Christine Charrier , aide soignante 55 ans la Gaubretière Vendée et Marcel Hérault,enseignant dans
le primaire 53 ans , parents de 3 enfants (24, 22 et18 ans )
Christine: depuis longtemps je milite dans diverses associations (JOCF, non violence, parents
d'élèves, environnement, ..) permettant aux gens de d'être ou devenir responsable de leur vie, de
pouvoir choisir, d'être critique, solidaire, c'est pourquoi je n'ai pu rester indifférente face à l'action
des faucheurs. Nous allions être empoisonnés sans réagir, laisser cet héritage aux jeunes
générations. Mes parents étaient agriculteurs et 3 membres de ma famille proche sont décédés de
cancer, sans parler des nombreux cas dans la famille plus élargie(oncles, tantes, cousines,...). Et
maintenant, en plus des pesticides, les OGM à pesticides, cela veut dire plus de liberté de choisir,
les agriculteurs bio menacés, les apiculteurs menacés, plus de place pour la biodiversité..... Il n'y a
pas que le profit et l'individualisme qui comptent, que les firmes soient à la fois juge et parti moi
qui suis née dans une grande famille où j'ai appris le partage et la solidarité ça me fait mal. Je
n'accepte pas qu'on décide à notre place, qu'on nous impose des OGM sans aucun débat sérieux
pour le profit d'une minorité.
Marcel: J'ai exercé différentes métiers: maçon, éducateur, ouvrier maraîcher, chauffeur de car, et
enseignant depuis 15 ans.
Objecteur de conscience à 19 ans j'étais en total désaccord avec Michel Debré 1er ministre du
Général de Gaulle qui déclarait : "Le simple citoyen qui est un vrai démocrate se fait en silence un
jugement sur le gouvernement de son pays et lorsqu'il est consulté à des dates régulières exprime
son accord ou son désaccord. Après quoi, comme il est normal et sain, il retourne à ses
préoccupations personnelles." Par la suite je me suis impliqué à travers de multiples groupes ou
associations locales dans beaucoup de débats qui concerne le "simple citoyen" : les ventes d'armes,
le nucléaire civil et militaire, le racisme, le traitement des déchets, la répartition des richesses
nationales et mondiales, le maintien de la biodiversité.
Je suis en plein accord avec Pierre Radanne qui déclarait lors d'une conférence sur le
développement durable devant 600 enseignants vendéens : "il faut répondre au changement
climatique par une innovation démocratique, .... l’avenir exige la participation de tous, ......
nos enfants vont devoir affronter un grand défi démocratique pour que l’humanité vive en
harmonie avec sa planète ». La question de l’agriculture durable est un de ces sujets où un vrai
débat démocratique est vraiment indispensable et ce à l’échelle de la planète, il ne suffira pas de
faire de l’Europe un sanctuaire sans OGM. Je pense que les faucheurs ont permis de lancer ce débat
mais il reste encore beaucoup à faire pour l’avenir en Europe et ailleurs.