite fort, je conduis un peu vite ?). Il acquiesça  d'un hochement de tête un peu surpris par ma mine joviale. Je continuais ma route, ne sachant pas très bien si je devais me réjouir ou m'attrister de ce début de journée. Je venais de me faire gentiment engueuler pour la première fois par un suédois, mais dans le même temps j'avais compris une phrase entière sans la faire répéter.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Cette indécision d'humeur me poursuivit toute la journée.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Cela commença par l'ordinateur. Chaque matin après m'être occupé des bêtes, je découvrais rapidement les gros titres de la journée sur le site Internet du journal Libération. Ce matin là malheureusement l'ordinateur ne put établir la connexion. C'est ainsi que je me retrouvais à réparer le câble téléphonique qui courait du bureau à la prise téléphonique de l'entrée en  traversant le salon, étrangement sectionné pendant la nuit. Non moins étrange, les deux chats filèrent aussitôt quand il me virent assis par terre occupé à nouer patiemment les quatre minuscules petits fils du câble. La réparation fonctionna. Ce succès inattendu acquis dans le calme et la bonne humeur me remplit de fierté.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour la deuxième fois de la journée je ne savais pas si cette nouvelle mésaventure en était vraiment une.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Après tout il n'était que dix heures, cela me laissait encore beaucoup de temps pour travailler mon suédois. Ce que je fis deux heures durant en écoutant et rabâchant trois leçons du &quot;suédois sans peine&quot;…. tome 2 de ma méthode bleue.  Je m'octroyai une pause à midi pétante en me réchauffant quelques pâtes, avant d'aller profiter dehors du soleil étincelant. Je fût fort mécontent quand je vis notre nouvelle chèvre &quot;Kajsa&quot; décidément totalement indisciplinée. Elle avait encore une fois fait le mur, ou plutôt fait la clôture.  En cherchant à rattraper la chèvre toujours aussi malodorante, le veau et le bouc se firent eux aussi la belle. Priant pour qu'aucun voisin ne m'aperçoivent, je couru à leur trousse. Je réussis sans trop de mal à récupérer le bouc, mais fût incapable d'approcher à moins de cinq mètres du veau devenu du haut de ses trois mois trop vif pour moi.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Là encore la déception céda la place à l'imagination. Puisque le veau ne semblait pas vouloir quitter un beau carré d'herbe fraîche un peu plus bas près du potager, je décidais de l'encercler. C'est ainsi que je démontais la clôture électrique pour la placer discrètement tout autour de l'animal fait ainsi prisonnier. Après tout il n'avait pas tort ce veau, l'herbe était bien plus fraîche ici. Au final je n'étais pas mécontent de ce nouvel emplacement qui me permettrait d'économiser un peu de foin sur mes précieuses réserves d'hiver.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour la troisième fois de la journée je ne savais pas si cette nouvelle mésaventure en était vraiment une.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Très fatigué par cette pause mouvementée, je regagnais mon bureau pour prolonger mon apprentissage du suédois sans peine. Il était maintenant deux heure de l'après-midi. S'agissait-il des pâtes ou du veau, mais je sentis soudainement une très grosse fatigue monter dans tout le corps. Je tins bon en me passant en boucle les dialogues passionnants de la méthode Assimil du &quot;Suédois ans peine&quot; tome 2. Une heure plus tard, je quittais mon poste pour aller chercher Téa à l'école.  De retour vers Eden, nous croisâmes sur la route la voisine et amie de Téa prénommée Héda par les uns, ou Edvig par les autres. Sans qu'on sache très bien pourquoi. Dans un élan de &quot;je veux jouer les papas gâteaux&quot; je proposai à la petite fille et à Téa de les accompagner dans la forêt avec…le bouc Sacha, et la chèvre Kajsa. Presque tous les soirs nous partions en effet Téa et moi &quot;à l'aventure&quot; dans la forêt, en compagnie de notre troupeau. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nous partîmes tous les cinq sous un soleil toujours généreux. Etait-ce l'odeur effroyable de sa chèvre qui lui tournait la tête ou était-ce un effet de son évasion manquée, le bouc se montra désagréable et bien trop dangereux avec ses cornes qu'il agitait dans tous les sens pour une balade improvisée. Sans était trop, je laissais les deux petites filles un peu déçues, et traînait sur trois cent mètres l'animal qui freinait nerveusement de ses quatre pieds jusqu'à son enclos. Kajsa la chèvre nous suivit sagement pour une fois, précédée par son odeur de fromage rance.  Navré par la prestation désastreuse dans mon rôle de &quot;papa gateau&quot; scène 1  , je me rattrapais dans la scène 2 en préparant un bon dîner pour les deux petites filles.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Elles apprécièrent à l'évidence la préparation de riz en sauce se resservant chacune deux fois, avant d'aller dessiner, puis regarder dans le salon l'émission ludique et éducative de 18 heures, Bolipompa (prononcez Boulipoumpa). Une fois la vaisselle terminée, et la cuisine rangée, je m'assis à la table de la cuisine devant un café et une minuscule cigarette roulée. La première de la journée. La cigarette me tentait un peu, je la regardais comme regarde un fumeur sa première et seule cigarette de la journée, mais décidais de patienter avant de l'allumer. Et il se passa alors un phénomène étrange. Le temps s'immobilisa et moi avec. Du coup il n'y avait plus que deux mains, posées sur table qui sentirent un léger courant d'air frais venant de la fenêtre entrouverte, avec une odeur de feuilles mortes et de terre humide, des yeux qui contemplaient le ciel se coucher dans un feu d'artifice de mauves et de gris, avec Sacha le bouc au loin dans son enclos et on entendait le son ténu de télévision mais aussi une balade égrainée par la radio, avec beaucoup de joie d'être ici, là, tout de suite, dans cette cuisine tout seul, dans un petit village perdu dans la forêt, et beaucoup de tristesse parce qu'on ne peut pas partager tout ça avec ceux qu'on aime. Et puis je vis qu'il était temps de raccompagner Edvig.  J'allumais la cigarette. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Une humeur d'automne remplissait la pièce. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Quand j'arrivais devant l'entrée de la ferme d'Edvig, son papa m'attendait sur le perron d'un air qui en disait long sur ses intentions. Pour la deuxième fois de la journée j'entendis un suédois me faire gentiment la leçon. Le papa trouvait l'heure un peu tardive pour sa fille. Trop rapide le matin j'avais trop tardé le soir. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour la dernière fois de la journée je ne savais pas si cette nouvelle mésaventure en &lt;br/&gt;était vraiment une.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;-	Et les cris alors ! c'était quoi ?&lt;br/&gt;-	Ah oui, les cris, mais c'était le renard bien sur !&lt;br/&gt;</description>
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      <title>l’aprentissage de la démocratie</title>
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      <pubDate>Thu, 30 Sep 2004 10:26:08 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Entr%C3%A9es/2004/9/30_l%E2%80%99aprentissage_de_la_d%C3%A9mocratie_files/classetea.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Media/classetea_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:128px; height:91px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Pendant que j'apprenais à m'exprimer en suédois, à chasser l'élan, ou pêcher le brochet sous la glace, ma fille s'initiait à la démocratie. De retour de sa journée d'école notre fille nous raconta comment elle avait participé pour la première fois à une décision démocratique. Pour la première fois cette année un &quot;grand conseil&quot; se réunissait chaque mois dans les locaux de son école. Créé pour apprendre par la pratique à régler démocratiquement les petites et grandes difficultés qu'on à tous à vivre ensemble. Aucun adulte ne jouait un rôle de premier plan dans ce conseil, constitué de l'ensemble des enfants de 6 à 8 ans. Ainsi, chaque enfant pouvait émettre des idées, ou remonter des problèmes sur lequel il souhaitait voir le conseil statuer. Pour cela il remplissait un petit imprimé, inscrivait son nom et le glissait dans une boîte prévue à cet effet.  Chaque réunion commençait par la désignation d'un président de conseil et d'un secrétaire général. Ces deux responsabilités étaient réservées aux plus grands des enfants, ceux de neuf ans. Le président organisait les débats et le vote, le secrétaire général notait pour rédiger ensuite un compte rendu. Président et secrétaire général s'engageaient à respecter bien entendu la plus stricte confidentialité sur l'identité des enfants à l'origine d'une idée, d'une question, ou d'un problème.   Ainsi, on constata lors du dernier conseil le plus grand désordre dans le rangement des jouets utilisés pendant les récréations ou le temps libre. Situation bien sur intolérable dans ce pays si ordonné. Je me demandais tout de même si un professeur fatigué de ranger les jouets n'avait pas glissé un papier sous une fausse identité. Le conseil fût saisi de cette affaire de la plus haute importance, écouta les idées soumises par ses membres, et vota de façon démocratique sur plusieurs propositions. Il fut ainsi décidé que chaque semaine, deux &quot;grands&quot; veilleraient à ce que le rangement s'effectuasse en bon ordre. &lt;br/&gt;</description>
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      <title>sacha le bouc à une copine</title>
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      <pubDate>Thu, 30 Sep 2004 10:25:03 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Entr%C3%A9es/2004/9/30_sacha_le_bouc_%C3%A0_une_copine_files/sachafaces.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Media/sachafaces_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:128px; height:96px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Par compassion pour son bouc Sacha, Nina trouva injuste de laisser l'animal seul cet hiver à ruminer de mauvaises pensées. Alors elle activa son réseau, passa quelques coups de téléphone, et puis un soir quelqu'un appela. L'homme donna une adresse. Une ferme dans la forêt à cinquante kilomètres environ d'Eden. Au bout d'un chemin à droite après un pont. Surtout ne pas se tromper de ferme, car il y en avait deux, l'une occupée par le frère, l'autre pas la sœur, qui paraît-il étaient en froids et pas seulement en hiver, mais depuis de nombreuses années. La chèvre se trouvait chez le frère.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et c'est ainsi qu'après une heure de route à travers la forêt, sur de petites routes de campagne sinueuses où nous ne croisâmes que deux voitures, nous arrivâmes enfin au lieu dit. Rustique,  la ferme. Très rustique. L'endroit sentait fort. Très fort. Des nuages de moustiques bourdonnaient, attirés par le gigantesque tas de fumier à côté de l'étable.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;On fit le tour du troupeau. Il y avait là des vaches, des chèvres, et même des poules blanches étrangement déplumées. On se dépêcha pour ne pas heurter trop longtemps nos nez délicats. Nina et Téa s'amourachèrent toutes d'eux d'une petite chèvre au pelage marron et blanc et d'une odeur envahissante. Elle s'appelait Kajsa. Le paysan suédois un peu étonné par notre choix, marmonna un prix dérisoire pour la bête, et hissa la chèvre dans notre coffre. On démarra aussitôt la voiture, pressés de quitter l'endroit. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;On traversa à nouveau la forêt d'automne, en compagnie de notre passagère, l'infortunée Téa assise sur la banquette arrière de la voiture ne semblait pas s'émouvoir des odeurs de la petite chèvre, toute occupée à savourer le plaisir d'emporter avec elle ce nouvel animal.  On croisa en chemin, une Volvo grise,   un élan qui traversa la route sans même regarder sur sa droite avant de s'engager, et une poule de Bruyère effrayée par les pétaradements de notre vielle Volvo.</description>
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      <title>la chasse est ouverte</title>
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      <pubDate>Wed, 1 Sep 2004 10:23:59 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Entr%C3%A9es/2004/9/1_la_chasse_est_ouverte_files/chienchasses.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Media/chienchasses_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:128px; height:124px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Après m'avoir enseigné les techniques si particulières de la pêche d'hiver en eaux troubles, Nila, le papa d'Olivia toujours soucieux de me faire aimer sa région, m'attendait au volant de sa Volvo verte, un matin brumeux de septembre à cinq heures trente du matin à l'entrée de notre ferme, pour compléter mon éducation et faire de moi un véritable mâle suédois du nord, un vrai Karl, un chasseur d'Elan. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J'avais accepté la proposition un peu à contre cœur pour tout dire. L'idée de rencontrer pour la première fois ce noble animal agonisant d'une balle dans le cou me déplaisait en effet. En sept mois pas une fois je n'avais eut l'occasion de rencontrer cet animal emblématique des forêts suédoises, animal pacifique, qui se nourrit de jeunes pousses de sapins ou de quelques baies qu'il se dispute aux ours, moins nombreux, mais tout de même bien présents dans la forêt d'ici. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La curiosité et la peur de décevoir la bonne volonté de mon guide l'emporta sur le léger dégoût que j'éprouvais pour ce loisir. Je me raisonnais en me rappelant que pour nombre des habitants de cette région où on compte plus d'élans que d'emplois, la viande goûteuse de l'animal représentait également une économie non négligeable dans leur budget familial. La nécessité m'amènerait peut-être un jour à faire moins de sentiments. La chasse était du reste la grande affaire du nord de la Suède entre les mois de septembre à décembre.  On croisait alors à l'automne dans les rues de Junsele en allant faire ses courses, une multitude d'hommes mal rasés, habillés en treillis, chaussés de lourdes bottes en caoutchouc, dévalisant les rayons de bières et de saucisses à cuire. Il me semblait impensable de ne pas en apprendre un peu plus sur le sujet.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Quelques minutes suffirent à me désorienter totalement dans la forêt, encore sombre à cette heure avancée de la mâtinée. La voiture s'immobilisa après une demi-heure de route à travers la forêt devant une petite cabane en rondins de bois. Je n'étais pas préparé à découvrir un intérieur aussi peu conforme aux règles exigeantes du savoir vivre suédois. Livrés à eux-mêmes depuis plusieurs jours, libérés du regard de leurs femmes, les chasseurs s'étaient visiblement laissés aller. Un vilain désordre régnait dans ce cabanon suédois. Des hommes se tenaient autour d'une grande table, d'autres encore allongés dans les lits superposés alignés sur chacun des côtés.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Mon guide me présenta très rapidement à l'équipe comme un français récemment débarqué, parlant mal le suédois. Je ne pouvais pas le contredire. Les hommes de quarante à quatre vint trois ans, s'interrompirent quelques secondes pour jauger la bête, puis chacun reprit l'activité qui l'occupait. Les uns finissaient leur café, d'autres blaguaient, la plupart restaient silencieux les yeux occupés à fixer le vide autour de la table en désordre ne trouvant rien d'intéressant à exprimer. Quelqu'un m'offrit un café. J'étais heureux d'être moi aussi occupé à quelque chose.   &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;L'état attribuait à chaque chasseur un nombre d'animal dépendant de la surface de forêt en sa possession. Chasser en équipe était pour la plupart des petits propriétaires du nord de la Suède moins un choix qu'une nécessité pour accroître leurs chances de succès. Les treize chasseurs réunis dans ce sombre cabanon couvraient ainsi ensemble plusieurs centaines d'hectares de forêt. Additionnés ils leurs permettaient d'abattre en règle avec l'administration suédoise, dix-huit élans avant la fin du mois de janvier et quelques ours. En moins de deux semaines ils avaient déjà pratiquement atteints leurs quotas. Douze élans mais aussi deux ours, dont la chasse était autorisée depuis peu, étaient tombés sous leurs balles. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A un moment Nila se leva, un paquet de 13 cartes à la mains. Les hommes tirèrent à l'aveugle une carte sur laquelle on avait écrit une lettre qui désignait un poste d'observation précisément identifié sur leur territoire de chasse. Certains semblaient se réjouir de leur emplacement pour la matinée, d'autres moins. Ne sachant quoi penser je ne pensais rien, et suivi docilement mon guide qui était aussi le capitaine de cette équipe à en croire les évènements de la matinée, en voiture, puis à pied dans la forêt jusqu'à une petite tourelle de bois haute d'environ cinq mètres d'où on pouvait surveiller les clairières alentours. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Trois chasseurs n'avaient pas tiré de cartes. Trois propriétaires de chiens de chasse. Une fois lâchés, leurs chiens avaient pour mission de renifler la piste d'un élan. Arrivés à proximité d'un animal leur instinct les poussaient à aboyer. Effrayé, l'élan s'agitait, courrait dans des directions contradictoires à la merci d'un des chasseurs sur sa tourelle alerté par les aboiements. Il ne restait alors à celui-ci qu'à ajuster son tir, viser la tête ou encore mieux le cou pour abattre l'animal effrayé.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;C'est ainsi que je passais une grosse matinée quelques mètres au dessus du  sol sur une robuste tourelle de bois dans la forêt suédoise. Je regardais en silence mon compagnon organiser les mouvements de ses troupes par l'intermédiaire de sa radio et de son téléphone portable. Entre chaque communication il m'expliquait les avancées de la chasse. Un chien trop fatigué fût  remplacé, à plusieurs reprises on entendit dans le lointain des chiens aboyer. Je vis ce jour-là des nuages, d'innombrables oiseaux, quelques moustiques fatigués, mais pas le moindre élan. Et c'était très bien ainsi.</description>
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      <title>la smala débarque</title>
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      <pubDate>Thu, 15 Jul 2004 10:21:04 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Entr%C3%A9es/2004/7/15_la_smala_d%C3%A9barque_files/nbfarwest.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.mac.com/etiennecapelle/lescapelsonensuede/Le_village_dEden/Media/nbfarwest_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:128px; height:85px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Les nuages se regroupèrent, se touchèrent, et se bousculèrent, pour finir en colère. De l’eau tomba, tomba, tomba sur la Suède. Les météorologues mesurèrent, comparèrent, et calculèrent. Pas l’ombre d’une doute. L’été 2004 fut le plus froid et le plus humide depuis soixante-quinze ans. Zut ! &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Cela n'effraya pourtant pas tout le monde. Deux courageuses  parisiennes s'inquiétant peut-être de notre bonne tenue physique et psychologique suivirent notre trace jusqu'ici. Nous avions fait la connaissance d'Ysabel et de son mari Jacques deux mois à peine avant notre départ. Ils habitaient depuis peu trois étages aux dessus de nos têtes, au septième et dernier étage un appartement prolongé d'une terrasse jalousé par tout un quartier. On découvrit que l'amitié n'a pas toujours besoin de l'épreuve des années pour s'affirmer solide et sincère. Ainsi un lien s'établit rapidement entre nos deux couples après seulement quelques dîners. Jacques n'avait pas pu faire le déplacement jusqu'à Eden, occupé loin d'ici dans les montagnes Afghanes.  Graphiste, depuis plusieurs années on le voyait parcourir les pays engagés dans des processus de démocratisation, comme le Timor hier, ou l'Afghanistan aujourd'hui, un crayon à la main, dessinant des croquis pour expliquer à ceux et celles qui ne savaient pas toujours lire ce que signifiait voter. Une fois imprimés ses dessins colorés prenaient le chemin des villages et des villes, placardés sur les murs, où comme support pédagogique pour des réunions d'information. Magali était un peu comme Nina et moi une campagnarde montée à Paris depuis bientôt dix ans, occupée depuis plusieurs années par une thèse d'histoire de l'art. Ysabel ne vinr pas seule, mais suivie de quatre enfants. Elle s'arrêta quelques jours à Stockholm où elle ne vit pas tout de suite ce qu’il y avait de mauvais dans ce temps pluvieux. Un peu d’eau voilà tout. Elle s'installa dans un hôtel, visita la ville qu’on appelait la Venise du Nord, suivi de près par ses petits. Après six jours elle vit enfin la pluie alors fît aussitôt ses bagages et partit le dès le lendemain pour Eden.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Magali toujours à Paris eut vent de ces nouvelles pluvieuses, alors elle hésita, réfléchit, puis laissa l’herbe folle de la campagne d’Eden envahir ses rêves de musées d’art moderne à Stockholm. Elle partit un vendredi en compagnie de son fils Basile, directement pour la campagne sans passer par la case Stockholm. Elle monta dans un avion pour Stockholm. De là, elle sauta dans un bus de nuit qui partait vers le nord.  Elle arriva huit heures plus tard vers les quatre heures du matin dans la petite ville de Junsele. Là, elle s'inquiéta un peu, seule avec son enfant dans la petite ville déserte, avant de voir rassurée s'approcher une vieille Volvo rouge. On rejoignit sans attendre Eden par une petite route déserte dans la forêt. Le soleil de la nuit rougeoyait derrière les grands arbres. A la moitié du mois de juillet tout le monde était réuni pour passer ensemble deux grandes semaines de vacances campagnardes dans le nord de la Suède.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Avouons le, l'arrivée de nos amis m'avait tout de même un peu inquiété. C'était comme si une vilaine petite calculette s’était coincée dans mes pensées. J'avais compté. Trois femmes, quatre enfants, et deux ados à Eden, pendant quinze jours et le même nombre de nuit, avec une salle de bains Liliputienne, à dix kilomètres du premier commerce, et un peu moins de cent kilomètre de la première ville,  avec une vieille Volvo rouge de cinq places. cela faisait beaucoup pour un seule homme. On ne devrait jamais compter. Ni les femmes, ni les enfants, ni les jours, ni les kilomètres, ni les salles de bains car la gaieté et la douceur ne se calculent pas. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les enfants se retrouvèrent comme s'ils s'étaient quittés la veille sans s'apercevoir qu'ils avaient beaucoup grandi depuis six mois.  Sans que rien ne soit vraiment formulé tout se mit en ordre dans les trois petites maisons de bois de la ferme. La plupart trouvèrent un lit dans la maison blanche où nous habitions. Je contingentais tout de même les douches, et m'installais pour toute la durée des vacances au bout de la grande table de la cuisine  bien en face des enfants, avec deux mamans sur ma gauche et une maman sur ma droite. On isola les deux ados pour le temps des vacances dans la maison d'Elias. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Comme le soleil, Ysabel se levait vers les six heures chaque matin, buvait pas moins de cinq tasses de café noir, lisait lentement quelques pages du dernier livre de Kundera intitulé &quot;La lenteur&quot; devant l'une des fenêtres de la cuisine, avant d'accueillir le deuxième levé toujours avec un grand sourire.  Le petit-déjeuner rapidement avalé les enfants s'enfuyaient pour jouer très loin du regard des adultes, certains se baignèrent courageusement dans les eaux fraîches cette année du lac d'Eden, ils montèrent sur le dos de grands chevaux nordiques pendant que les adultes commençaient leurs matinées le dos courbé et les mains terreuses, à ramasser un peu d'herbe folle dans le potager du jardin d'Eden, quand le ciel s'assombrissait, on allumait un grand feu dans la maison de Téa. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J'étais heureux de pouvoir enfin m'exprimer dans ma langue natale après six mois d'ascèse verbale, rire, et plaisanter avec mes amies françaises. Mes rares copains dans le village avaient déjà quelques années derrière eux, et me regardaient du haut de leur âge vénérable moins comme un ami qu'un enfant qui apprend à parler, un enfant qui découvre chaque jour un peu d'une nature qu'ils connaissaient bien. Il y avait bien sur Rolf qui était venu nous chercher à l'aéroport et qui passait souvent à l'improviste boire un café dans la cuisine,