Etats d’esprit
Etats d’esprit
Rappelons très rapidement les données du problème. Marie, une chercheuse omnisciente, connaît tous les faits physiques ... mais à partir d’un environnement entièrement en noir et blanc. Imaginons qu’elle sorte de cet environnement, et qu’elle voit, pour la première fois, une rose rouge. Supposons aussi qu’elle reconnaisse qu’il s’agit d’une rose, et que c’est bien la couleur rouge et pas une autre qu’elle est en train de voir. Apprend-elle quelque chose de nouveau ? Elle savait bien entendu qu’il y avait des roses, que certaines étaient rouges. Mais, selon la morale de Jackson, elle ignorait dans son environnement en noir et blanc l’effet que cela faisait de voir du rouge. Elle découvre ce que cela fait en ayant l’expérience, et ce qu’elle découvre, c’est une propriété phénoménale de son expérience, une propriété “purement subjective”. Or, si elle découvre quelque chose, c’est que ses connaissances n’étaient pas exhaustives ; comme on a supposé qu’elle connaissait absolument tous les faits physiques, il découle donc qu’au moins un fait, celui qu’elle découvre en sortant de la chambre en noir et blanc, n’est pas physique. Ce qui réfute le physicalisme.
On peut rappeler par un arbre les réponses possibles à cette expérience de pensée :
Marie a Tous prix
09/12/07
Personnellement je préfère la toutes dernière solution mentionnée dans l’arbre : je pense en effet que Marie apprend bien une nouvelle proposition lorsqu’elle sort de la chambre, mais pas un nouveau fait.
Je serai très intéressé par votre propre opinion sur la question !
Quelques références que j’ai oubliées de donner en cours :
There’s something about Mary, recueil d’articles réunis par P. Ludlow, Y. Nagasawa, et D. Stoljar, MIT Press.
A propos de la solution par la connaissance “directe” : “Phenomenal knowledge”, E. Conee, reproduit dans le volume ci-dessus.