Ç@ Bouge ! - As-tu eu un « choc marionnette » ?
Grégoire Callies - C’est le Figuren Theater Triangel (compagnie hollan-daise internationalement connue dans les années 70-80) à Avignon. J’étais rentré dans une salle sans savoir vraiment ce que j’allais voir. À l’époque je travaillais comme comédien au Théâtre du Chêne Noir. Je n’ai pas vu de marionnettes quand j’étais enfant. Je n’en ai donc pas de souvenir particulier. Et j’ai vu la première partie du spectacle du Triangle. C’était un spectacle en deux parties. Mon premier souvenir, c’est moi, assis sur le trottoir, les pieds dans le caniveau devant la salle de spectacle, à l’entracte, me disant : « çà existe donc ça ? » Je pense finalement qu’est partie de là l’envie de regarder, de m’approcher des émotions qui s’étaient révélées à ce moment là. C’est mon premier souvenir « marionnette ».
À ce moment-là, tu étais déjà comédien ?
Çà devait être vers 1980. J’étais comédien depuis quatre ans.
En formation ?
Non. En fait, j’ai abordé le théâtre juste après mon bac. J’avais devancé l’appel (service militaire). J’ai été réformé. J’ai donc été débarrassé de cette histoire-là. J’ai commencé à travailler tout de suite, puis je suis rentré à l’École Charles Dullin. Quand je dis « travailler », c’était du gardiennage de nuit ! Il fallait payer un loyer, se nourrir. J’ai fait deux ans à Dullin. Après, j’ai fait Étienne Ducroux, du mime. Ensuite j’ai travaillé avec Carlo Boso, la Commedia del Arte, le masque. J’ai toujours tourné « autour ». À Dullin déjà, la formation tournait autour du masque neutre, du travail corporel, physique. J’ai abordé la marionnette en tant que metteur en scène puis ensuite presque par accident en tant que comédien. Entant que marionnettiste, je sais que tout le travail physique, la maîtrise du corps comme moyen de faire du théâtre, est un apport incroyable pour la marionnette. C’est comme si on avait soi-même « physiquement » à démontrer des choses, afin de les démontrer de la même façon avec une poupée et retrouver comment elle fonctionne.