Quel soulagement de quitter enfin le "Club Nautico" de Cartagène le 21 oc
tobre 2008. Nous avions choisi (enfin choisi est un grand mot car il y a 2 marinas à Cartagène et le "Club Nautico" coûte la moitié du prix du "Club de Pesca" qui est de surcroît devenu très snob) de nous y arrêter pour travailler sur GéoEdu, l'Atlas et le jeu éducatif sur la géographie mondiale que Benoit devait finir de programmer. J'allais m'occuper de chercher les moyens de le promouvoir avec en autre, le développement d'une base de données de journalistes des médias "papier" et internet.
En tout 4 mois passés à Cartagène dont 3 au "Club Nautico" pour pouvoir travailler sur les 2 Macs en utilisant le 110V du quai, le Wifi du club, avoir accès à l'eau et à un petit supermarché à 5' à pied, tout ce qu'il fallait pour travailler 10-12 heures par jour pour lancer GéoEdu pour Mac le 1er octobre 2008.
Nous avons détesté le "Club Nautico" qui n'est ni "Club", ni nautique. La propriétaire colombienne y met une ambiance exécrable. Jamais un bonjour, jamais une parole et qu'on ne vienne pas nous dire que c'est l'obstacle de la langue puisque plus de 50% des navigateurs qui y passent connaissent l'espagnol. Bref, on ne s'y sent les bienvenus que lorsque nous passons au bureau pour payer une somme folle d'ailleurs pour un bout de ponton, enfin si nous pouvons appeler ça des pontons!
Le ponton principal est "parsemé" ça et là de mini-pontons en épis… à se demander si l'architecte de cette monstruosité avait jamais vu un voilier avant de concevoir cette horreur qui se révèle dangereuse puisque ces épis peuvent facilement abîmer les coques étant placés à 60° du ponton. Sans compter que cet architecte fou à prévu quelques dalles de carrelage qui se transforment en patinoire dès les premières gouttes de pluie. Bref, nous y étions piégés faute de choix.
De plus, nous avions besoin d'internet en permanence pour nos recherches. Et là, les frustrations se sont accumulées car le réseau était non seulement lent mais instable nous laissant régulièrement sans connexion en plein travail parfois pendant des heures. John, l'Anglais qui sert de "facilitateur" comme il se présente lui-même dans ce fameux "Club Nautico", s'occupe de ce réseau mais malgré sa gentillesse, nous avons pesté pendant 4 mois!
Le 1er octobre, nous avons lancé GéoEdu pour Mac sur
www.geoedu.info. Le communiqué de presse a été repris par l'entièreté de la presse spécialisée Mac sur internet. Les retours sont bons, les commentaires laissé par les premiers acheteurs sur Kagi sont très positifs et le 17 octobre nous recevons notre première commande "enseignement" un domaine de prédilection où GéoEdu peut être un précieux "outil" pour enseigner la géographie. D'ailleurs cette association d'établissements scolaires suisses a prévu d'en équiper 1.100 Macs, vous vous rendez compte 1.100 ordinateurs Apple équipés de GéoEdu, une sacrée carte de visite pour pouvoir en continuer la promotion auprès des enseignants et aussi des familles.
Reste à programmer GéoEdu pour
Windows car la "conversion" pure et simple de GéoEdu pour Mac en GéoEdu pour PC n'est pas une mince affaire. Mais, nous devons bien l'avouer Cartagène est une ville superbe et très "safe", les supermarchés sont pratiques mais bon, nous en avons assez du "Club Nautico", l'ambiance a fini par nous rendre de mauvaise humeur et nous décidons de quitter Cartagène le 23 octobre après être enfin sorti de cette marina d'enfer où nous avons du laisser nos amarres (et oui, c'est sans doute la seule marina au monde où c'est le navigateur qui fournit ses propres amarres pour qu'elles soient attachées sous l'eau à des pieux dont la solidité laisse, elle aussi, à désirer) dans un état épouvantable, couvertes de coquillages, d'algues et noires de résidus pétrochimiques de l'usine de la baie pour qu'elles soient nettoyées à nos frais bien sûr! Bref, Courage, fuyons!
Cap sur l'archipel des San Blas aussi connu sous le nom de l'Archipel de Las Mulatas qui appartient à Panama mais ce sont les indiens Kuna qui le gouverne en parfaite autonomie.
Dès la sortie de la baie de Cartagène, l'eau redevient claire, quel bonheur! Nous passons une première nuit dans la baie de l'Isla Baru de l'archipel des Rosario (toujours en Colombie) puis une petite nuit de navigation et nous arrivons près de notre première île du royaume des Kuna, le Kuna Yala, c'est l'Isla Pinos. Quel béatitude, ici pas un bruit, juste le chant des oiseaux au réveil. Malheureusement le village ne nous plaît pas, le chef (le Sahila) est un vrai dictateur.
Il interdit aux habitants de venir près des bateaux, aux femmes de venir nous vendre leurs molas, ces jolis tissus brodés de toutes les couleurs et s'occupe lui même de prélever le droit d'ancrer (un droit pour ancrer, une première!) de $ 8 + les $ 2 pour le guide qui nous accompagnera pour une petite balade au sommet de la colline.
Après l'Ile Pinos, place aux récifs en pleine mer, les Cayos Ratones. C'est superbe mais la météo nous en chassera dès le lendemain, la houle est forte et la brise ne se calmera pas avant quelques jours, nous partons ainsi pour deux îles reliées par un petit pont, Nargana et Corazon de Jesus. Ici, les Kunas ont opté pour l'accès à la modernité. Seules les femmes venant d'autres îles portent le costume traditionnel surtout pour vendre leurs molas.
Nous arrivons juste avant une série de fêtes: l'indépendance de Panama (séparation de la Colombie), la fête patriotique et du drapeau et la fête de la province de Colon, bref, les drapeaux flottent partout, la musique des tambours résonnent dès 4h du matin mais les indiens Kuna sont tellement souriants, accueillants et sympathiques que nous y passerons en fait une semaine avec, cerise sur le gâteau, accès à internet à l'école du village.
Ensuite les îles paradisiaques des San Blas se succèdent et nous sommes émerveillés. Elles sont belles ces îles et les récifs nous protègent de la houle! Nous nous régalons. Place à la baignade, au PMT (palme, masque, tuba), aux courtes balades sur ces petites îles au sable tout blanc. Il reste aussi les mises à jour de GéoEdu, l'écriture des articles pour le site et le journal @minuit.net et puis, surtout les retrouvailles avec des navigateurs comme Nicole et John de "Taraïpo" rencontrés aux Maldives en 2006 et la rencontre de nouveaux navigateurs. Bref, nous ne sommes pas prêts d'oublier ces îles extraordinaires si peu connues du monde et c'est tant mieux!
Alors nous vous disons "Nuedi" en kuna, ce qui veut dire à la fois Bonjour et Merci, un mot qui symbolise bien la gentillesse de ces indiens Kuna, petits, trapus et toujours souriants!