L’autre secrétariat
L’autre secrétariat
Passons rapidement sur le fait qu’il faut nettoyer fréquemment un lieu public qui voit le passage régulier de cent à cent vingt personnes par semaines: aspirateur, serpillière, désinfectant, dépoussiérant, une fois par jour idéalement, tous les deux jours quelquefois, au grès de la disponibilité de la femme de ménage et des heures d’ouverture du cabinet.
Faire ce travail est a priori incompatible avec l’activité d’un médecin qui use et abuse de son cabinet sur des heures d’utilisation élastique (de huit à vingt et une heure par exemple ).
La ruse du balai consiste à négocier les temps morts ( entre midi et deux ou plutôt entre treize heures et treize heures trente ) pour ne pas faire parfois dans le nocturne, ou le dominical.
L’autre secrétariat, par opposition à celui de l’accueil téléphonique, est celui du rangement du cabinet: rangement du matériel de bureau (papeterie, papiers professionnels), matériel médical, produits pharmaceutiques ou produits d’entretien.
Ce travail est encadré par ce que l’on pourrait appeler un cahier des charges du cabinet, cahier élaboré de manière commune pour satisfaire tous les besoins dans l’utilisation et l’exercice de ce cabinet.
Ce cahier des charges est visible en intégralité ici.
Ce travail est lui aussi difficile à intégrer entre les horaires pas toujours prévisibles d’un médecin qui compte néanmoins en permanence sur le bon respect de ce cahier pour pratiquer.
Ce travail, enfin, consiste, par ingérence professionnelle ( et sous couvert de secret médical ), à classer et intégrer des documents dans les dossiers médicaux: il s’agit de classer les comptes rendus et correspondances de confrères spécialistes, de les numériser, de les intégrer dans le dossier d’un patient puis des les archiver.
Ainsi, consulter et examiner un patient sous-entend:
- qu’au moment de l’accueillir, le cabinet soit propre
- qu’au moment de l’examiner, son dossier médical est actualisé
- qu’il y a assez de drap d’examen pour le lit ou assez de piles pour l’otoscope ou assez de pansements stériles pour faire les soins
- qu’il y a assez de papier pour faire l’ordonnance ou assez de papier cerfa pour le papier de déclaration d’accident de travail ou pour faire le bon de transport et assez de stylo pour écrire ou de cartouches d’encre pour imprimer
- ou, allez tiens!, qu’il y a assez de revue ( en bon état ) dans la salle d’attente pour faire patienter le malade suivant
Et bien, il existe une personne presque parfaite ( on peut toujours faire mieux ! ) pour faire tout cela:
- elle est là quand je n’y suis pas
- elle est parfois là quand vous m’attendez déjà
- elle est toujours là quand on l’appelle ( c’est parfois vous qui le faites ! )
Je ne vous la présente pas, vous l’avez déjà croisé parfois.
Elle a souvent changé de nom: d’abord Mathilde, puis Françoise et maintenant Claire ( à croire que j’use mes employées presqu’aussi vite que mes ordinateurs...! ).