Le  Patrimoine  MARITIME 
qu’  es  aco ?..              CARÈNES     Association
 





A la mer comme ailleurs, le patrimoine est à la fois matériel (bateaux, aménagements littoraux, outillages et équipements, documents…) et immatériel (savoirs et savoirs faire).
Un seul et unique mot cependant recouvre tous ces aspects : technologie.
En effet, depuis la fabrication du clou qui va solidariser deux pièces jusqu’à la mise au rebut d’un bateau, toute sa vie n’est qu’un enchaînement de pensées et de gestes techniques.
Cela est vrai pour tous les bateaux, et pour tous les hommes ou femmes qui vouent tout ou partie de leurs existences à une activité navale, nautique, maritime, littorale…

Depuis les temps archéologiques on a construit des bateaux dans tous les lieux où le besoin s’en faisait sentir (mers, lacs, cours d'eau) et des équipements pour les construire et les relier au terroir (cales, halage, estacades, treuils, etc…) ou faciliter leur déplacement.
A chaque nouvelle construction, il y eut une recherche « d’amélioration du produit »; une réflexion technologique orientée vers un objectif précisément défini par l’utilisateur en tant que besoin. La satisfaction de ce besoin apporta chaque fois une innovation technique dont l’exploitation exigeait une adaptation technique de l’usager…
Les objectifs ont été aussi divers que la capacité à l’accostage ou au halage à terre, au port de charges particulières (volume, poids, forme, troupes), au louvoyage, à passer dans la mer formée, à nécessiter peu d’équipage, et, depuis l’avènement de la plaisance, à aller toujours plus vite….

Ainsi, après des siècles de lente évolution des bateaux de travail, depuis un siècle et demi la plaisance, avec des objectifs toujours plus extrêmes, génère une progression hallucinante de tout ce qui conçoit, construit et conduit un bateau.

Quels témoignages restent-ils de ces étapes ?
Que fait-on pour leur préservation ?
Que fait-on pour leur mise en valeur ?

Les témoignages :

Comme le verre, à moitié plein pour l'optimiste et à moitié vide pour le pessimiste, les témoignages sont encore en nombre conséquent mais la tendance est à la raréfaction accélérée.
Les témoignages existants font souvent tellement partie du paysage qu'ils en sont d'une banalité totale, inapte à faire prendre conscience de l'intérêt d'une conservation. Il faut donc que des missionnaires prêchent pour provoquer la prise de conscience. 
C'est la tâche que ce sont assignées les associations membres de la Fédération Patrimoine Maritime Méditerranéen. 
http://perso.orange.fr/partegue/federation.html

La préservation:

Quiconque hérite d’un patrimoine l’entretien, non seulement par respect pour ses prédécesseurs mais parce qu’il peut ensuite en tirer meilleur profit.
S’agissant d’un patrimoine collectif, c’est à la collectivité d’agir.
La collectivité se répartit en deux groupes : les électeurs et les élus.
Les premiers choisissent les seconds pour engager et conduire les actions d’intérêt commun.
Les élus perdent souvent de vue ce contrat.
Les électeurs se regroupent parfois en associations pour aider les seconds à honorer le contrat.
L’action patrimoniale s’inscrit dans le développement durable plus que dans l’événementiel. Ce sont le moyen et long terme qui comptent.
Or, le rythme des scrutins destinés à assurer la démocratie, donne une prédominance au court terme pour l’action politique des élus.
Ce hiatus temporel complique énormément la problématique de la préservation.
Outre les inévitables alternances politiques et leurs cortèges de remaniements de tous ordres, le besoin de visibilité fait privilégier les actions à grand spectacle au travail de fond.
Les bateaux n'ont pas vocation à servir de jardinières !
Ils méritent un conservatoire, lieu de conservation et de transmission des savoirs et savoir-faire.


La mise en valeur:

Alléluia ! De plus en plus d'élus portent intérêt au patrimoine maritime.
Les Fêtes de la Mer se multiplient: nationale en Mai, régionale en Juin, marseillaise en Septembre,  ont jailli sur le calendrier sans aucune considération pour les manifestations préexistantes portées par les acteurs permanents du patrimoine maritime.
Elles engloutissent des budgets très considérables pour des résultats non quantifiables.
Elles surchargent de travail les acteurs bénévoles permanents du Patrimoine Maritime, les détournant de l'action de fond.
Or, mettre en valeur le patrimoine maritime c'est mettre en valeur le lieu, le territoire, la région. 
Cela est productif économiquement par l'attrait touristique et le travail nécessaire à la conservation. 
Cela est productif pour le bien être de la population permanente en terme d'amélioration du cadre de vie. 
Cela est productif en terme de base de données d'une culture maritime collective favorisant la cohésion sociale. 

Jean-Louis CONIL


http://perso.orange.fr/partegue/federation.htmlshapeimage_4_link_0