Billets d’humeur
 
 
Les gaffes de Montebourg, la démarche de père « fouettarde » de Ségolène Royal, le patrimoine des candidats, …Ben oui, voilà ce dont les médias nous abreuvent. Pour venir au secours de Montebourg on serait tenté de dire qu’à question  « con », réponse « con ». Mais est-ce  vraiment  ce qui intéresse les citoyens ?
 
Les journalistes se disent souvent navrés d’être « obligés » de traiter de tels sujets. Qui les obligent ? N’ont ils pas d’autres sujets plus passionnants à traiter ? N’ont-ils pas décidé eux de rabaisser la politique au niveau du « pipole », parce que c’est ce qui se vend le mieux.
 
Il est vrai que faire un reportage sur les multiples forums qui se tiennent actuellement en France dans le cadre de la campagne de Ségolène Royal serait sans intérêt. J’accueillais hier à Roye, dans ma commune, l’une de ces réunions où il fut largement débattu des questions essentielles de l’environnement, de l’amenuisement  des énergies fossiles ou du codéveloppement. Le débat était passionnant.
 
C’était intéressant de montrer comment la pratique ultralibérale de la mondialisation aboutissait à substituer aux productions et aux modes de vie des pays sous développés, notre mode de production et de consommation ruinant chez eux toute chance de développement véritable.
C’était intéressant d’entendre que l’usage du PIB (produit intérieur brut) comme moyen de mesurer la richesse et le développement d’un pays était à moyen et long terme catastrophique. Qu’il fallait lui substituer impérativement un moyen de mesurer le développement  en terme d’amélioration des conditions de vie des hommes, de respect de leur  santé, de leur environnement actuel et futur, de coût en ressources essentielles pour la vie que sont l’eau, l’air, le climat…
C’était intéressant de montrer que la course infernale au profit pour le profit – « Après moi le Déluge » était incompatible avec un développement durable pourtant impératif devant la catastrophe qui guette toute l’humanité.
C’était intéressant de montrer que des citoyens et des citoyennes acceptaient d’affronter l’épouvantable tempête qui sévissait ce soir là sur la Somme, illustrant le thème de la réunion,  pour débattre de sujets autres que ceux qui semblent passionner les journalistes.
 
Mais les journalistes ne se sentent pas « obligés » de traiter ces sujets , de rendre  à la politique sa grandeur. De temps en temps, pour se dédouaner, comble de l’hypocrisie, ils organisent comme le faisait hier « France Inter » un débat sur le désamour de la politique !
C’est tellement plus facile !
 
                                    Jacques Fleury
 
 
vendredi 19 janvier 2007
Le désamour de la politique