Pêcheurs de Fort-Kochi

 

La pêche semble très active a Fort-Kochi, et se pratique soit avec les immenses carrelets à ossature en bois dits “filets chinois”, soit depuis des pirogues à rames: les pêcheurs de Fort-Kochi sont indifférents au prix du gazole. Les carrelets servent surtout à capturer des touristes, appatés par la perspectives de photos, qui pourtant on déjà été faites 10 000 fois. On leur sert une petite histoire de pêches misérables depuis qu’un pétrolier échoué à la suite du tsunami a pollué irrémédiablement les eaux, et on obtient quelques centaines de roupies. Ledit touriste découvrira un peu plus tard à l’heure de la criée que la pollution n’empêche pas de belles captures, qu’il peut acheter sur place et faire préparer dans les gargotes avoisinantes. Il dégustera poissons et gambas géantes arrosées d’une bière bien fraîche, servie dans une théière, ce qui dispense officieusement le restaurateur d’avoir la  licence ad hoc. Le système de contrepoids des carrelets est astucieux: des pierres sont suspendues à des cordes de différentes longueurs, et se posent successivement sur le sol, corrigeant ainsi les variations de bras de levier. Le Kerala étant un état communiste, la faucille et le marteau qui ornent certaines pirogues ne sont pas un signe de contestation, mais bien d’adhésion à un système qui en l’occurence s’est avéré plutôt efficace.

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