A R E S M A R

Association pour les REcherches

  Sous-MArines en Roussillon

 

COMPTE-RENDU DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 24 DÉCEMBRE 1994

                                                                                                 

L'ARESMAR a tenu son Assemblée Générale annuelle le samedi 24 décembre 1994 à 11 h au Dépôt Départemental des Fouilles, 4 bis rue Marcellin-Albert à Perpignan.

Etaient présents ou avaient donné procuration  53 membres: trois membres d'honneur, MM. Claude BARATE, André BONNEAU et Jean-Jacques VILA, et les  membres suivants:
Jacques AUJAY, Jean-Paul BARUSSEAU,  Maur BIJU-DUVAL, Henri BONHOMME, Marie-Pierre BORIES, Florence BOUAS, Robert BRU, Georges CASTELLVI, Sabine GOT-CASTELLVI, Xavier CLERC, José-Luis CORTES, Patricia CROUZET, Lucienne DEL'FURIA, Christian DELHAY, Cyr  DESCAMPS, Flore DESCAMPS, Pascal DUPOUY, Bernard DURAND, Patrick FAUGEROUX, Hugues et Liliane FAURE, Nathalie GASSIOLLE, Frédéric GHYS, Pierre GIRESSE, G.P.V.A. (F. CLAUSTRE), Frédéric GUIBAL, François GUTIERREZ, Christian HERNANDEZ, Marie-Pierre JEZEGOU, Marie-Thérèse JOSTE, René JOSTE,  Alain LEJEUNE, Fabrice MICHOULLIER, Henri PARISI, Berrnard PAUL, Dominique PINEAU, Benoit POINARD,  François QUIDET, Antoinette QUINTILLA, Simone QUINTILLA, Sylvain RAYMOND, Jean-Charles et Michèle RIBES, Bernard ROUCAUD, Dominique SACCHI, Michel SALVAT, Jean SICRE, Cyril TRICOT, Lydie VALCKE, Maurice VILLEROY, Mireille VILLEROY.

MM. Philippe SENAC, directeur de l'Institut de Recherches Archéologiques de l'Université de Perpignan (IRAP) et Tony LOPEZ, reporter-photographe, ont également assisté à la réunion. Madame Michèle VERT, maire-adjoint du Perthus, invitée, s'est faite excuser.

Cyr DESCAMPS, président de l'ARESMAR, souhaite la bienvenue et se réjouit de la présence effective d'un nombre important de membres (22) malgré la proximité de Noël...
 Il remercie les responsables du Dépôt Départemental qui ont autorisé la tenue de notre A.G. dans leurs locaux - l'Université étant fermée en cette veille de fête - et attire l'attention de ceux qui ne le connaissent pas sur l'important fonds documentaire que constitue la bibliothèque commune Association Archéologique des P.O. - Centre d'Etudes Préhistoriques Catalanes.
Il fait état des procurations reçues  (31), certaines accompagnées de lettres ou de mots d'amitié. Une association où plus des deux-tiers des membres se manifestent à l'occasion de l'A.G.
(74 convocations ont été envoyées)  peut, a-priori, être qualifiée de bien portante...

L'ordre du jour prévoit: rapport moral et rapport financier, renouvellement du Bureau, projets d'activités et questions diverses.

 

Rapport moral

Le président commence son intervention en demandant un moment de recueillement et de prière pour notre ami Paul JOSTE qui nous a quitté le 28 juillet. Il rappelle que Paul, membre fondateur et vice-président de l'ARESMAR, était en quelque sorte l'âme de notre Association. Toujours disponible, toujours attentif aux autres, il réalisait un travail considérable en restant discret et modeste. Pendant la longue absence du président  (de mars à juillet) il a préparé les campagnes de l'été, tant sur le plan administratif que matériel... La présence de Marie-Thérèse et de René fait chaud au coeur et montre que l'équipe continuera à aller de l'avant malgré le coup très dur qui lui a été porté.

 Les  activités de l'année 1994 ont été fortement perturbées par la mort de Paul JOSTE,  qui était responsable hyperbare des opérations en mer ; le Chef du DRASM a suspendu les autorisations  de prospections et sondages.

La seule campagne maintenue a été celle du puits de Bellegarde, dont on trouvera ci-après un rapport préliminaire (texte préparé pour le Bilan scientifique 1994 du Service Régional de l'Archéologie). Cyr DESCAMPS remercie particulièrement Jean-Charles et Paco pour la réalisation d'une infrastructure adaptée à la difficulté de l'opération, et les différentes associations (FFESSM, Salvaguarda, ASPAVAROM) qui ont permis le montage financier de la fouille, dont le bilan s' équilibre, sans prélèvement sur les fonds propres de l'ARESMAR. Le rapport définitif (terminé en janvier) comporte 25 p., dont 4 planches couleur, et ne peut malheureusement être adressé à tous les participants mais ceux-ci pourront, bien sûr, consulter l'exemplaire archivé à l'ARESMAR.

La campagne 1994 à Bellegarde a été marquée par le tournage d'un film de standard professionnel par Cyril TRICOT. Celui-ci intervient pour remercier les participants-acteurs et espère que le film, dont le montage s'achève, aura une diffusion nationale (ce qui serait  l'occasion, pour l'équipe de fouille, de faire la fête !). Le président félicite Cyril, récent lauréat de la Fondation de la Vocation. Et félicite également Jean-Charles RIBES et "Paco" GUTIERREZ dont le film, tourné lors de l'exploration, a été primé au Festival de Cabestany (janvier 1994)

Parmi les différentes activités où à été impliquée l'ARESMAR, on peut noter :

• Les réunions FFESSM (comité Inter-Régional et comité Départemental)

• Les Journées du Patrimoine à Port-Vendres

• La reconnaissance de puits (Mas de la Machine, Fort-Brescou)

• Une conférence à l'association Loisirs et Culture sur les recherches archéologiques au large de la Côte Vermeille.

Les activités menées en collaboration avec le Laboratoire de Sédimentologie et Géochimie Marine ont été poursuivies et se sont concrétisées par une importante intervention, en octobre-novembre,  sur la base de Sète - Marseillan. Auparavant, à l'occasion d'un programme Campus, le savoir-faire de l'ARESMAR avait été mis en pratique sur le littoral du Cameroun...

Le rapport moral est adopté à l'unanimité.

 

Rapport financier

En l'absence du trésorier, Jean-Paul BARUSSEAU, il est présenté par le trésorier-adjoint, Michel SALVAT.

 L'exercice 1993 avait laissé un solde de 47 065,75 F. réparti en deux masses : le compte Géologie (30 710,74 F) et le compte Archéologie (16 355,01 F). La clôture des comptes avant la présente A.G. fait apparaître un solde de 23 872,61 F dont 5 566,89 F. sur le compte Géologie et 18 305,72 F. sur le compte Archéologie.

Le trésorier donne le détail des opérations effectuées sur le compte Archéologie, étant donné que c'est sur cette masse que sont versées les cotisations des membres et les subventions destinées aux opérations de fouilles.

• Le compte Archéologie a été alimenté par les cotisations des membres (3 400 F. pour 33 cotisations rentrées), par la vente de vidéocassettes (1 000 F), par des subventions de la ville de Port-Vendres (4 000 F), de l'Association Salvaguarda  (3 000 F),  de l'ASPAVAROM (2 000 F), de la FFESSM commission nationale et comité inter-régional (6569,26 F)  soit au total 19 969,26 F.  Sont attendus un versement du Conseil Général des P.O. (3 000 F.) et un autre de la FFESSM - comité départemental (1 000 F.).

• Les dépenses sur ce compte Archéologie concernent différents achats de matériels et équipements (5 087,02 F.), de carburant (2 500 F), diverses dépenses de solidarité (3 200 F), les consommations afférentes à la fouille de Bellegarde (6 477,53 F) et des frais de secrétariat (754 F.) soit au total 18 018,55 F.

Le solde, positif, de ces opérations s'établit à 1 950,71 F et s'ajoute au reliquat 1993 du compte (16 355,01 F) pour donner un total de 18 305,72 F.. Il atteindra 5 950,71 F quand les subventions attendues seront créditées, ce qui laissera sur le compte Archéologie un solde total de 22 305,72 F.

Le relevé journalier des différentes opérations effectuées sur les deux comptes (Archéologie et Géologie) est mis à la disposition des membres de l'Association qui donnent, à l'unanimité, quitus au trésorier.

 

Renouvellement du Bureau

Selon l'article 9 des statuts, le Bureau, élu en décembre 1992, est renouvelable. Le secrétaire, Patrick FAUGEROUX, souhaite, après deux mandats, laisser sa place et Jean SICRE se porte candidat à la fonction. Les autres membres du Bureau sont d'accord, faute de candidatures nouvelles, pour exercer un nouveau mandat. Le poste de vice-président de Paul JOSTE ne suscite aucune candidature et l'Assemblée décide de le laisser vacant.

Le Bureau 1994-1996, élu à l'unanimité par les membres présents et représentés est donc le suivant :

M. Cyr DESCAMPS, président,  M. Pierre GIRESSE, vice-président, M. Jean SICRE, secrétaire,   M. Jean-Paul BARUSSEAU, trésorier,  Michel SALVAT, trésorier-adjoint.

 

Prévisions d'activités

L'opération de Bellegarde doit se poursuivre en 1995,  et tout est techniquement prêt pour que le rendement du sondage soit amélioré ; les déblais, qui constituent 90 % du remplissage, doivent être remontés avec les mêmes précautions que les objets. L'entreprise SABATÉ S.A. a manifesté l'intention de soutenir cette recherche, et un dossier va être constitué pour demander, en particulier,  la prise en charge de l'achat d'un treuil.

Il est aussi impératif de reprendre les prospections au large de Port-Vendres, non seulement à cause des forts indices que l'on possède, mais Port-Vendres demeure le centre de gravité de nos activités, et le projet de Musée, auquel Mlle DEL'FURIA prodigue tout son dynamisme, demeure une priorité de la Municipalité.

Les  recherches dans l'étang de Salses - Leucate, envisagées depuis plusieurs années, devraient pouvoir commencer l'été prochain et, là aussi, des indices concordants laissent augurer une campagne fructueuse.

Marie-Pierre JEZEGOU attire l'attention sur une épave existant au large de Marseillan (Hérault) chargée de litharge (produit anti-rouille de type massicot) qui pourrait faire l'objet d'une reconnaissance. Philippe SENAC insiste sur l'intérêt des puits et pense qu'il y a là un "créneau" que l'ARESMAR devrait exploiter. Le recensement et l'expertise des puits  de la région serait un objectif à étudier attentivement.

 

Questions diverses

Philippe SENAC, directeur de l'IRAP, fait un bref compte-rendu des activités de cet Institut, qui a des liens très étroits avec notre Association, tant dans la gestion du matériel de plongée que dans les activités de recherche.

Le président demande que les membres réfléchissent à la définition d'un logo pour le papier à lettres de l'ARESMAR,  des projets ont déjà été établis par J.P. BARUSSEAU et Sabine GOT-CASTELLVI.

Différentes informations sont communiquées ; à Port-Vendres, l'officier de port, Bernard DUCONGÉ, a été affecté à la Martinique, et va être remplacé par M. PREVOST, venant de Guyane. Christian HUÉ a fait part de son désir de ne plus s'occuper du magasin Moana-Plongée où l'ARESMAR se fournit en air comprimé. Il faudrait voir avec lui selon quelles modalités le reliquat d'air, payé forfaitairement par l'Association, pourra être livré.

La journée annuelle du DRASM aura lieu, à Marseille, le samedi 191 mars 1995. Et du 24 au 29 octobre, dans le cadre du Congrès annuel des Sociétés Historiques et Scientifiques, une rencontre sur le thème " Mer L'Homme et la " est organisée à Aix-en-Provence.

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A l'issue de l'Assemblée Générale, dont la séance est levée à 12 h, une série de diapositives concernant la fouille de Bellegarde, réalisées par Cyril TRICOT, Tony LOPEZ et Georges CASTELLVI a été projetée, puis un apéritif amical a été offert aux membres présents et à leurs invités. Et un repas, servi au Club-House de l'USAP-Tennis, a permis à une bonne partie des participants de passer encore un moment ensemble avant de se quitter sur des souhaits de Joyeux Noël.

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Réunion du Bureau

Le Bureau de l'ARESMAR s'est réuni à l'issu de l'Assemblée Générale et a pris les décisions suivantes :

1/ La cotisation pour 1995 reste maintenue à 50 F.

2/ Les membres  dont le retard de payement de cotisations sera égal ou supérieur à deux années ne seront plus destinataires des convocations et comptes-rendus d'activités ; ils pourront à tout moment régulariser leur situation.

3/ Des conseillers,  selon l'art. 9, alinéa 2 des statuts, seront cooptés lors d'une prochaine réunion de Bureau.

4/ Marie-Thérèse JOSTE est nommée membre d'honneur de l'ARESMAR

 

 


Sondage dans le Puits du fort de Bellegarde (commune du Perthus)

 

Le fort de Bellegarde  est le "verrou" de la frontière franco-espagnole en Roussillon depuis le Traité des Pyrénées (1659). Il domine, à 420 m d'altitude, les cols du Perthus et de Panissars. Le bâtiment, tel qu'on le voit de nos jours, date de la fin du XVIIe s.: en 1679, Vauban ordonne d'importants travaux pour faire de Bellegarde une des places les plus imprenables du royaume. Pour mettre la garnison, qui peut dépasser 1500 hommes, à l'abri des problèmes de ravitaillement en eau, il fait entreprendre le creusement d'un puits. Celui-ci est situé à l'intérieur même des constructions, dans la grande salle voûtée du bastion Saint-André. L'eau n'apparaissant pas, le travail est interrompu en 1686 (on ne connaît pas la profondeur atteinte à ce moment) mais il est repris ultérieurement et les archives indiquent qu'avant la fin du siècle, vers 1696-1698, il était terminé et fonctionnel. Ce puits cuvelé, de 65 m de profondeur pour presque 6 m de diamètre, est probablement encore aujourd'hui un des plus profonds d'Europe.

Le fort de Bellegarde a eu, depuis le Grand Siècle, une histoire mouvementée : pris et repris pendant les guerres de la Révolution, il est, au XIXe s., le poste avancé du dispositif de défense dans les Pyrénées-Orientales et une importante garnison l'occupe en permanence. Les choses changeront avec la Première Guerre Mondiale, et le rôle purement militaire du fort va s'estomper, mais il servira, en 1939, de résidence (surveillée) aux réfugiés de la Guerre Civile espagnole et les Allemands y tiendront garnison en 1942-1944. Désaffecté après la Seconde Guerre Mondiale et acquis par la commune du Perthus, il a servi de base de fouilles pour le chantier archéologique de Panissars (trophée de Pompée). Il est aujourd'hui ouvert au public et reçoit un nombre de visiteurs qui augmente chaque année.

Le puits est une des attractions majeures de cette visite. Curieusement, personne n'était jamais allé voir ce qu'il y avait au fond avant 1993. Cette année-là, deux membres de l'ARESMAR (Association pour les Recherches Sous-Marines en Roussillon)  F. Gutierrez et J.-C. Ribes, en ont entrepris l'exploration en scaphandre autonome.  Après une descente de 35 m au bout d'un fil et une plongée de 27 m dans une eau froide (12°C) ils ont aperçu, ce qui était prévisible, de très nombreux objets tombés ou jetés au fil des ans : pierres, bois et ferrailles mais aussi poteries parfois intactes, munitions et autres témoins de l'environnement militaire du lieu.

Au vu de ces premiers indices, un projet de sondage a été élaboré et présenté au Conseil Municipal du Perthus qui l'a accepté. Il s'agit de faire revivre trois siècles d'histoire du fort en recueillant des objets caractéristiques correspondant à chaque période et en les exposant dans une pièce spécialement aménagée. Le projet a reçu le soutien de plusieurs associations (ASPAVAROM -Ass. pour le Patrimoine de la Vallée de la Rome-, Ass. Salvaguarda, Fédération Française d'Etudes et Sports Sous-Marins).

L'opération de sondage a eu lieu en juillet et septembre 1994 et a été réalisée par une dizaine de plongeurs de l'ARESMAR. Elle a nécessité l'installation d'une infrastructure importante : mise en place d'un treuil électrique, fabrication d'une nacelle et d'un radeau, pose de points lumineux dans le puits, équipement "escalade" de celui-ci par mesure de sécurité (pannes de courant). Parmi les contraintes inhérentes à cette recherche, il faut mentionner l'arrêt des plongées par temps orageux (deux câbles de paratonnerre aboutissent dans le puits...). Ajoutons l'impossibilité de mettre en place un système d'eau claire dans ce milieu confiné, et la nécessité de travailler "à l'aveuglette" dès que l'on commence à déplacer des objets.

Le remplissage du fond du puits est constitué pour l'essentiel de pierres de toutes dimensions, d'éléments céramiques (briques, tuiles, poteries), de pièces de bois et de ferrailles diverses. L'intrication de ces éléments grossiers n'a pas permis de mesurer, par enfoncement d'une pique, l'épaisseur du dépôt mais celui-ci est d'au moins 0,50 m, ce qui donne un volume minimal de 15 m3, et peut-être le double ou plus. Il n'y a aucune stratigraphie observable et la datation du mobilier ne peut résulter que de sa typologie. L'échantillonnage recueilli au cours de la campagne 1994 est d'environ 1 m3, soit un poids supérieur à 1 t. Le mobilier en cours de restauration et d'étude est constitué d'une trentaine de poteries (où deux types dominent, le pot cylindrique de 2,5 l, probable ration d'eau potable, et la gargoulette de type calda), de bouteilles en verre, d'outils en fer, d'ossements animaux, de munitions de plusieurs calibres (dont un boulet de 140),  d'objets en bois (pipe, forme de botte, tête d'écouvillon, etc.), de quelques monnaies et boutons... Ont également été remontés un seau de puisage de 100 l, et une nacelle métallique de 40 kg qui devait servir aux inspections dans le puits. Un film vidéo a été tourné en format Béta SP, avec vues aériennes et subaquatiques, lors de la première phase du sondage.

La poursuite de celui-ci est prévue. Elle bénéficiera de l'infrastructure et de l'expérience acquise lors de cette première campagne effectuée dans un environnement inhabituel où les questions de sécurité prédominent. Mais d'ores et déjà on peut considérer que l'exposition permanente sur l'histoire du fort de Bellegarde et la vie quotidienne de ses habitants est en bonne voie de réalisation.

 

                                                 Cyr DESCAMPS

                                                 avec la collaboration de Georges et Sabine CASTELLVI